Yann, de la Champagne à la Gironde : “J’ai voulu partir pour mon BTSA et gagner en indépendance”

Par Isabelle Maradan, publié le 30 Juin 2011
4 min

Faut-il préférer l’antenne universitaire proche de chez soi ou la lointaine université-mère ? Se ferme-ton des portes en optant pour une prépa de proximité ? Est-ce risqué pour la suite de choisir un BTS dans son lycée ? Contrairement aux lycéens des villes, les lycéens des champs sont confrontés à une offre de formations limitée. Ce qui les oblige à se poser la question de la mobilité. Notre enquête pour voir sur quels critères se décider.

Yann Vadin, 22 ans, a quitté sa Champagne natale pour suivre un BTSA (brevet de technicien supérieur agricole) viticulture-œnologie en apprentissage, à l’école de viticulture et d’œnologie La Tour Blanche, à Bommes (33).

La vigne, c’est une histoire de famille pour Yann Vadin. Il a grandi, au milieu des 7 hectares d’exploitation familiale destinée à la production de champagne, à Cunières, près d’Épernay (51). Ses premières vendanges, il les a faites à l’âge de 8 ans.


“Couper le cordon”




Après un bac professionnel conduite et gestion d’exploitation agricole,
il aurait pu rester sur les terres de son enfance pour continuer ses études. Ce bon élève était accepté en BTSA (brevet de technicien supérieur agricole) viticulture-œnologie dans tous les établissements demandés, y compris dans son lycée, le lycée viticole de la Champagne à Avize (51).

Mais Yann a décidé de prendre le large pour “couper le cordon”. Il s’inscrit à l’école de viticulture et d’œnologie La Tour Blanche à Bommes (33). C’est son père qui lui a conseillé d’aller voir ailleurs. “Ma mère était plus réticente. Elle estimait que je n’avais pas besoin d’aller aussi loin pour faire des études. Ce n’était pas simple pour elle, j’étais le premier à partir”, confie le jeune homme. Un départ d’autant plus important pour lui qu’il devrait à terme revenir au bercail. “Comme je vais retourner dans l’entreprise familiale, j’ai trouvé enrichissant de pouvoir partir et être totalement indépendant. C’est aussi pour cela que j’ai choisi une formation en apprentissage dans le bordelais. Pour le salaire et également pour l’expérience que j’acquiers dans le métier du vin. Dans 2 régions viticoles différentes, les techniques restent les mêmes, et j’apprends beaucoup au niveau de l’organisation du travail, de la culture.”

Deux camarades de lycée ont fait le choix de suivre la même formation que lui. “Leurs parents ont aussi une exploitation dans laquelle ils retourneront”, compare l’apprenti. Les autres sont restés en Champagne. La moitié d’entre eux pour poursuivre des études dans le même lycée, l’autre moitié pour commencer à travailler.


Un projet de tour du monde des régions viticoles

À 22 ans, Yann a pris goût à l’indépendance. Après 2 années à gagner sa vie, payer ses factures, son loyer, il envisage de revenir en Champagne, et même dans son lycée d’origine. “Mais c’est uniquement parce qu’il y a la meilleure licence professionnelle agroressourceset environnement spécialité commercialisation à l’International des vins et spiritueux de France à Avize (51).”

Pas question pour lui de retourner vivre chez ses parents, si ce n’est le temps de trouver un appartement. Et le jeune homme nourrit déjà le projet d’aller contempler d’autres horizons plus lointains. “Si je suis pris en licence, je pars 6 mois à l’étranger, soit en Californie, soit en Australie. Et après, je ferais bien un tour du monde des régions viticoles pendant 6 mois-1 an, en travaillant ici ou là.” Le champagne risque bien de couler encore longtemps dans les fûts avant le retour aux sources du futur repreneur de l’exploitation familiale.

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