"Oui, si" : comment les licences de sciences se sont adaptées à la réforme du bac

Par Charlotte Mauger, publié le 21 Septembre 2022
5 min

Avec la réforme du baccalauréat, le niveau des étudiants est de plus en plus hétérogène à l'université, particulièrement en licences scientifiques. Tutorat, options supplémentaires ou licence en quatre ans, chaque université valorise les moyens à sa disposition pour accueillir au mieux les bacheliers dans leurs cours.

Le choix des spécialités et des options au lycée général a un impact sur l'orientation, mais aussi sur les profils à l'université. Si vous visez une licence de sciences après la terminale, vous aurez dans votre classe des étudiants qui n'ont pas suivi les mêmes matières que vous.

Les universités ont répondu à cette hétérogénéité en proposant des parcours adaptés, mais leurs moyens d'action sont inégaux.

L’importance des maths en licence scientifique

Première adaptation : faire la promotion des mathématiques dès le lycée. Car si, contrairement aux classes prépa ou aux école d'ingénieurs, la spécialité maths n'est pas indispensable, elle est vivement conseillée pour présenter un meilleur dossier à l’entrée en licence de sciences.

Que ce soit en informatique, physique, chimie, biologie ou en maths, "il faut prendre les maths pour faire des sciences", martèle Laurence Mouret, doyenne de l'UFR Sciences à l'université Aix-Marseille (13). Ce que confirme l’ancien responsable de la licence de biologie, Christophe Pellegrino : "Les élèves qui ont pris maths et physique-chimie réussissent mieux chez nous que ceux qui ont pris SVT".

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Choisir des parcours cohérents

Au-delà des résultats, il faut aussi suivre des spécialités qui correspondent à votre projet. "Il ne faut pas réfléchir en termes de notes mais plutôt en termes de profil", conseille Mélanie Guenais, responsable de la licence de mathématiques à l'université Paris-Saclay (91). Et cela sera payant : "Peu importe la mention au bac, ce sont les élèves qui ont suivi les maths expertes qui réussissent le mieux dans en licence de maths", souligne-t-elle par exemple.

Laurence Mouret l'a également constaté : "C'est flagrant pour la spécialité numérique et sciences informatiques, où le niveau de l'élève est radicalement différent selon qu'il l'avait suivie ou non au lycée".

En clair : vos chances de réussite en licence seront plus grandes si vous avez déjà pratiqué les principales matières au lycée.

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Tutorat, options, à chaque université ses aménagements

Pour autant, pas de panique si vous n’avez pas choisi les spécialités idéales : les universités cherchent à harmoniser les acquis des étudiants. Des dispositifs d'accompagnement sont ainsi mis en place, comme le tutorat par des étudiants plus âgés ou des liens privilégiés avec des professeurs de licence. "On a rajouté des options pour pallier des manques éventuels", explique Laurence Mouret.

Cet accompagnement demande toutefois beaucoup d’organisation et est plus difficile à mettre en place dans les petites universités. C'est pourtant dans celles-ci que vous pouvez attendre les écarts de niveaux les plus importants. Moins attractives, ces licences sont en effet moins sélectives.

"Ce sont celles qui font face au public le plus hétérogène", confirme Mélanie Guenais. Dans ce cas, c'est aux professeurs d'adapter au mieux le contenu de leur cours pour qu’il convienne à tous et toutes, avec le risque d'abaisser le niveau général.

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Une quatrième année pour les non-scientifiques

Enfin, pour celles et ceux qui auraient arrêté les sciences au lycée, des universités proposent une remise à niveau scientifique à travers une quatrième année de licence. "C’est ce qu’on va conseiller si le profil n’est pas complet", explique Mélanie Guenais.

Cet aménagement peut par exemple entrer dans le cadre du dispositif "Oui, si" de Parcoursup, et s’adapte aussi aux étudiants dont les résultats sont trop justes pour envisager sereinement l’entrée à l’université.

Tous ces dispositifs sont aussi nécessaires pour la suite, pour que les étudiants aient les mêmes armes avant l'admission en master, de plus en plus sélective.

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