1. 4 bonnes raisons de suivre un MOOC quand on est lycéen ou étudiant

4 bonnes raisons de suivre un MOOC quand on est lycéen ou étudiant

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Des cours gratuits dispensés par les meilleurs profs du monde, la possibilité d’apprendre à son propre rythme et devant son ordi, le moyen de tester son intérêt pour une discipline avant de s’y lancer ou d’ajouter des noms d’établissements prestigieux sur son CV… Même si les étudiants et les lycéens n’étaient pas les premiers visés par les MOOC, eux aussi ont aujourd’hui de bonnes raisons de s’y adonner.

Deux étudiants devant un portable // © PhovoirLes moins de 25 ans représentent plus de 15 % des inscrits sur la plate-forme française FUN. Pas étonnant :  les avantages de suivre un MOOC quand on est étudiant ou lycéen ne manquent pas. // © Phovoir.

Droit, histoire, mathématiques, philosophie, santé... Tous les jours ou presque, un nouveau MOOC est lancé, et ce dans nombre de matière et par des dizaines d'écoles – Centrale, HEC, l'ENS Cachan, l'ENS Lyon, Mines Télécom, Polytechnique – ou d'universités – Bordeaux-Montaigne, Montpellier 2, Paris-Ouest Nanterre-la Défense, Toulouse-Jean-Jaurès (ex-Toulouse-le Mirail), Panthéon-Assas, à Paris.

Si, à l'origine, les étudiants et lycéens n'étaient pas les premiers visés par les MOOC, "ces nouveaux cours peuvent présenter pour eux de nombreux avantages", note Catherine Mongenet, chargée de mission et responsable de la plate-forme publique FUN (France université numérique), qui héberge la plupart des MOOC français. Les moins de 25 ans représentent d'ailleurs plus de 15 % des inscrits sur FUN. Car les bonnes raisons d'y participer ne manquent pas. En voici quatre.

#1. Pour vous préparer aux admissions dans des cursus sélectifs

Suivre un MOOC permet d'enrichir son CV ou d'améliorer ses chances d'être admis dans un cursus sélectif. Prenons l'exemple des procédures d'admission à Sciences po Paris, qui reposent sur l'examen préalable d'un dossier de candidature. Détenir une attestation de suivi du MOOC "L'espace mondial" proposé par l'établissement de la rue Saint-Guillaume peut, a minima, prouver un intérêt pour la géopolitique et les grands enjeux internationaux, ainsi qu'une capacité à s'investir dans un travail non obligatoire.

Idem si vous envisagez d'intégrer une école de commerce : il n'est pas inutile de s'intéresser à l'un des MOOC français les plus suivis, le best-seller de FUN, "Du manager au leader", réalisé par le CNAM (Conservatoire national des arts et métiers).

#2. Pour tester avant vos choix d'orientation

"Une autre bonne raison de se lancer, indique Matthieu Cisel, jeune normalien créateur du MOOC "Monter un MOOC de A à Z" et blogueur passionné par le sujet, est la dimension d'"orientation" que peuvent revêtir certains MOOC. La plupart du temps, ceux-ci reflètent assez fidèlement l'esprit d'une école ou d'une université. Ils donnent une idée de l'établissement, ce qui y est enseigné, les méthodes pédagogiques. Certains cours introductifs sur le droit ou la sociologie peuvent confirmer ou infirmer l'intérêt d'un lycéen ou d'un étudiant pour telle ou telle matière."

Les Français tentés par le rêve américain peuvent aussi s'inscrire au MOOC de l'université de Pennsylvanie intitulé "Postuler dans une université américaine". Ainsi, chaque été, pendant quatre semaines, les étudiants du monde entier peuvent découvrir le système universitaire américain. À l'issue du cursus, ils obtiennent un certificat attestant la réussite du MOOC et peuvent le noter sur leur CV ou leur profil LinkedIn par exemple. L'université de Pennsylvanie propose un cours payant, toujours en ligne, sur la rédaction des essais demandés par les universités au moment des candidatures.

Le MOOC « Comment postuler aux universités américaines » de CourseraCapture d'écran de la page d'accueil du MOOC "Comment postuler aux universités américaines" de Coursera.

#3. Pour acquérir de nouvelles connaissances

Enfin, autre raison, et non des moindres de sauter le pas : on peut tout simplement attendre d'un MOOC un réel savoir, qu'il soit complémentaire des cours que l'on suit par ailleurs ou qu'il se situe sur un plan plus personnel. Par exemple, pour un étudiant en licence d'économie, écouter le point de vue d'un professeur américain sur la crise est un vrai plus. De même que s'initier à la "Formation de l'Univers, du système solaire, de la Terre et de la vie" avec l'université de Copenhague représentera un réel atout pour un étudiant inscrit en première année de biologie.

Dans un autre registre, l'INSA (Institut national des sciences appliquées) de Toulouse (31) a mis en ligne un module destiné aux amateurs de jeux vidéo et de programmation Web. Pensé pour des personnes ayant des rudiments en algorithmes mais sans connaissances réelles du langage Web, il promet l'acquisition en huit semaines des bases du HTML5. Une aubaine pour les geeks !

Et comment ne pas applaudir cette initiative de fans de Harry Potter : un MOOC qui propose de revivre sa scolarité à Poudlard (www.hogwartsishere. com). "Un moyen imparable de progresser en anglais sans même se rendre compte que l'on est en cours, tant il est conçu pour un apprentissage ludique", témoigne Anthony. Cet élève de première, passionné, quand il était au collège, par le livre de JK Rowlings, ne regrette pas l'investissement que lui a demandé ce MOOC : "J'ai réellement acquis plus de vocabulaire et je l'ai pris comme un jeu !"

#4. Pour travailler autrement certaines matières au programme au lycée

Parmi les quelques MOOC en France dédiés spécifiquement aux lycéens, les cours proposés par France TV Éducation accompagnent, depuis deux ans, les collégiens qui préparent le brevet et les lycéens dans leurs révisions du bac. "D'après une enquête auprès de nos abonnés, les inscrits à notre MOOC philo ont obtenu une moyenne de 11,5 au bac en 2013 et ont dans l'ensemble progressé", indique Pierre-Étienne Pommier, président de Pythagora, société prestataire et conceptrice des MOOC de France TV Éducation. "Je me suis inscrite à ce MOOC de philo sur les conseils de mes parents, qui n'étaient pas très contents de mon professeur, raconte Manon, jeune bachelière. Au départ, je n'en avais aucune envie, mais finalement j'ai trouvé ça bien plus vivant que des annales !" La meilleure récompense de son assiduité ? Son 14 au bac, "une note bien supérieure à celles que j'avais eues pendant l'année !" se réjouit la jeune fille.

Difficile en somme de ne pas trouver MOOC à son pied, sachant que l'éventail est évidemment plus large pour ceux qui maîtrisent l'anglais, l'offre francophone restant limitée. À noter, toutefois, le portefeuille conséquent de cours proposés par l'EPFL (École polytechnique fédérale de Lausanne) dont certains sont en français.


Une certification non systématique
Quand le MOOC est terminé, en fonction des établissements, on peut obtenir, au minimum, une attestation certifiant le suivi et l'achèvement du cursus. "Pour le moment, avertit Catherine Mongenet, les MOOC sur FUN ne délivrent pas de certification, mais il y a une réflexion en cours sur ce sujet, pour que les apprenants puissent obtenir un document plus formel qu'une attestation. Cela implique la mise en place d'examens plus surveillés ainsi qu'une vérification de l'identité de l'élève. C'est une autre logistique, mais on peut imaginer que, demain, on puisse obtenir des crédits ECTS comme à l'université."

C'est d'ailleurs ce que font déjà les Anglo-Saxons : les universités américaines proposent des certificats, qui, la plupart du temps, sont payants. "D'une manière générale, il faut bien comprendre que les MOOC relèvent de l'autoformation, rappelle Matthieu Cisel. C'est une logique totalement différente de ce que l'on a connu jusque-là à l'école ou même dans l'enseignement supérieur. On n'apprend pas pour faire plaisir à l'un ou à l'autre, ni même forcément pour décrocher un diplôme, on apprend d'abord parce qu'on l'a décidé, par soi-même et pour soi-même..."

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