Fanny, en école d’architecture à Montpellier: "Ce qui me plaît, c’est de manier le cutter en TD d’arts plastiques"

Par Étienne Gless, publié le 31 Janvier 2014
4 min

À 18 ans, Fanny est étudiante en première année à l’ENSAM (Ecole nationale supérieure d’architecture) de Montpellier. Une vocation qui remonte à l’enfance. Elle nous raconte ses études passionnantes mais aussi très prenantes.

Pourquoi avez-vous choisi cette formation ?

"L'architecture est une vraie vocation depuis toute petite. Je dessinais des plans déjà à l’école primaire. Je voulais savoir pourquoi la salle de bains se trouvait près de la chambre. D'autre part, architecte n’est pas qu’un métier de bureau. On est souvent en contact avec les clients, à l’écoute de leurs besoins. C’est enfin un métier créatif : on peut imaginer dans sa tête un projet et le dessiner même si on ne le construit pas dans la réalité."

Est-ce difficile d’entrer dans une école d’architecture ? Comment avez-vous été sélectionnée par l’Ensam ?

"Il faut s'inscrire sur le site Admission-postbac. L’école est très sélective. En 2013, il y avait environ 2.500 candidats pour 110 places. La sélection s’effectue d’abord sur dossier scolaire (d’après les notes obtenues en première et terminale) et une lettre de motivation manuscrite. Cette première sélection réduit à 450 le nombre de candidats qui se rendent à une journée de concours. Le matin, on assiste à une conférence avec un architecte. Puis on dispose d'1h30 pour répondre, à l'écrit, à une question liée à cette conférence et une autre question sur notre choix de l’architecture. L’après-midi, nous passons un entretien avec un jury composé de profs de l’école pour cibler nos motivations. Pour ma part, j’ai été très audacieuse. J’ai comparé l’architecture à la pâtisserie et cela aurait très bien pu casser. À l’oral, j’ai présenté une planche de l’évolution de mes dessins d’archi dans le temps."

Qu’apprenez-vous en école d’archi ?

"Beaucoup de matières comme la structure, le dessin, l’histoire de l’art, le portrait de ville, la géométrie… Les cours s’appellent des ‘composés’. La matière la plus importante est le ‘projet’. On vit, on pense, on dort pour le projet. On peut par exemple étudier la maison d’un architecte portugais ou réaliser un projet personnel."

Y-a-t-il des enseignements qui vous déçoivent ?

"Non, sauf la sociologie cette année : le professeur oriente trop les cours sur la philo. Il nous parle de Platon. Je m’attendais plutôt à des études de comportements. L’informatique en amphi ce n’est pas top non plus. Moi, je suis très manuelle. Ce qui me plaît, c’est de manier le cutter en TD d’arts plastiques. Il ne faut pas avoir peur de se couper !"

Quelle est la clé du succès pour réussir ce long parcours d’études ?

"La motivation. Il en faut beaucoup. Il y a une masse de travail très importante que je ne soupçonnais pas. On a des périodes de ‘rendu’, où l'on est ‘charrette’. Il faut alors enchaîner une journée de cours de 8h à 20h avec des séances de travail parfois une nuit entière sans dormir. Et cela durant deux ou trois jours pour présenter un oral qui va compter pour la validation du semestre."

Comment vous voyez-vous évoluer ?

"C’est trop tôt. Je suis très jeune. Je ne peux pas me dire : dans deux ans je travaille dans un cabinet d’architecture." 

Y a-t-il, dans ce programme bien rempli, de la place pour une vie étudiante en dehors des études ?

"Montpellier est très agréable pour sortir faire la fête. Mais si on sort, on prend du retard dans le travail. Je préfère donner la priorité à mes études. Je faisais beaucoup de sport, notamment du ping-pong. Depuis que je suis étudiante, je n’en fais plus que le weekend."

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