Questions à Alberto Lopez, directeur scientifique du Céreq

Par Emmanuel Vaillant, publié le 04 Mars 2009
2 min

Quel que soit leur bac d’origine, de plus en plus d’étudiants se construisent un parcours à la carte pour mieux garantir leur insertion professionnelle.

"Les plus pénalisés par la crise sont les moins diplômés"

Dans la conjoncture actuelle, peut-on encore parler de filières anticrise ?


Compte tenu de l’ampleur de la crise actuelle, il est difficile de faire un pronostic sérieux concernant les répercussions sur l’insertion des jeunes. Néanmoins, on peut risquer une prospective en s’appuyant sur ce qui a pu être observé dans le passé. Tout d’abord, en débarquant sur le marché du travail, les débutants sont toujours plus sensibles à la conjoncture. On sait aussi que les plus pénalisés sont les moins diplômés, qui voient leur taux de chômage s’envoler rapidement. Quant aux diplômés de l’enseignement supérieur, ils ont déjà vu, au début des années 2000, leur risque de chômage grimper brusquement. Seulement, il s’agit en partie d’un chômage d’attente. L’effet de la crise risque de se porter surtout sur leurs niveaux d’emploi et de salaire. Enfin, il pourrait se produire un phénomène – déjà constaté – de retour aux études, notamment parmi les jeunes ayant arrêté les leurs sans décrocher de diplôme.

Quelles sont les incidences du bac d’origine sur l’insertion ?


Lorsqu’ils entrent dans le supérieur, selon le type de bac obtenu, les jeunes vont aller plus ou moins loin dans des filières différentes, et leur probabilité de réussite varie. Par exemple, le risque de sortir sans diplôme est très élevé pour des bacheliers professionnels ou même technologiques allant à l’université, et leur taux de chômage après trois ans de vie active atteint plus de 20 %.

Le critère des débouchés doit-il être pris en compte dans son choix d’orientation postbac ?


Il n’est pas certain qu’on puisse asseoir cette décision sur les évolutions de tel ou tel secteur. Mieux vaut prendre en compte les tendances structurelles de l’économie. Mais nos enquêtes montrent que le futur domaine d’activité professionnelle des jeunes ne correspond pas forcément à leur spécialité… Les voies d’accès à un métier sont multiples.

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