Étudier en Normandie : comment sont réparties les formations sur la région ?

Par Éléonore de Vaumas, mis à jour le 03 Novembre 2022
8 min

La Normandie se caractérise par une offre de formation riche et variée, mais polarisée autour des trois agglomérations que sont Caen, Le Havre et Rouen. La région met toutefois les bouchées doubles pour mailler le territoire, notamment à travers une présence renforcée des sites universitaires et des campus connectés.

La Normandie est une région contrastée composée de territoires ruraux, un peu moins bien fournis en formations supérieures, et d'une partie ouest avec un large accès à la mer où convergent une part importante des quelque 110.000 étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur en 2020–2021, selon le SIES.

Vers un maillage du territoire normand

Ainsi, trois villes tirent particulièrement leur épingle du jeu : Caen, Rouen et Le Havre, même si les institutions œuvrent ensemble à renforcer leur présence sur l’ensemble du territoire. Ainsi, si vous envisagez d’y suivre une formation, vous aurez la possibilité d’étudier dans plusieurs autres villes de taille moyenne, comme Cherbourg-en-Cotentin, Elbeuf, Saint-Lô, Évreux, Dieppe, Lisieux, Flers, Alençon ou Vire.

Lire aussi

"Malgré une forte concentration dans les grandes agglomérations, aucun territoire n’est oublié. Ceci est le résultat d’une volonté régionale afin d’offrir aux bacheliers un large choix de formations proches de chez eux et de les encourager à la poursuite d’études", affirme Xavier Pannecoucke, délégué régional à l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation de la région académique Normandie.

Trois grands sites universitaires et quatre IUT en Normandie

Groupé autour de trois pôles principaux d’enseignement pluridisciplinaire que sont Caen, qui héberge l’université la plus ancienne de France, Rouen et sa voisine, Le Havre, le panorama universitaire normand est aussi ponctué d’une pluralité d’antennes et de campus.

Les universités de Rouen et de Caen attirent chacune 30.000 étudiants répartis sur cinq campus différents thématisés : droit, médecine, sciences humaines et sociales (SHS), sections de technicien supérieur (STS) et sciences et techniques. L'université du Havre en recense 10.000 sur un seul site. Plus récente, cette dernière, quoique généraliste, s’est notamment fait un nom en misant sur des formations de niche autour de la logistique et du droit international.

Lire aussi

À elles trois cependant, elles offrent une palette exhaustive d’enseignements et de formations, du post-bac au bac+8, avec notamment plus de 250 mentions de master. Avec des antennes à Alençon, Cherbourg-en-Cotentin, Lisieux, Saint-Lô et Vire, la faculté caennaise a ses entrées sur toute l’ex-Basse-Normandie (Calvados, Orne et Manche).

Celle de Rouen possède, quant à elle, un grand campus à Évreux où toutes les formations généralistes sont représentées. Sans compter celles délocalisées au Havre dont l’université n’a, pour l’heure, pas développé d’antenne. Ainsi, si les études médicales ne sont dispensées qu’à Rouen et à Caen, l’université du Havre, en lien avec celle de Rouen, accueille des formations permettant d’accéder aux études en santé.

La région compte aussi quatre IUT : à Caen (Grand Ouest), à Évreux, à Rouen et au Havre. Tous sont généralistes et disposent d’un catalogue très large de BUT. Ne manquent à l’appel que deux spécialités : gestion administrative et commerciale des organisations et sciences et génie des matériaux.

Huit campus connectés maillent la Normandie

Par ailleurs, cette offre est complétée par huit campus connectés à Caen, Cherbourg-en-Cotentin, Flers, Saint-Lô, Vire, Évreux et Dieppe. Ces campus permettent aux bacheliers normands résidant loin des grandes villes d’entamer ou de reprendre des études supérieures près de chez eux.

Un large panel de formations y sont proposées à distance, ainsi qu’un accompagnement sous forme de tutorat par l’université partenaire. "On essaie aussi de faire venir les étudiants dans l’université mère et de déployer des ambassadeurs pour que les jeunes inscrits dans ces campus connectés aient un sentiment de communauté avec les étudiants des campus citadins", ajoute Xavier Pannecoucke.

Lire aussi

Les campus de Caen, Cherbourg-en-Cotentin, Flers, Saint-Lô et Vire sont portés par l’université de Caen, ainsi que celui, originalité normande, situé dans un centre pénitentiaire caennais. Ceux d’Évreux et de Dieppe dépendent pour leur part de l’université de Rouen.

Écoles d’ingénieurs : des spécialités par dizaines

Côté grandes écoles, 11 grandes écoles d’ingénieurs ont élu domicile ou possèdent une antenne délocalisée en Normandie. Pour certaines d’implantations récentes, leurs campus se situent majoritairement dans l’une des trois grandes agglomérations normandes. Chef-lieu régional oblige, Rouen remporte la palme avec cinq écoles — dont une antenne — à son actif :

  • Insa Rouen, la plus importante avec 2.000 étudiants dans plus d’une dizaine de spécialités ;
  • Esigelec, qui forme des ingénieurs dans les domaines des systèmes intelligents et connectés ;
  • l’institut polytechnique UniLaSalle, dont l’un des quatre campus est situé à Rouen et propose une formation d’ingénieur en agronomie et agro-industrie. UniLaSalle Rouen a également ouvert en septembre 2022 une école vétérinaire privée labellisée EESPIG (établissement d’enseignement supérieur privé d’intérêt général).
  • l’ESITech (École supérieure d’ingénieurs en technologies innovantes).

La ville abrite également une antenne du CESI, tout comme Caen. Cette dernière compte, elle, trois écoles d’ingénieurs : l’Esix, interne à l’université, l’Ensicaen, qui distille sur ses deux sites (Caen et Flers) des formations ingénieurs en électronique, informatique, mécanique, matériaux-chimie et génie industriel, et l’ESITC, spécialisée dans le secteur de la construction.

Enfin, trois autres écoles d'ingénieurs sortent géographiquement du lot : Polyvia Formation à Alençon, qui propose en partenariat avec l’IMT Nord Europe une formation d’ingénieur plasturgie et matériaux composites, l’Isel au Havre, axé sur les études logistiques, et l’Esix à Cherbourg-en-Cotentin.

À noter que le Cnam a des ancrages sur dix sites en Normandie.

Écoles de commerce, spécialisées, sciences politiques : l’excellence à la ville

Elles sont en nombre réduit, mais se classent parmi les mieux cotées dans les classements d'écoles de commerce. Trois écoles de management se partagent le gâteau en Normandie : l’EM Normandie, qui brasse chaque année 5.000 étudiants sur ses sites du Havre et de Caen, et Neoma business school, qui a choisi la banlieue nord de Rouen pour implanter l’un de ses trois sites (les autres sont à Paris et Reims). Le réseau Bachelor EGC a, de son côté, opté pour le bord de mer et c’est à Saint-Lô qu’il dispense, via l’une de ses 22 écoles, trois diplômes de niveau bac+3.

Lire aussi

Désireux de vous engager dans des sciences politiques tout en restant en Normandie ? C’est possible grâce à la présence d’une antenne délocalisée de l’IEP de Rennes à Caen, mais aussi de Sciences po Paris au Havre, très sollicité par les étudiants internationaux.

Créatifs, il vous faudra aussi être citadin si vous souhaitez poursuivre dans une filière artistique. Pour cela, direction Rouen, où l’ENSA Normandie forme les futurs architectes et abrite l’un des deux sites de l’ESADHaR avec Le Havre. Enfin, cap sur Cherbourg-en-Cotentin ou Caen si c’est l’ESAM, résultat de la fusion des écoles de Beaux-arts de ces deux villes, qui vous intéresse.

Articles les plus lus

Contenus supplémentaires

A la Une étudier en région

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !