1. La rémunération des fonctionnaires
Décryptage

La rémunération des fonctionnaires

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Le traitement des fonctionnaires (on ne parle pas de salaire dans la fonction publique) est identique pour tous les fonctionnaires titulaires du même échelon, qu’ils exercent leur emploi dans un ministère, à la Ville de Paris ou dans une mairie en région. Enfin… en théorie. Car dans la pratique, diverses primes entrent en ligne de compte dans la rémunération des fonctionnaires.

C’est toujours en fonction d’un échelon que les fonctionnaires sont rémunérés. Qu’est qu’un échelon ? C’est une subdivision d’un grade, ce grade étant lui-même une subdivision d’un corps. Prenons un exemple : si vous venez de réussir le CAPES, vous allez appartenir au corps des professeurs certifiés. Ce corps comprend deux grades : "classe normale" divisé en 11 échelons, puis "hors classe" divisé en 7 échelons. Lorsque vous débuterez, vous commencerez votre carrière au grade de "classe normale" et au premier échelon. Au bout de quelques mois d’ancienneté, vous passerez à l’échelon 2, puis au 3, et au bout d’un an, vous serez déjà au quatrième échelon. Ensuite, vous continuerez à gravir les échelons, mais moins rapidement.

À chaque échelon que vous gravirez correspond un indice. Et cet indice renvoie directement à un montant de rémunération régulièrement réévalué. Ainsi, rien de plus simple que de calculer le traitement d’un fonctionnaire lorsque l’on connaît son indice. Prenons un autre exemple : les fonctionnaires de catégorie B de la filière santé de la fonction publique hospitalière (les puéricultrices, les infirmiers, les orthophonistes, les masseurs-kinésithérapeutes, les diététiciens, etc.) démarrent leur carrière avec l’indice 308. Ce chiffre signifie qu’ils sont rémunérés 308 fois la valeur du point d’indice (qui est actuellement de 4,63 € brut). Faites le calcul ! La rémunération mensuelle de ces fonctionnaires est de 1.426,04 € (308 x 4,63 €), en dehors des primes qu’ils pourraient percevoir.

Les fonctionnaires ayant une certaine ancienneté ne sont pas rémunérés selon cette grille des indices et des traitements. On dit alors qu’ils sont "hors échelle", c’est-à-dire que leur traitement n’est pas calculé sur la base d’un échelon et d’un indice, mais selon une échelle qui va de A à G.

De nombreuses primes s’ajoutent au traitement des fonctionnaires. Certaines d’entre elles sont identifiables, d’autres beaucoup plus difficiles à évaluer, comme les primes de rendement et de productivité, par exemple, laissées à la discrétion de chaque administration. Il existe également des primes pour travaux supplémentaires, sujétions spéciales et risques professionnels, des primes pour qualification et technicité, des primes pour enseignement et jury ou encore de multiples primes diverses comme la prime d’installation, par exemple, versée à tous les fonctionnaires affectés pour la première fois. Dans la fonction publique hospitalière, les primes sont très importantes, à la fois parce que les personnels hospitaliers travaillent en dehors des horaires de bureau (nuit et week-end) et parce qu’ils possèdent, pour certains, des qualifications particulières.

En dehors de ces primes, tous les fonctionnaires peuvent percevoir deux types d’indemnités : une indemnité de résidence et un supplément familial. L’indemnité de résidence a pour objectif de compenser les différences de coût de la vie entre les régions où sont affectés les fonctionnaires. Cette prime n’est pas versée systématiquement, car certaines zones géographiques ne sont pas concernées. Le supplément familial est calculé, lui, en fonction du nombre d’enfants. Il comprend une partie fixe et un pourcentage sur le traitement.