Procédure trop longue, pas assez transparente... Des améliorations de Parcoursup sont préconisées

Par Thibaut Cojean, publié le 21 Février 2022
5 min

Le rapport 2022 du comité éthique et scientifique de Parcoursup fait 17 recommandations pour améliorer son fonctionnement. Hiérarchisation des vœux, transparence, information, retour d'épreuves communes et "surbooking" font partie des pistes à explorer.

Dans son dernier rapport, le comité éthique et scientifique de Parcoursup (CESP) considère que la procédure est trop longue, et préconise de la réduire en permettant aux candidats de hiérarchiser leurs vœux une fois les résultats du bac connus. Ainsi, les candidats encore indécis au mois de juillet pourraient indiquer à Parcoursup l'ordre de préférence de leurs vœux restants et ainsi automatiser les réponses pendant l'été.

Le surbooking sur Parcoursup pour éviter les sièges vides ?

Cette recommandation fait partie des 17 pistes d'amélioration explorées par le comité dans son rapport de 2022. Il s'agit d'une édition particulière de ce rapport annuel, car il fait également office de bilan du quinquennat et de la loi ORE. Selon les auteurs, la procédure Parcoursup pêche encore sur plusieurs domaines : le remplissage des formations, la transparence et l'orientation des élèves.

Pour que les établissements du supérieur remplissent mieux leurs amphithéâtres, le comité suggère de pratiquer le "surbooking". À l'heure actuelle, certaines formations classent en effet un nombre prédéfini de dossiers et refusent d'office une grande partie. Une partie des dossiers classés est acceptée, l'autre est sur liste d'attente. Mais les formations arrivent parfois au bout de la liste d'attente sans avoir atteint leurs capacités d'accueil. Faire du surbooking, donc augmenter la taille des listes d'attentes, permettrait d'éviter cela.

Autre solution : mieux estimer les capacités d'accueil réelles. Il apparaît que différentes formations n'ont pas une image parfaitement juste du nombre de places qu'elles peuvent proposer. C'est notamment le cas des licences, qui ont les plus grandes capacités d'accueil. Cette mauvaise estimation ayant parfois pour effet de laisser des places vacantes à la rentrée, le comité suggère de concevoir un guide méthodologique sur la fixation des capacités d'accueil.

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Harmoniser le contrôle continu au lycée : le retour des E3C ?

Le CESP alerte également sur le manque de transparence en général de la plateforme, bien qu'il note une amélioration constante sur ce point. Il estime notamment que la publication des algorithmes de pré-classement permettrait d'accélérer cet effort.

Dans le même sens, mais aussi dans un souci d'égalité entre les candidats, il propose de réfléchir à une harmonisation du contrôle continu au lycée, à travers le retour d'épreuves communes de type E3C. Ces épreuves communes de contrôle continu, nées avec la réforme du bac, avaient été rapidement remplacées par les EC (évaluations communes), avant d'être définitivement abandonnées. En raison de la crise sanitaire et de l'adaptation des examens, elles n'ont pu se tenir qu'une fois, au deuxième trimestre 2019–2020.

Par ailleurs, le CESP plaide pour une publication de la totalité des données de Parcoursup, tout en alertant sur le respect des données personnelles.

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Meilleure communication entre scolaire et supérieur

Le rapport met d'ailleurs le doigt sur une donnée contradictoire : si 94% des bacheliers ont reçu une proposition en 2021, seuls 82% ont été admis in fine dans l'enseignement supérieur. Or, les statistiques ne disent rien du devenir de ces candidats. Ainsi, le CESP suggère la création d'un outil logiciel qui permettrait au lycée de suivre facilement le devenir de ses élèves sur Parcoursup, afin d'identifier ceux qui ont quitté la plateforme sans solution, de comprendre pourquoi et de les accompagner.

De façon générale, l'information est un autre point central du rapport : celles de familles, mais également les échanges entre le lycée et le supérieur. Dans l'idée de fluidifier la transition bac-3/bac+3, et donc d'améliorer l'orientation des lycéens, les auteurs du rapport trouvent en effet indispensable que le secondaire et les établissements d'enseignement supérieur communiquent mieux entre eux.

Enfin, ils saluent l'efficacité de la politique de quotas de bacheliers technologiques en BUT, et soulignent que les effets des quotas de bacheliers pros en BTS se font sentir trop lentement. Ils encouragent donc la poursuite et le suivi de la politique de quotas, particulièrement pour les élèves boursiers.

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