1. Santé : l’université privée Fernando-Pessoa vaut-elle le coût ?
Enquête

Santé : l’université privée Fernando-Pessoa vaut-elle le coût ?

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Au programme pour les 60 élèves inscrits en kinésithérapie au CLESI : neuf mois de stages au Portugal, répartis sur trois ans. // © Phovoir
Au programme pour les 60 élèves inscrits en kinésithérapie au CLESI : neuf mois de stages au Portugal, répartis sur trois ans. // © Phovoir

Pris dans une bataille juridique avec l’État, le CLESI (Centre libre d’enseignement supérieur international), rattaché à l’université privée portugaise Fernando-Pessoa, repousse pour la deuxième fois la date de son ouverture à Béziers. La formation, relativement chère, est-elle un bon ou un mauvais plan B pour les étudiants qui visent dentaire ou kiné ?

Assouvir sa vocation, cela n'a pas de prix. Enfin, si, un peu. Le 14 octobre 2013, le CLESI (Centre libre d'enseignement supérieur international) – le nouveau nom du Centre universitaire Fernando-Pessoa France – doit officiellement ouvrir les portes de son antenne à Béziers (34), un an après celle de Toulon (83). À son bord : 60 élèves en dentaire (pour 800 dossiers reçus, soit 7,5 %) et 60 élèves en kinésithérapie (pour 400 dossiers reçus, soit 15 %).


Beaucoup de jeunes de prépa kiné ou de PAES (première année des études de santé) qui n'ont pas réussi à passer le cap des concours français, malgré parfois d'excellentes notes, s'offrent ainsi une seconde chance dans cet établissement privé. Coût de l'opération : 19.000 € pour les deux premières années passées en France et de 7.000 à 7.500 € par an pour les trois années suivantes passées au Portugal (hors logement, nourriture, transports, etc.), le pays qui délivre le diplôme... s'il y a suffisamment de places. D'où des critiques "d'achat de diplôme" et de "rupture de l'égalité des chances".

Deux fois moins d'heures de cours

À l'origine, l'antenne de Béziers devait ouvrir le 16 septembre 2013. Mais le bras de fer entre l'État et le CLESI – le centre est notamment accusé de "pratiques commerciales trompeuses et tromperie" – a d'abord obligé ce dernier à repousser sa rentrée officielle d'une semaine, puis d'un mois. De quoi s'interroger sur la qualité des études.

La formation proposée, non habilitée par l'État français, est-elle comparable à celle dispensée dans les établissements de l'Hexagone ? En termes de matières enseignées, oui : les maquettes sont très semblables. Mais question volume horaire global des enseignements, le compte n'est pas bon. Selon Bruno Ravaz, le président du CLESI, le centre va dispenser 500 heures de cours par an aux étudiants pendant leurs deux années passées à Béziers. En PAES, le nombre d'heures est équivalent. Mais ensuite les UFR (unités de formation et de recherche) d'odontologie et les IFMK (instituts de formation en masso-kinésithérapie) en proposent au moins le double ou quasi dans les textes.

La question des stages

Gauthier Dot, le président de l'UNECD (Union nationale des étudiants en chirurgie dentaire) soulève surtout les problèmes de l'identité des enseignants, dont on ne connaît pas le profil, et "du lieu et de la réalité des stages cliniques, essentiels dans les formations en santé".

De son côté, Bruno Ravaz assure que les étudiants kiné du CLESI auront neuf mois de stages répartis sur trois ans (il faut compter 1.470 heures en France, soit environ 10,5 mois sur trois ans). Ceux-ci se dérouleront au Portugal. En dentaire, la maquette de l'établissement n'indique rien à ce sujet. "Un hôpital-école de 200 lits a été ouvert à Porto, permettant aux étudiants de se former à la clinique", assure le président. Une pratique déjà vue en France dans les écoles d'ostéopathie.

Enfin, reste le problème du doctorat en médecine dentaire qui serait "en cours d'habilitation" selon le site Internet de l'école. En attendant, le CLESI prévoit l'ouverture d'une formation psychologie/criminologie fin octobre 2013 sur son antenne de Toulon et d'une formation architecture, en septembre 2014, à Béziers.

L'université Montpellier 3 va-t-elle fermer son antenne de Béziers ?

Fermera ou fermera pas ? Le 18 septembre 2013, la présidente de l'université Montpellier 3, en déficit, envisageait la possible fermeture de son antenne à Béziers à la rentrée 2014. Une annonce qui a fait trembler ses 700 étudiants... Depuis Geneviève Fioraso, la ministre de l'Enseignement supérieur, a indiqué qu'elle ne voyait "aucune raison" à cette fermeture. De son côté, Bruno Ravaz, le président du CLESI, a déclaré qu'il "regrettait cette annonce". "On aimerait que Béziers reste une ville universitaire et on avait imaginé des synergies, notamment avec le département de psychologie. Cela nous dessert plus que cela nous sert. Nous sommes pour la cohabitation", soutient-il.

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