1. BAROMÈTRE. Parcoursup : vous lui donnez 5,9/10 de moyenne !
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BAROMÈTRE. Parcoursup : vous lui donnez 5,9/10 de moyenne !

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Les bacheliers qui ont répondu à notre enquête de satisfaction Parcoursup lui ont mis 5,9/10 de moyenne. // © plainpicture/ballyscanlon
Les bacheliers qui ont répondu à notre enquête de satisfaction Parcoursup lui ont mis 5,9/10 de moyenne. // © plainpicture/ballyscanlon

Quel bilan faites-vous de Parcoursup ? Selon notre baromètre, les lecteurs de letudiant.fr sont une majorité (58 %) à être satisfaits de la nouvelle procédure d'orientation dans l'enseignement supérieur. Une expérience jugée néanmoins beaucoup trop stressante pour l'essentiel d'entre eux, qu'ils aient ou non obtenu leur vœu préféré.

Parcoursup, peut mieux faire ! C'est la conclusion à laquelle vous arrivez concernant la nouvelle procédure d'affectation dans l'enseignement supérieur, selon notre baromètre. Les réponses que vous avez apportées à notre questionnaire durant l'été 2018 sont claires : loin d'être une expérience catastrophique, Parcoursup vous aura néanmoins donné beaucoup de sueurs froides.

58 % de candidats satisfaits

Vous êtes ainsi 58 % à être satisfaits de Parcoursup et près des deux tiers à avoir obtenu votre vœu préféré. Pour le plus grand nombre d'entre vous, il s'agit d'une place à l'université, dont la PACES (première année commune aux études de santé). Vous êtes 78 % à affirmer avoir obtenu un vœu qui était au moins dans votre top 3 et à 79 % dans l'académie que vous souhaitiez.

 // © l'Etudiant
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Des lycéens pro et techno moins convaincus

Mais cette appréciation diffère selon votre parcours ou votre profil. Les bacheliers généraux se révèlent en moyenne davantage positifs (à 62 %). "Après les épreuves du bac, les listes d'attentes se sont libérées, ce qui m'a permis d’intégrer la filière souhaitée. Pour ma part, Parcoursup s'est très bien déroulé", confirme un candidat de terminale S, originaire de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Lire aussi : Parcoursup : inactifs ou en attente, quelles solutions s'offrent à vous ?

En revanche, lycéens en voie professionnelle ou technologique, vous êtes beaucoup moins convaincus (47 %). 56 % d'entre vous disent avoir obtenu leur vœu préféré contre près de 67 % des élèves de filière générale.

"Je viens d'un bac pro et je n'ai été accepté dans aucun BTS [brevet de technicien supérieur]. Je pars à l'université sans savoir si j'en suis capable et à 2 heures 30 de ma famille. Ce qui engendre des frais supplémentaires difficiles à assumer pour mes parents", regrette une étudiante.

De même, des différences s'observent selon votre région. Originaires de l'une des académies franciliennes, vous n'êtes qu'un peu plus de la moitié à être satisfaits de Parcoursup. Un chiffre toutefois plutôt positif alors que l'on a beaucoup parlé des problèmes rencontrés sur la plate-forme par les bacheliers des banlieues proches de Paris.

Je me suis penchée sur un plan B puisque mes vœux ne semblaient pas être à ma portée.

Au global, Parcoursup décroche ainsi une "note de satisfaction" légèrement supérieure à la moyenne de 5,9/10. Mais si les lycéens pro et techno lui attribuent 5,3/10, les bacheliers S lui donnent un 6,8/10.

Une trop longue attente…

La date d'obtention des réponses influe beaucoup sur votre avis. Car la procédure a été longue pour certains d'entre vous ! Ceux qui ont validé définitivement leur vœu avant les résultats du baccalauréat sont 75 % à être satisfaits. Ils ne sont plus que 38 % lorsque la réponse est tombée après l'examen.

"J'ai été acceptée après une horrible liste d'attente interminable. Je me suis penchée sur un plan B puisque mes vœux ne semblaient pas être à ma portée. Je passais mes après-midis à démarcher plein d'écoles pour au final être acceptée dans mon vœu préféré", témoigne une candidate de la région Île-de-France, issue de la série ES.

Lire aussi : Parcoursup : dans les coulisses d'une commission qui place les "sans-réponse"

… facteur de stress

Le moins que l'on puisse dire c'est que Parcoursup n'aura pas été de tout repos pour les candidats. "Parcoursup s'avère stressant et peu adapté", juge ainsi Robin, en terminale S l'an passé dans les Hauts-de-France, qui a pourtant obtenu la formation qu'il souhaitait.

"L'attente est interminable quand on espère toujours obtenir son premier vœu. Mes vacances ont été gâchées, témoigne également une ex-lycéenne en terminale S en Bretagne. Comme le résume Camille : "Beaucoup de personnes étaient sur liste complémentaire. C'était un cercle vicieux. Tout le monde attendait un meilleur vœu et donc personne ne s'enlevait des listes d'attentes ou principales pour garder un plan B."

 // © l'Etudiant
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Un sentiment d'incompréhension

Alors que Parcoursup a été conçu pour mettre fin au caractère arbitraire du tirage au sort qui pouvait avoir lieu sur APB (Admission-postbac), les sentiments d'injustice ou d'incompréhension reviennent dans vos témoignages.

"À se demander si les dossiers et les lettres sont réellement lus. Je n'ai pas me plaindre, je suis pris dans mon IUT [institut universitaire de technologie] de région au final, mais la période d'attente en plus d'être très stressante se double d'une énorme incompréhension", illustre une candidate de terminale ES originaire de Normandie.

"Des camarades avec des dossiers moins bons que le mien ont eu une place dans une école que j'avais également demandée. Absolument rien n'est logique dans les affectations de places sur listes d'attente", développe un candidat de lycée technologique en Île-de-France.

J'ai finalement été pris dans un BTS privé à des centaines de kilomètres de mon domicile.

Vous êtes ainsi demandeurs d'informations pour comprendre davantage les règles de fonctionnement de Parcoursup. "Il serait préférable d’avoir les critères précis (comme les coefficients utilisés) afin d'avoir moins de surprises ou de comprendre certains résultats lors de l’annonce des admissions", suggère une candidate des Pays de la Loire.

"Je ne sais toujours pas où je suis affectée"

Si ces candidats ont finalement obtenu l'un de leurs vœux, pour certains Parcoursup a été synonyme de douche froide. "Aucun de mes souhaits n’a été accepté, sauf sur une académie que j’avais choisie en dernier recours. J’ai dû, à force d’être dans l’attente d’une admission, m’orienter vers une école privée", témoigne une lycéenne de terminale ES en Île-de-France.

"Il a fallu que je contacte moi-même des écoles en mettant en avant ma mention et ma motivation. J'ai finalement été pris dans un BTS privé à des centaines de kilomètres de mon domicile", témoigne un autre candidat.

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D'autres attendent encore et l'angoisse monte. "J'ai eu 16/20 de moyenne durant mes années de première et de terminale et un bac mention très bien en 2017 et le seul vœu positif est très loin de chez moi. Je suis passée en commission et à deux semaines de la rentrée je ne sais toujours pas où je suis affectée", témoigne une élève de lycée technologique, en Occitanie.

À ce candidat de terminale S en Auvergne, fixé tardivement, de faire passer un message : "Attendre jusqu’au 23 août pour avoir une affectation, c’est l’enfer. Une pensée à toutes les personnes qui n’ont toujours pas d’affectation sur la plate-forme".

Qui sont les répondants à notre enquête ?

Nous avons obtenu 3.341 réponses à notre questionnaire "Parcoursup : êtes-vous satisfait de votre affectation ?", mis en ligne sur le site letudiant.fr du 20 au 30 août 2018. Parmi ces répondants, une majorité de filles (64 %) et de candidats de lycée général et de certaines séries : 45 % sont scolarisés en terminale S, 22 % en ES. Un tiers des répondants étaient scolarisés en Île-de-France, 14 % en région Auvergne, 8 % en Nouvelle-Aquitaine.

Ces candidats ont formulé en moyenne 6,8 vœux sur Parcoursup, essentiellement dans des formations qui ne sont pas en tension. Les candidats sondés ont demandé en grande majorité une formation à l'université – dont PACES – (un vœu au moins pour 76 % des répondants), puis une classe prépa (37 %), un IUT (31 %), un BTS (28 %) ou une école (18,7 %). Leur vœu préféré reflète cette hiérarchie : université (38 %), classe prépa (22 %) puis BTS, IUT et école. Lorsque les candidats ont demandé une formation dite "en tension", il s'agissait du droit (46 %), de la PACES (28 %), de la psychologie (15 %) ou encore de STAPS (8 %).