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Quels débouchés après une ENS ?

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Les diplômés des ENS n'hésitent plus à investir les entreprises privées. // © l'Etudiant
Les diplômés des ENS n'hésitent plus à investir les entreprises privées. // © l'Etudiant

Admirées, mais souvent méconnues, les ENS (écoles normales supérieures) ont la réputation de ne former qu'à la recherche et à l'enseignement. Des débouchés "naturels", mais qui n'empêchent pas une partie des diplômés de se tourner vers le secteur privé.

"Les ENS m'attirent dans l'absolu, mais je n'ai pas envie de faire de la recherche…" Comme en témoigne cet élève de classe préparatoire, pour de nombreux jeunes, les ENS conservent l'image d'établissements prestigieux et sélectifs, mais intégralement tournés vers la recherche. Pourtant, elles offrent de nombreuses autres possibilités à leurs étudiants. 

Le doctorat, non obligatoire mais largement choisi

Si la thèse n'est en aucun cas une étape obligatoire pour un normalien, nombreux sont ceux qui décident cependant de se lancer dans un doctorat à la suite de leurs études.

À l'ENS Paris, par exemple, 74 % des étudiants se sont dirigés vers la thèse (étude d'insertion 2013 sur la promotion 2003), "Le doctorat est recommandé pour finaliser ses capacités à travailler dans l’innovation. C'est un chiffre stable, mais qui ne dit rien du débouché professionnel, car les diplômés peuvent ensuite décider de se tourner vers le privé", explique Christian Lorenzi, directeur des études scientifiques de l'école.

Cependant, la poursuite en thèse dépend aussi de la matière principale de l'étudiant, comme le souligne Laurent Dehouck, vice-président formation de l'ENS Rennes. "Dans notre ENS, cela dépend en effet du secteur. En mathématiques, environ 90 % des élèves prennent le chemin de la thèse. À l'inverse, en droit, ils sont plutôt 40 à 50 %, car certains privilégient les concours de l'ENA ou de l'École de la magistrature, ou encore partent travailler directement dans le privé, dans des cabinets d'avocats ou des ONG, par exemple."

L'enseignement : une option souvent privilégiée

C'est l'un des débouchés les plus connus de l'ENS : nombreux sont en effet les normaliens qui se destinent à enseigner. La grande majorité se dirige plutôt vers l'enseignement supérieur et la recherche, à l'université ou dans de grandes écoles. "C'est la vocation originelle et historique de l'école", pointe Christian Lorenzi, de l'ENS Paris.

"Dix ans après leur sortie de l'école, 66 % des étudiants travaillent dans l'enseignement supérieur et la recherche. Et 10 % sont professeurs, soit dans des classes préparatoires, soit dans le secondaire (collège, lycée), même si c'est plus rare", souligne-t-il, citant l'enquête insertion de l'ENS Paris. Les salaires varient selon le statut et l'établissement : un enseignant de CPGE (classe préparatoire aux grandes écoles) touchera, brut, 31.000 € par an en début de carrière, contre 36.000 € pour un professeur des universités.

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Une partie des normaliens se dirige aussi vers les grands corps de l'État, à des postes élevés dans l'administration. Les places sont cependant chères à l'INSEE ou aux Mines, le nombre de places ayant tendance à se réduire : en 2013, 10 ans après l'obtention de leur diplôme, environ 4 % des anciens de l'ENS Paris travaillaient dans les corps de l'État, alors qu'ils étaient 11 % à leur sortie de l'école.

Audit-conseil-innovation : des postes clés dans le privé

Les normaliens recevant un traitement durant leurs études, ils s'engagent à travailler en retour 10 années dans le public. Cela se nomme "l'engagement décennal". S'ils décident de se tourner vers le privé avant cette date, ils doivent, comme à l'ENA ou à l'École polytechnique, "rembourser la pantoufle", c'est-à-dire la somme perçue pendant leurs études.

Néanmoins, cela n'est pas forcément un obstacle pour se diriger vers le privé, comme l'explique Henri Pidault, président de l'association des anciens élèves de l'ENS Paris-Saclay (auparavant connue sous le nom d'ENS Cachan). "Les quatre années d'études comptent dans l'engagement décennal. Avec une thèse, sept des dix années dues à l'État sont déjà écoulées. Ceux qui veulent se tourner vers le privé n'ont par ailleurs pas de mal à rembourser la pantoufle, car les normaliens sont généralement bien payés", déclare-t-il. Selon lui, les diplômés des ENS sont particulièrement recherchés pour des postes liés à l'innovation, à l'audit et au conseil.

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À l'ENS Paris, d'après l'enquête insertion, 10 ans après l'obtention de leur diplôme, ils sont 15 % à avoir été embauchés par des entreprises privées. "Parmi eux, 20 % travaillent dans l'industrie et l'ingénierie, et environ autant dans la finance/assurance et les services. D'autres se dirigent vers le secteur médical, la presse et l'édition", détaille Christian Lorenzi.

Mais la propension à rester dans le public dépend également du secteur, comme le montre Laurent Dehouck, de l'ENS Rennes : "Dans notre école, 10 % des élèves, en moyenne, partent dans le privé. Mais dans l'informatique, ils sont 30 %, car l'appel du privé est très fort, en offrant de belles rémunérations." Les chiffres sont parlants : en début de carrière, les normaliens scientifiques qui ont rejoint le privé perçoivent des salaires bruts variant de 38.000 à 44.000 € annuels. De quoi en tenter plus d'un.