1. Etudes de santé à l'étranger : pour quoi faire ?

Etudes de santé à l'étranger : pour quoi faire ?

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Est-ce risqué d’aller en médecine sans bac S ? En quoi consiste le concours de PAES ? En cas d’échec, quelles possibilités ? En choisissant pharmacie, sage-femme ou odontologie, quels sont les débouchés ? Pour quelque 40 questions posées par des jeunes et leurs parents sur les salons de l’Etudiant, l’auteure de "Réussir ses études santé" (éditions l’Etudiant) apporte ses réponses expertes. Extraits.

Que vous décidiez de partir en stage ou en programme d’échanges pendant votre cursus universitaire, il est important que vous cerniez quels sont vos objectifs prioritaires. Pour certains l’apprentissage d’une langue est la motivation première, pour d’autres la découverte d’un pays et de sa culture est primordial. Pour les étudiants en santé, un 1ème critère de choix repose sur la découverte du système de santé du pays d’accueil.

Découvrir une langue

"Je voulais partir en Angleterre mais je savais qu’il y avait énormément de demandes. J’ai donc mis en premier choix l’Espagne… Le premier mois a été difficile parce que je ne savais pas parler un mot d’espagnol à part hola qué tal !", se souvient Margaux. Le choix de la jeune fille s’est pourtant révélé judicieux, car pour partir en Angleterre la concurrence est rude et malheureusement les capacités d’échanges ne sont pas extensibles. Les universités françaises ont dû trouver des solutions de rechange. "Pendant un temps, les pays nordiques, où l’enseignement est aussi dispensé en anglais, étaient une option très appréciée des Français", explique Catherine Dupouy.

Malheureusement cela n’a pas duré. "Aujourd’hui ils privilégient les échanges d’étudiants des pays membres de l’AELE (Association européenne de libre-échange), qui regroupe quelques pays nordiques. Les échanges Erasmus fonctionnant sur la réciprocité entre étudiants, nous sommes limités pour envoyer nos étudiants là-bas", regrette Catherine Dupouy. D’autres pays en Europe centrale et orientale donnent également leurs cours en anglais. La Hongrie, la République tchèque et la Pologne n’ont pas hésité à accueillir les étudiants français. "Ils reviennent toujours enchantés. Ils sont très heureux de découvrir ces cultures. Nous avons tellement de demandes que nous devons faire une sélection."

Découvrir une culture

Clément a préféré tenter sa chance à Berlin en DCEM2 pour 1 an. Bien que son niveau d’allemand ne soit pas très bon, il ne s’est pas découragé. "C’était ma seconde langue au lycée. C’était plus un handicap qu’autre chose. Mais Berlin correspondait à mon environnement : une très bonne scène musicale électro, une ville cosmopolite où il se passe plein de choses sur tous les plans artistiques", commente le jeune homme. Pour se remettre à niveau, Clément est arrivé sur place 1 mois et demi avant le début des cours. "Quand la rentrée a eu lieu, je connaissais déjà la ville et j’avais fait beaucoup de rencontres. J’avais des points de repère pour les questions pratiques et administratives et je commençais à être à l’aise avec la langue."

Pourtant, quand on lui demande comment se sont passés ses premiers cours, il lance : "Je ne comprenais rien. Je souriais. J’étais le “gentil” garçon de la classe. En fin de journée, j’étais épuisé parce que j’avais fait dans la journée un effort de concentration permanent, que ce soit en cours, pour avoir une simple conversation avec des amis ou pour regarder la télé. Il m’a fallu une grande motivation. Tous les jours j’apprenais des dizaines de mots nouveaux. Heureusement les Allemands adorent les Français ; mon accent et mes fautes les faisaient rire. J’ai eu beaucoup de chance parce que mes colocataires étaient de jeunes Allemands très patients. Il m’a quand même fallu 3 mois pour être à l’aise dans les conversations et pour bien comprendre les cours, et 6 pour parler couramment."

Un séjour Erasmus dure au minimum 1 trimestre. Sa durée moyenne est de 6 mois et la durée maximale atteint 10 mois. Il est recommandé de privilégier les séjours d’au moins 6 mois pour profiter pleinement du pays d’accueil et pour bien en ressentir les bénéfices sur la pratique de la langue étrangère. En santé, les étudiants français possèdent un atout que Clément a découvert au cours de son séjour : ils peuvent s’appuyer sur le latin, proche du français, car en médecine beaucoup de termes utilisés viennent encore de cette langue. "J’avais la démarche inverse des étudiants allemands : je connaissais les noms intuitivement alors qu’eux devaient prendre des cours de latin pour comprendre l’étymologie de certains mots."

Comparer les systèmes de soins

Étudier et vivre à l’étranger permet de constater les différences entre les pays et de juger des avantages et des inconvénients de chaque système de santé. "La France est beaucoup plus réglementée au niveau de la délivrance des médicaments, de leur conditionnement… Les étudiants français sont choqués de voir que, dans certains pays, du paracétamol peut être vendu par boîtes de 100 comprimés dans des stations-service. Les étudiants étrangers qui viennent chez nous sont, eux, impressionnés dans le bon sens : la Carte vitale, la mutuelle complémentaire… Ils nous trouvent très sérieux", constate Kevin. Il n’est d’ailleurs pas rare qu’en fonction des pays d’accueil les étudiants français se rendent compte de la qualité des mesures d’hygiène et de sécurité imposées en France.

De son côté, Clément, en stage à l’hôpital de la Charité, à Berlin, n’a pas pu se rendre compte des différences de soins qui pouvaient exister entre les 2 pays : "Je suis resté 3 semaines en psychiatrie. C’était très bien mais un peu difficile. Communiquer en allemand avec des malades en psychiatrie, ce n’était pas évident. Pourtant j’ai fait un énorme bond en avant en termes de compréhension."
Côté enseignement, son analyse est plus précise : "En Allemagne, il est beaucoup plus facile de parler avec ses professeurs. Ils sont plus accessibles qu’en France. Ils ont des liens plus fraternels avec leurs étudiants, auxquels ils laissent plus de liberté. Parfois peut-être même un peu trop… Quand on ne comprend pas un point, ils adaptent toujours le cours au niveau du plus faible. En France, la tendance est de lire le polycopié avant le cours et après on raisonne avec le prof sur les cas cliniques."

Consolider son projet professionnel

L’Amérique latine, les États-Unis, l’Asie… Les étudiants n’hésitent plus à changer de continent ! Le choix de la destination ne doit jamais être fait au hasard. Surtout dans les professions médicales. Certains étudiants préféreront partir dans des pays en développement comme le Bénin, le Sénégal, Madagascar, le Cambodge ou le Vietnam. "La démarche de ces étudiants n’est pas la même que ceux qui partent aux États-Unis, où les structures qui les accueillent sont aux mêmes normes qu’en France.

Ici ils veulent vraiment faire du soin, mettre la main à la pâte avec les moyens du bord. Ce n’est pas du tout la même approche", explique Catherine Dupouy. L’envie de dépaysement est essentielle et des pays comme ceux d’Amérique latine sont de plus en plus sollicités. Autre culture, autres mœurs, autre médecine… La Chine a depuis quelque temps du succès auprès des étudiants en santé. Tous les ingrédients sont réunis pour séduire les aspirants médecins et pharmaciens : des hôpitaux équipés avec des appareils dernier cri et recourant à la médecine traditionnelle avec l’utilisation des plantes et de l’acupuncture.

Réussir ses études de santéPOUR ALLER PLUS LOIN
À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Réussir ses études de santé", par Ludivine Coste.

Sommaire du dossier
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