Les contraintes du mémoire ou du rapport de stage

Par Myriam Greuter , publié le 21 May 2007
10 min

Solitude, découragement, problèmes de gestion du temps, voici les principales contraintes que vous côtoierez dans votre aventure rédactionnelle, comme l’explique Myriam Greuter dans Bien rédiger son mémoire ou son rapport de stage, publié aux éditions l’Etudiant. Extraits.

Affronter la solitude

La rédaction du mémoire ou du rapport de stage est, en effet, souvent un moment de solitude : les heures de cours se font rares, chaque étudiant travaille sur un sujet différent, les tuteurs ne sont pas là pour vous guider pas à pas… Il est facile de se sentir seul quand on travaille de longues heures en bibliothèque. « J’avais le sentiment d’être seule à porter de l’intérêt à mon sujet de mémoire », se plaint Aïnoha, étudiante en philosophie.

Pas simple non plus de se faire une place dans une entreprise quand on ne fait que passer le temps d’un stage. En cas de blocage, le découragement peut être très fort. Les relations humaines sont donc extrêmement importantes au sein de l’entreprise, mais aussi dans son établissement d’enseignement.

fleche-rouge En entreprise, sociabilisez avec vos collègues

Faites tout pour que s’instaurent des rapports cordiaux avec vos collègues : mémorisez leurs noms, dites bonjour quand vous arrivez, souhaitez-leur une bonne soirée quand vous partez, allez si possible déjeuner avec eux, proposez de rendre service…

« J’ai rattrapé un fichier qu’une collègue croyait avoir effacé de son ordinateur, raconte Juliette. Avec une maigre année de cours d’informatique à l’université, j’étais devenue la fille cachée de Bill Gates… Après cet épisode, je me suis sentie davantage considérée. »

fleche-rouge À l’université, entretenez vos relations

Les relations humaines sont très importantes à l’université aussi : « Il ne faut pas hésiter à prendre plein de rendez-vous, à aller voir des chercheurs, à faire jouer ses relations, à demander des conseils à tout le monde autour de soi, à entretenir régulièrement des contacts pour que les profs ne vous oublient pas », recommande Jean-Marc, docteur en archéologie.

Rencontrer des spécialistes vous permet en effet d’obtenir des renseignements, mais vous montre surtout que vous n’êtes pas seul à vous intéresser à votre sujet, aussi pointu soit-il. Les chercheurs sont souvent flattés que l’on fasse appel à leurs lumières. Ils seront généralement heureux de vous apporter leur aide.

Contactez les auteurs de travaux de recherche

Certains textes confidentiels (articles parus dans des revues épuisées, mémoires ou thèses non publiés…) peuvent être obtenus en écrivant à l’auteur lui-même, qui est généralement très fier qu’on s’intéresse à lui et peut vous envoyer des photocopies, des tirés à part, ou encore une version numérique de son texte.

Les revues et actes de colloques indiquent parfois les coordonnées des participants – soit leur adresse personnelle, soit le nom de l’institution au sein de laquelle ils travaillent et à laquelle il vous faudra écrire (université, laboratoire de recherche, etc.).

Méfiez-vous cependant : vous avez plus de chances de trouver une adresse actuelle dans une publication récente. Sinon, tentez votre chance sur Internet ou auprès de votre enseignant : peut-être connaît-il personnellement le chercheur en question, ou son institution, ou quelqu’un qui pourra vous renseigner…

Pour les thèses et les mémoires, demandez là encore à vos professeurs. Si l’auteur de la thèse est devenu chercheur, retrouvez sa trace comme indiqué ci-dessus. Sinon, essayez de contacter son ancienne université : peut-être pourra-t-elle vous fournir un exemplaire de l’étude.

Parler de vos recherches aux autres étudiants

« Il faut faire circuler l’information entre les étudiants, ajoute Laurent, étudiant en cinquième année d’archéologie. Notamment en ce qui concerne les bibliothèques. »

Parlez de votre recherche autour de vous, surtout si vous rencontrez des difficultés : même s’ils ne travaillent pas sur le même sujet, les autres étudiants peuvent vous être d’une grande aide. Il se peut qu’ils sachent qu’un ouvrage extrêmement utile à votre recherche, mais apparemment introuvable, peut être consulté dans telle bibliothèque à laquelle vous n’auriez jamais pensé. Discuter vous montrera aussi que vous n’êtes pas seul à souffrir.

Surmonter le découragement

Le découragement peut survenir à n’importe quel moment de votre travail, du début à la fin de l’année. Si vous êtes tenté de baisser les bras, ce n’est pas parce que vous êtes nul ou que vous vous êtes fourvoyé dans votre recherche : les baisses de régime sont tout simplement inévitables parce que « la recherche est un travail parfois ingrat », assure Mariane, professeur de littérature française.

fleche-rouge Que faire en cas de découragement ?

« Vous pouvez aller gémir auprès de vos amis, qui se feront un plaisir de vous remonter le moral – ne serait-ce que pour ne plus avoir à supporter vos plaintes continuelles. Si vous n’avez pas d’amis, buvez », ironise Jean-Marc.

Cependant, en règle générale on déprime ou on se tourmente quand on ne travaille pas. La difficulté paraît de plus en plus considérable. S’y ajoute la mauvaise conscience de ne pas travailler et de prendre du retard…

Se forcer à s'y remettre

Il est toujours possible de résoudre les problèmes posés par le travail de recherche, mais l’angoisse, elle, ne se raisonne pas. La première chose à faire est donc de vous forcer à vous y (re)mettre : vos doutes ou votre culpabilité disparaîtront. Si vous manquez d’énergie, commencez par des tâches simples : remettre vos notes en ordre, lire des documents, relire ce que vous avez écrit… Ce genre de travail est de toute façon nécessaire ; il a en plus l’avantage de vous replonger dans votre réflexion et de tuer la mauvaise conscience.

Si vous vous en voulez de n’avoir rien fait pendant une journée, n’allez pas vous coucher dans cet état : après une demi-heure de petits travaux, on se sent déjà mieux.

De manière générale, c’est le premier pas qui coûte : une fois remis à l’ouvrage, vous serez surpris par la facilité et le plaisir que vous éprouverez. Ne coupez pas le cordon avec votre recherche, ne la laissez pas complètement en plan : « Il faut continuer à lire et à travailler méthodiquement : il en sortira nécessairement quelque chose », rassure Mariane.

fleche-rouge Bougez !

Même si votre recherche avance, la monotonie du travail quotidien peut également vous donner la fausse impression que vous stagnez. « Bougez, conseille Louis, étudiant en cinquième année d’expertise et médiation culturelle. Allez travailler ailleurs, ne restez pas enfermé chez vous. »

Ne fréquentez pas toujours la même bibliothèque, installez-vous de temps à autre dans une bibliothèque municipale ou même dans un café : le changement et le mouvement vous montreront que votre travail progresse et avance lui aussi.

Rappelez-vous, par ailleurs, que vous ne pouvez pas tout dire : si vous vous retrouvez bloqué à cause d’un manque de documents (livre introuvable, secret professionnel, etc.), on ne pourra pas vous en tenir rigueur. Faites avec ce que vous avez.

fleche-rouge Faites des bilans

Quand vous aurez le sentiment d’être arrivé à mi-parcours dans votre travail, prenez une journée pour faire un bilan général de votre recherche : relisez en détail vos notes, les ébauches de réflexion, et mesurez les changements par rapport à vos prévisions – nouvelles pistes, impasses, idées à creuser… Réorganisez votre plan de travail en conséquence.

Les bilans sont triplement utiles : ils vous permettent de dresser des plannings plus réalistes, ils préparent le futur plan de votre étude et ils vous font prendre conscience des progrès accomplis. N’hésitez donc pas à en user et à en abuser, surtout dans les moments de découragement.

Gérer son temps

Paradoxalement, les problèmes de temps augmentent avec la durée : pour des travaux de longue, voire de très longue haleine, comme le mémoire et le rapport de stage, ils constituent l’un des principaux motifs d’angoisse. L’étudiant n’est en effet tenu qu’à une date lointaine de remise de son travail. Très vite cependant, ce délai qui paraissait princier semble beaucoup trop court. De plus, c’est à l’étudiant de l’organiser, seul : les difficultés s’annoncent.

fleche-rouge L’art du planning

Vous vous en apercevrez vite, pour un travail au long cours comme le mémoire ou le rapport, il est indispensable d’élaborer des plannings. Commencez par un programme général : en bas d’une page inscrivez la date de remise de votre devoir puis remontez dans le temps en faisant la liste de toutes les étapes nécessaires. Inscrivez une date butoir pour chacune d’elles. Ces échéances sont toutefois susceptibles d’être modifiées par la suite… et elles le seront, très vraisemblablement ! Scotchez ce planning au-dessus de votre bureau (sous l’écriteau « Baisse la tête et travaille ! »).

D’autre part, rédigez chaque semaine votre planning pour les journées à venir, en décomposant précisément toutes les actions. N’oubliez pas de répartir chaque jour corvées et tâches plus agréables, afin de vous ménager.

fleche-rouge Les cours et les jobs

En master, les cours dépassent rarement dix heures hebdomadaires en moyenne. Mais ils sont dispersés : pour peu qu’un séminaire ait lieu de 15 à 17 heures, vous pouvez par exemple abandonner l’idée d’un après-midi entier en bibliothèque. De surcroît, les autres certificats que vous devrez passer vous obligent à travailler en même temps sur des thèmes qui n’ont rien à voir les uns avec les autres.

Aux problèmes de temps s’ajoutent ainsi des problèmes de concentration. Réfléchissez enfin avant d’accepter un petit job : il empiétera nécessairement sur votre travail ou vos loisirs. Et surtout, ne sous-estimez pas la fatigue qui en découle.

fleche-rouge Faire son mémoire en deux ans

En cas de très important dépassement de temps, l’université vous permet d’étaler votre travail sur deux ans. C’est une solution quand on travaille par ailleurs à temps partiel, et un recours possible pour les perfectionnistes. Attention cependant à ne pas transformer votre mémoire en thèse.

fleche-rouge L’inévitable coup de collier final

Au moment de la mise au point du manuscrit, quasiment tous les étudiants doivent redoubler d’efforts. Dans les derniers moments, on manque presque forcément de temps. Autant le savoir. On peut quand même chercher à rédiger le plus tôt possible : « La synthèse nécessite du temps, explique en effet Julie, étudiante en anthropologie. Sans compter les difficultés liées à la mise en page sur ordinateur… »

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