1. Le classement 2009 des villes où il fait bon étudier

Le classement 2009 des villes où il fait bon étudier

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Où vaut-il mieux habiter pendant vos études ? En collaboration avec "l’Express", la deuxième édition de notre classement des villes françaises, tente d'y répondre en analysant offre de formation et vie étudiante. Sorties, emploi, transports, culture, logement, environnement..., 36 critères passés au crible et répartis en neuf thèmes, pour voir où poser vos valises.

Consultez la version 2010 du classement des villes où il fait bon étudier.

Avez-vous choisi la ville la plus agréable pour étudier ?
Pour le savoir, il suffit de jeter un œil sur le classement général de notre enquête 2009… Les dix premières places sont trustées par des pôles universitaires souvent pluriséculaires (l’école de médecine de Montpellier date de… 1220). Ceux-ci affichent un tel potentiel que les sept villes de tête correspondent à des projets régionaux retenus pour l’Opération campus (1) par Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur. "Ces sites présentent des atouts incontestables, mais ils ont des efforts à fournir en matière de conditions de vie et de logement", explique Pierre Albertini, créateur et délégué général de l’AVUF (Association des villes universitaires de France). Le plan campus pourrait bien corriger cela…

Silicon Valley et Sun Belt version française
Au sommet du classement général trône Grenoble. La capitale des Alpes doit sa pole position à ses résultats réguliers et plutôt bons dans tous les domaines (elle se classe première pour les sorties et le sport, deuxième pour le rayonnement international, cinquième pour l’offre de formation). "Ici, le campus est immense et bien desservi, la fac a bonne réputation, les bars sont sympas, il y a toujours moyen de sortir", résume Pierre, étudiant en première année de sociologie et Toulonnais exilé. Les deux pôles universitaires de la ville (la Presqu’île scientifique et le campus de Saint-Martin-d’Hères) en font une mini-Silicon Valley à la française.

Autre comparaison avec la géographie américaine : la France possède une "Sun Belt" étudiante, s’étendant de Bordeaux à Montpellier en passant par Toulouse (villes classées respectivement quatrième, troisième et deuxième au général). "Ce sont des villes universitaires en développement. Par exemple, Toulouse a inauguré sa deuxième ligne de métro en 2007. Et sur les campus de Bordeaux, on a recensé 900 nouveaux lits et 700 chambres réhabilitées en résidences universitaires à la rentrée 2008. C’est l’effort le plus significatif en matière de logement cette année", souligne Alexandre Aumis, sous-directeur de la programmation, des travaux et de la contractualisation au CNOUS (Centre national des œuvres universitaires et scolaires).

Le dilemme de l’étudiant
Derrière, Lyon (sixième), Marseille-Aix (septième) et Paris (neuvième) traînent un peu les pieds. Ces métropoles hyperattractives sont excellentes en matière d’offre de formation, de culture et de rayonnement international. Mais gare au revers de la médaille… "Il faut voir les conditions d’accueil dans les cités U de Nanterre ou de Tolbiac ! Le fil Santé Jeunes reçoit les trois quarts de ses appels de la région parisienne. Il y règne un certain mal-être", affirme Benjamin Dahan, président de la FFBDE (Fédération française des bureaux des élèves). Trop de demandes. Trop cher. "À Paris, il faut compter entre 500 et 600 € par mois pour une chambre. Le statut d’étudiant à lui seul ne peut pas combler les exigences des bailleurs. Beaucoup doivent donc cumuler études et petits boulots, ce qui les met en échec scolaire", regrette Benjamin Dahan.

À l’inverse, des villes comme Limoges ou Besançon (8,40 € le m2 à la location) rencontrent moins de problèmes pour loger leurs étudiants. "En ce sens, il est plus confortable au quotidien d’étudier à Tours qu’à Paris. Mais Tours n’a rien à voir avec la capitale en termes de qualité de la formation et de rayonnement", rappelle Michel Lussault, professeur de géographie urbaine à l’ENS (École normale supérieure) LSH (lettres et sciences humaines) de Lyon et vice-président de la CPU (Conférence des présidents d’université). Par conséquent, les étudiants se retrouvent face à un dilemme : faut-il choisir une ville qui facilite la vie au quotidien (pas de problèmes de logement, de transports…) ou une ville qui offre plus d’opportunités d’enrichissement intellectuel, quitte à ne pas en profiter pleinement tous les jours ?

Surprise lilloise
Derrière le groupe de tête figurent des campus de plus petite taille, marqués par la présence d’une université unique (comme Nantes, Rouen, Dijon, Poitiers…) ou par celle de deux petites facs complémentaires (c’est le cas à Nancy, ou encore à Rennes). Des pôles "de niveau interrégional", comme le définit Michel Lussault. On passe alors sous la barre des 50 000 étudiants, excepté à Rennes (57 322 étudiants), une ville conviviale, universitaire par tradition, et à Lille (95 041 étudiants).

Lille n’arrive qu’à la dix-septième place et constitue la plus grosse surprise du classement… L’ex-"cité grise des Flandres" souffre de mauvais résultats concernant les transports, le sport, l’environnement et le logement. Certes, elle tire son épingle du jeu pour les sorties, la culture et le rayonnement international ; et le département du Nord est le troisième à proposer le plus de formations. Mais cela ne suffit pas à rééquilibrer sa position. "Lille mériterait une meilleure place. C’est une grande ville en termes d’effectif étudiant, mais aussi de qualité des formations", juge Michel Lussault. Pour preuve, son projet a obtenu la mention "Campus prometteur" dans l’Opération campus et était à deux doigts de faire partie des dix lauréats.

Avantage aux anciennes
L’autre surprise vient du Sud, plus précisément de Nice, qui arrive vingt-et-unième. "Malgré le tropisme du soleil, la cité n’a pas la réputation d’une ville universitaire. Et pourtant, elle se place plutôt bien en offre de formation, puisqu’elle arrive neuvième", remarque Pierre Albertini. De fait, Nice perd des places sur les critères liés à l’environnement urbain. La Côte d’Azur présente des problèmes en matière de logement, d’environnement (les régions très ensoleillées sont aussi les plus polluées) et de transports. "Pour les étudiants, c’est un lieu trop marqué par la villégiature", résume Michel Lussault.

Le bas du tableau – de Tours à Valenciennes – se compose de villes universitaires plus petites. "Ce sont des pôles généralistes qui n’ont pas de faiblesses spectaculaires. Ils sont plutôt moyens dans tous les domaines. Moins attractifs, ils jouent surtout un rôle important au niveau local", analyse Michel Lussault. Une partie d’entre eux, tels Valenciennes, Toulon, Le Mans…, sont trop récents pour rivaliser avec les grandes villes universitaires. Car il en faut du temps pour bâtir une réputation…

(1) Ce plan vise à rénover et à redynamiser les campus existants (notamment le logement) et à leur donner une visibilité internationale. Le tout grâce à un investissement de 5 milliards d’euros, provenant pour partie de la vente d’actions EDF de l’État.
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Virginie Bertereau,
avec Pierre Falga et Nassira El Moaddem

Sommaire du dossier
Le classement 2009 des villes où il fait bon étudier : notre méthodologie Où fait-il bon étudier ? : le tableau Grenoble sur la plus haute marche du podium Montpellier, la douceur de vivre Paris reste la meilleure en offre de formation Strasbourg, l’Européenne par excellence Bordeaux, une vraie cité festive du sud Poitiers, accueillante et pas chère Limoges, une ville sportive Paris côté rayonnement international, vue par Veronika Toulouse, côté emploi, vue par Jérémy Lyon, côté culture, vue par Caroline La Rochelle, côté environnement, vue par Jérémie Grenoble, côté sport, vue par Nicolas