Choisir une STS de proximité… et larguer les amarres plus tard

Par Emmanuel Vaillant, publié le 30 Juin 2011
4 min

Faut-il préférer l’antenne universitaire proche de chez soi ou la lointaine université-mère ? Se ferme-ton des portes en optant pour une prépa de proximité ? Est-ce risqué pour la suite de choisir un BTS dans son lycée ? Contrairement aux lycéens des villes, les lycéens des champs sont confrontés à une offre de formations limitée. Ce qui les oblige à se poser la question de la mobilité. Notre enquête pour voir sur quels critères se décider.

Si les STS (sections de techniciens supérieurs) attirent les étudiants à travers la France sur des niches de spécialités, elles recrutent aussi localement des étudiants soucieux de connaître un environnement d’études protégé, proche du domicile des parents, en attendant le grand saut à bac+2.

 

Implantés dans toute la France, des grandes villes aux agglomérations rurales, plus de 2.600 lycées publics, privés sous contrats ou privés hors contrat proposent une préparation à l’une des 150 spécialités de BTS (brevets de technicien supérieur). En plus de couvrir un grand nombre de secteurs, ce diplôme assure donc un véritable maillage du territoire. “Ces diplômes ont une très bonne réputation auprès des élèves. L’offre de formation crée localement la demande des lycéens”, note Rémi Rouault, enseignant-chercheur en géographie à l’université de Caen et coauteur de “l’Atlas des fractures scolaires en France” (éditions Autrement).


Un recrutement local pour les BTS les moins “spécialisés”

Au lycée Jean-Guéhenno de Flers, dans l’Orne, par exemple, son proviseur Xavier Fontaine, n’a aucune difficulté à remplir ses classes dans les 3 spécialités proposées : BTS PME-PMI, BTS banque et BTS étude et réalisation d’outillages de mise en forme des matériaux. “Ces diplômes attirent les lycéens parce qu’ils conjuguent de bonnes perspectives d’insertion et des possibilités de poursuites d’études, note Xavier Fontaine. Certains viennent de loin pour y trouver une spécialité de leur choix, d’autres envisagent ce diplôme comme la prolongation de leur bac”.

Pour Rémi Rouault, qui observe les parcours des lycéens en milieu rural, le constat est clair : “Plus la formation est large, à l’exemple du BTS ESF (économie sociale et familiale) ou du BTS MUC (management des unités commerciales), plus le recrutement est local. En revanche, pour un diplôme plus spécialisé, le recrutement se fait au-delà des abords immédiats, souvent même en dehors de l’académie.”


Bac+2 de proximité et après…

Rester dans une ambiance de lycée, en cours à effectifs réduits, bien encadrés par l’équipe pédagogique, avec des horaires imposés et des contrôles de connaissance réguliers… sans quitter le domicile familial : les lycéens trouvent bien des avantages à la “STS de proximité”.

“Ce choix de la proximité dans un premier temps est souvent une manière de se rassurer, juste après le bac, avant d’envisager dans un second temps, un départ de la région d’origine, une fois diplômé”, note Rémi Rouault. Une manière douce de n’entrer qu’à partir du bac+2 dans la vie active ou dans la vie étudiante.


Rester ou partir : STS de proximité ou BTS en grande ville ?
3 raisons de rester dans une STS de proximité 
- La spécialité de STS proposée correspond exactement à l’orientation que vous souhaitez. Inutile d’aller chercher plus loin. 
- Vous n’avez ni l’envie ni les moyens de prendre votre indépendance loin de chez vos parents.
- Vous envisagez un départ après un bac+2, pour une licence professionnelle, voire pour une formation à bac+5.

3 raisons de partir faire un BTS dans une grande ville
- Les spécialités de STS proposées près de chez vous ne vous conviennent pas. Ce qui vous importe c’est la formation et non pas le lieu où elle se déroule. 
- Vous vous sentez mûr pour quitter le cocon familial, et prendre votre indépendance
- Vous vous êtes préparé au départ en trouvant un logement et les moyens de financer votre nouvelle vie étudiante.   

Articles les plus lus

A la Une Parcoursup

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !