1. Ça bouge côté cours : les "serious games" pour apprendre en jouant
Décryptage

Ça bouge côté cours : les "serious games" pour apprendre en jouant

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Des salles de jeux à l’école ? GEM (Grenoble École de management) en offre une à ses étudiants, découpée en deux espaces : la partie la plus grande est réservée aux tests et la seconde est dédiée à la conception. Un groupe d’étudiants l’a investie pour concevoir un jeu de plateau sur l’univers des nanotechnologies (Nanorider), qui devrait sortir cet hiver.

Jusqu’à présent surtout appliqué dans le monde de l'entreprise, le domaine des "serious games" (ou jeux sérieux) se développe désormais dans l’univers des études supérieures. Plusieurs établissements les utilisent dans leur pédagogie. L’université de Strasbourg (67), en partenariat avec l'école d’ingénieurs ENSIIE, propose, depuis 2011, un module dédié aux étudiants de master. "Il s’agit de sensibiliser à la conduite de projets en matière de jeux sérieux et de susciter des créations, explique Philippe Portelli, directeur des usages numériques à l’université. Car les entreprises spécialisées ont du mal à trouver des chefs de projets, à l’interface des designers et des informaticiens."

Nouvelles technologies - Grenoble Ecole de management // © DR

LE JEU ENTRE DANS LES CLASSES. À Grenoble École de management, le jeu permet de faire réfléchir les étudiants collectivement à un problème complexe. Ici, réunis par équipe, ils sont chargés de construire une tour en papier qui doit être la plus haute, la plus écologique et la plus esthétique possible // © Grenoble École de management

Vous avez le droit à l’erreur

"Le jeu a plusieurs vertus, estime Hélène Michel, professeur en management des innovations à GEM et spécialiste du domaine. Il donne le droit à l’erreur et à l'expérimentation dans un univers protégé. Le jeu crée aussi les conditions pour travailler sur ce que l’on appelle les soft-skills : l’écoute de l’autre ou la capacité à communiquer."

Par exemple, des étudiants de master en ressources humaines de l'école grenobloise vont devoir concevoir un jeu autour de la problématique du genre en entreprise. L’utilisation d’avatars permet de se confronter à des situations concrètes et de voir les différentes réactions possibles. Pour Hélène Michel, le jeu peut efficacement remplacer un rapport de stage, car il permet de communiquer sur une expérience. L’école grenobloise a même créé sa marque de serious game, intitulée GEMin Game, et plusieurs projets sont actuellement en cours de développement.

Mettez-vous au défi

Autre exemple à l'Estaca, où 25 étudiants de cinquième année de cette école d'ingénieurs ont participé, l’an dernier, au défi proposé par Keolis, opérateur privé de transport public de voyageurs. Pendant une journée, ils ont réfléchi à la réorganisation du plan de transport d’une ville fictive à la suite d’un pic de pollution. À l’INSA de Lyon, département génie industriel, des jeux sont régulièrement utilisés au cours de la formation des futurs ingénieurs. Les résultats obtenus ne sont pas évalués, mais chaque étudiant doit réaliser un rapport dans lequel il décrit son expérience et son ressenti.

Pas de perdants

Facteur de motivation, améliorateur de concentration du fait d'une grande immersion, le serious game offre certains avantages en matière de pédagogie. Si certains inscrivent ces modules dans leur programme, d’autres vont plus loin, en incluant l'expérience dans les évaluations. À l’ESC Chambéry (73), les étudiants sont des habitués des serious games. En 3e année, le jeu organisé en fin de cursus donne lieu à une note gardée dans l’évaluation finale.

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