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Spécial orientation : Camille, du bac L à la déco

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Le point commun entre Camille, Cécile, Idriss, Quentin, Audrey, Jean-Guillaume, Mélanie et Amélie ? Avoir choisi, malgré les obstacles, de faire ce dont ils avaient envie. De suivre leur passion quand les adultes rêvaient d’autre chose pour eux. De viser haut quand rien ne les y destinait. D’arrêter des cursus d’excellence parce qu’ils ne leur correspondaient plus. Découvrez comment ils y sont parvenus à l’heure où l’on vous demande de faire vos premiers choix d’orientation…


Camille, 26 ans, a créé son entreprise de design textile après un bac L et des études de déco : “Je me sens privilégiée parce que je travaille avec passion.” Crédit photo : Florence Levillain

“Comme on ne peut pas dire dans quel boulot il y a des débouchés, autant aller à fond dans ce qu’on aime !”, conseille Camille Dupuis. En terminale littéraire, Camille n’a pas hésité à surprendre ses parents en affirmant son désir d’aller vers un domaine : la décoration. “Dans leur esprit, la formation professionnelle, c’est pour ceux qui ne peuvent pas rester en place. Et comme je n’étais pas obligée d’entrer vite sur le marché du travail et que j’étais bonne élève, il y a eu un peu d’incompréhension.”

“J’ai toujours créé à côté du lycée”


Issue d’une famille “de littéraires, qui ont fait leurs études à la Sorbonne, et sont tous dans l’Éducation nationale”, Camille aime le contact physique avec la matière et fabriquer des petits objets. “Au lycée, j’ai suivi une petite option arts plastiques mais j’ai toujours créé à côté”, raconte la jeune femme. Après avoir obtenu son bac L, elle enchaîne deux formations : une première, en alternance, de conseiller de vente en décoration d’intérieur, puis une autre, d’un an, en décoration d’intérieur et étalagisme, avant de chercher un emploi. “J’ai été vendeuse étalagiste dans des magasins d’équipement de la maison. Cela me rassurait de travailler, mais j’avais toujours l’idée de continuer mes études.”

Camille se rend ensuite sur des salons professionnels et découvre ainsi le métier de designer textile. Comme elle n’est pas titulaire du bac STI arts appliqués, elle s’inscrit en MANAA (mise à niveau en arts appliqués) pour passer les concours d’entrée des écoles d’art de Paris. Elle vise le DMA (diplôme des métiers d’art) art textile de l’École supérieure des arts appliqués Duperré, mais elle n’est pas prise. Elle se lance alors dans une formation similaire, proposée par l’École supérieure d’art Françoise-Conte, qui recrute sur entretien. Un investissement de 15.000 €, pour 3 années de formation, que Camille avait anticipé. “Je vivais chez mes parents lorsque je travaillais et je mettais de côté une grande partie des 1300 € que je gagnais pour financer mon projet d’études.”

Une fois diplômée, la créatrice installe son atelier à Choisy-le-Roi (94). Depuis quelques mois, sa petite entreprise lui permet de gagner sa vie, en proposant des prestations décors ainsi que des objets en laine et en tissu. “Au départ, je touchais plutôt 200 € par mois, maintenant je gagne plus de 1000 €. Avec un petit loyer, cela me suffit. J’aurais pu viser une agence ou une boîte de style, pour atteindre les 3000 € mensuels, mais je me sens privilégiée parce que je travaille chez moi, avec les horaires que je veux, du temps pour moi et, surtout, avec passion.”
Sommaire du dossier
Retour au dossier Spécial orientation : Audrey, l’envie précoce de travailler avec les animaux Spécial orientation : Mélanie, l’hôtellerie plutôt que prof Spécial orientation : Idriss, de l’éducation prioritaire à la préparation d’une grande école Spécial orientation : Camille, du bac L à la déco Spécial orientation : Jean-Guillaume, d’une école de commerce à l’ébénisterie Spécial orientation : Cécile, la psychologie à la fac plutôt que la prépa Spécial orientation : Quentin, un bac ES, une fac d’histoire… puis un CAP de cuisine ! Spécial orientation : Amélie, après les laboratoires biologistes, un nouveau départ en médecine