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Écoles d'ingénieurs : quels débouchés après un cursus en agronomie ?

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Banque, administration, cosmétique : les écoles d'ingénieurs en agronomie offrent des champs de professions variées. // © plainpicture/Bildhuset/Jerker Andersson
Banque, administration, cosmétique : les écoles d'ingénieurs en agronomie offrent des champs de professions variées. // © plainpicture/Bildhuset/Jerker Andersson

Souvent méconnues, les écoles d'ingénieurs spécialisées dans l'agronomie et l'agriculture ne mènent pas qu'à ces secteurs. Tour d'horizon des différents débouchés à la suite de ces formations.

Alors que le Salon de l'agriculture met en lumière les nouveaux métiers de l'agriculture, les écoles d'ingénieurs agronomes se préparent à diplômer une nouvelle promotion d'étudiants. Des jeunes professionnels qui s'insèreront rapidement sur le marché du travail, dans les industries agroalimentaires et les organisations professionnelles agricoles, mais pas seulement

"Avant, l’ingénieur agronome était celui qui aidait l’agriculture à mieux produire. Mais c'est aujourd'hui loin d'être le seul métier auquel nous préparons nos étudiants ! Notre diplôme ouvre désormais à une diversité de débouchés beaucoup plus large", souligne Aurélie Chassagne, chef du service études et vie étudiante de Montpellier SupAgro.

Agroalimentaire et agriculture

Si de nombreux autres débouchés sont possibles à l'issue de ce cursus, une bonne part des diplômés des écoles d'ingénieurs agronomes débute néanmoins dans des filières attendues comme l'agroalimentaire et l'agriculture. "25 % de nos diplômés vont vers les organisations professionnelles agricoles et 15 % partent dans les industries agroalimentaires", explique Aurélie Chassagne. 

"Pour les organisations professionnelles agricoles, les diplômés se dirigent vers des métiers de conseil et d’étude, des ingénieurs R&D, des ingénieurs conseillers spécialisés, des chargés de missions, dans des chambres d’agriculture ou des structures de conseils. Pour les industries agroalimentaires, ce sont plutôt des métiers de responsable de production ou de responsable qualité", détaille Marie-Pierre Petitjean, responsable carrière et relations entreprises à Agrocampus Ouest.

En revanche, si les premiers emplois se font majoritairement dans ces secteurs, les diplômés peuvent également faire le choix de bifurquer vers d'autres aventures après quelques années d'expérience. "Le premier emploi conserve un fort lien avec nos secteurs d'origine, mais nos diplômés disposent d'une forte capacité à changer de secteur, grâce à leurs compétences. Un responsable logistique dans le chocolat peut tout à fait le devenir dans la cosmétique, car nous formons des personnes capables de s’adapter, d’évoluer et d’occuper des postes de manager", souligne Aurélie Chassagne, de Montpellier SupAgro.

L'enseignement, la recherche et l'administration

Autre option : l'enseignement et la recherche. "10 à 15 % des étudiants de Montpellier SupAgro poursuivent en thèse, d'autres vont également directement dans la recherche appliquée en tant qu'ingénieurs", chiffre Aurélie Chassagne. Agrocampus Ouest compte également régulièrement des diplômés recrutés par des instituts de recherche. "Ils sont intéressés par nos profils, notamment l'INRA, le CNRS, l'IFREMER, des laboratoires, pour des postes d'ingénieurs de recherche", explique Marie-Pierre Petitjean. Au-delà du doctorat et de la recherche, quelques diplômés se tournent aussi vers l'enseignement secondaire, avec le passage du CAPES ou de l'agrégation de SVT, notamment, même s'ils restent des cas minoritaires.
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L'administration est également une voie prisée par une partie des étudiants. En particulier dans la filière d'élève ingénieur fonctionnaire, à Agrosup  Dijon. Rémi y étudie. À la fin de ses études, il sait déjà qu'il ira travailler pour l'État. "Finalement, il y a la même diversité de carrières que dans le privé : économie agricole, production végétale ou animale, devenir chef d'exploitation d'un lycée agricole, chef de mission ou de projet, dans n'importe quelle région de France. Nous sommes une trentaine dans cette filière", explique-t-il. Lui a choisi sa voie. Après l'école, direction la thèse, tout en conservant le statut d'étudiant fonctionnaire, pour ensuite aller travailler pour l'administration. "Elle a besoin d'experts sur des points très précis, pour, par exemple, travailler sur des négociations internationales, comme à Bruxelles", souligne Rémi, enthousiaste.

La banque, l'audit et l'assurance

Les secteurs bancaires, eux aussi, recherchent ces jeunes professionnels. "Les banques apprécient les ingénieurs agronomes, qui connaissent bien le secteur et peuvent comprendre et analyser les besoins des agriculteurs. Il est plus simple de former un tel profil à la finance que l'inverse. Même constat dans l'audit, les assurances, les services, et même le commerce et le marketing des agro-équipements. Nos diplômés connaissent déjà les exploitants, c'est une vraie force", estime Sabine Petit, directrice des formations et de la vie étudiante à Agrosup Dijon.

Même constat pour Marie-Pierre Petitjean, d'Agrocampus Ouest. "Nos ingénieurs comprennent leurs clients, ils deviennent par exemple chargés de clientèle dans des banques, des compagnies d'assurance et des cabinets d'audit et analysent les projets de leurs clients", déclare-t-elle. Et ajoute : "La presse spécialisée, elle aussi, aime recruter des ingénieurs agro qui connaissent bien le secteur".

De nombreux autres secteurs


Ces diplômés ont également accès à de nombreux autres secteurs, selon leurs envies, leurs différents stages et les opportunités qui se présentent. En tête : la grande distribution, qui leur propose des postes de chef de rayon par exemple, la restauration, en tant que chargé de mission ou gestionnaire de production, mais aussi la pharmacie, la cosmétologie et les biotechnologies. "Des marques comme Chanel ou Dior peuvent être intéressées par les compétences en analyses de données et en sciences du vivant de nos diplômés", précise Marie-Pierre Petitjean.

Des profils comme celui de Maéva Beets, diplômée d'Agrocampus Ouest. Au départ intéressée par l'agro-alimentaire, elle se passionne pour la supply chain et travaille depuis trois ans chez Clarins. "Je m'occupe des prévisions de vente, nous centralisons les prévisions du monde entier, pour les transmettre à l'unique usine du groupe, qui est près de Paris. C'était important pour moi de travailler sur un produit qui me parle et me plaît. J'ai vraiment trouvé ma voie et je me sens très bien dans cette entreprise", lance l'ingénieure, diplômée en 2011. De quoi laisser une belle variété de choix aux futurs jeunes professionnels de l'agronomie.