"Ségur de la santé" : les étudiants en médecine demandent à être intégrés aux concertations

Par Mersiha Nezic, publié le 20 May 2020
4 min

À quelques jours du "Ségur de la santé", qui aura lieu le lundi 25 mai, l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) a adressé une lettre ouverte au ministre de la Santé, Olivier Véran. Elle demande à être intégrée aux concertations et appelle à la revalorisation de la rémunération des étudiants hospitaliers, à hauteur de 390 € mensuel minimum.

À quelques jours du "Ségur de la santé", l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF), demande à être intégrée aux concertations programmées à partir du 25 mai prochain. Ce rendez-vous dont l'objectif est de bâtir le système de santé de demain, était une promesse du président de la République, Emmanuel Macron. Il démarrera par une grande réunion multilatérale des partenaires sociaux au ministère de la Santé, rue de Ségur à Paris.

Intégrer aux discussions ceux qui font vivre le système de santé

"Afin de dessiner le paysage de la santé de demain, les attentes des futurs médecins doivent impérativement être écoutées", écrit l’organisation étudiante dans une lettre ouverte adressée le mercredi 20 mai au ministre de la Santé. "On a plein de projets pour la refondation du système de santé, que ce soit à l'hôpital ou dans les territoires. Il faut intégrer à ces discussions ceux qui vont le faire vivre demain", explique Sébastien Villard, vice-président chargé des études médicales à l'ANEMF.

Les étudiants en Santé ont attentivement suivi Olivier Véran déclarer ce mercredi à la suite du Conseil des ministres que "le temps du renouveau est venu". Il a promis des mesures d'"ampleur" dans le cadre du Ségur de la santé et "une hausse des salaires à l'hôpital et en Ehpad". Le ministre n'a pas précisé toutefois si l'augmentation annoncée concerne également les étudiants, une mesure très attendue par ces derniers.

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La question du salaire des stages pour les externes

L'ANEMF rappelle dans sa lettre ouverte que la rémunération des étudiants hospitaliers est "dérisoire". Pourtant, ce sont eux faisant fonction d’aides-soignants, infirmiers, brancardiers ou encore assistants de régulation médicale, qui ont "instantanément répondu présent durant l’épidémie du Covid-19. Nous nous sommes mobilisés pour venir en aide à un système de santé en crise. Négligeant souvent notre formation, notre bien-être et notre sécurité, nous avons porté assistance aux équipes soignantes dès que les besoins se sont exprimés".

Lors de leur externat, les étudiants hospitaliers effectuent des stages qui peuvent se dérouler à mi-temps ou à plein temps par période. Pour le travail effectué à l'hôpital, ils sont rétribués à hauteur de 129.60 € bruts mensuels en 4e année (DFASM1), puis 251.40 € bruts mensuels en 5e année (DFASM2) et 280 € mensuels en 6e année (DFASM3). Une rémunération largement insuffisante pour l’ANEMF, qui demande l’alignement de la rémunération à la gratification perçue par les stagiaires de l’enseignement supérieur.

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Les revendications de l'ANEMF

L'organisation étudiante formule les propositions suivantes :

  • La revalorisation de la rémunération des étudiants hospitaliers, à hauteur de 390 € par mois minimum ;
  • La publication d’une instruction à destination des établissements de santé, rappelant les droits des étudiants hospitaliers ;
  • L'élaboration d’un état des lieux des conditions d’étude et de travail des étudiants hospitaliers et de sanctions en cas de non-respect par les établissements.

Plus globalement, dans son courrier, l'ANEMF décrit un système de santé à bout de souffle. Et cite de récentes études qui montrent qu'un médecin sur deux est victime de souffrance au travail et qu'un quart des étudiants déclarent avoir des pensées suicidaires. "Le recrutement de plus de personnel soignant, la modification des pratiques managériales, l’accès aux services extra professionnels assuré pour l’ensemble des personnels, dont les étudiants, sont nécessaires pour restaurer la qualité de vie au travail des soignants", affirme l'ANEMF.

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