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Les concours de PACES, mode d’emploi

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Cours en amphi à la faculté de médecine d'Angers. // © Virginie Bertereau
Cours en amphi à la faculté de médecine d'Angers. // © Virginie Bertereau

Plus de 58.000 étudiants sont inscrits en PACES (première année commune aux études de santé) en France. Leur objectif : réussir les deux concours (un à chaque semestre) qui la caractérisent pour accéder ensuite aux études de médecine, d’odontologie, de pharmacie ou de sages-femmes. Le point sur ce qu’il faut savoir pour atteindre ce but.

Un nombre restreint de places

Le numerus clausus est le nombre d'étudiants de PACES (première année commune aux études de santé) qui peuvent poursuivre, à l'issue du concours de fin d'année, leurs études dans les filières médecine, odontologie, pharmacie ou sages-femmes (ainsi que dans quelques filières paramédicales comme kiné ou ergothérapeute). Il est défini chaque année, pour chaque université, par un arrêté ministériel.

En 2015-2016, le numerus clausus à l'échelle nationale s'élevait à 7.676 places en médecine, 1.199 places en odontologie, 3.112 places en pharmacie et 1.009 places en sages-femmes.

Deux périodes de concours

Chaque université organise ses propres concours. En général, le concours commun du premier semestre se déroule soit mi-décembre, avant les vacances de Noël, soit juste après, c'est-à-dire début janvier. Le concours du second semestre est organisé entre la mi-mai et le début du mois de juin.

Une partie commune, une partie spécifique

À l'issue du premier semestre, tous les étudiants passent un seul concours. Ils sont jugés sur les cours de 3 ou 4 UE (unités d'enseignement) qu'ils ont suivis en commun. Mais selon les filières (médecine, sage-femme, pharmacie ou dentaire), des coefficients différents sont affectés aux matières. Par exemple, l'anatomie peut être affectée d'un coefficient 4 en médecine et 2 en pharmacie, tandis que la connaissance des médicaments peut avoir un coefficient 4 en médecine et 6 en pharmacie. Ainsi, selon leurs premiers résultats, les étudiants peuvent évaluer leur niveau et leurs chances pour présenter de un (la grande majorité) à quatre concours en fin d'année. Les épreuves du premier semestre comptent pour moitié dans la note finale.

Au second semestre, les étudiants conservent un tronc commun mais suivent l'UE spécifique (environ quatre matières) à la ou aux filière(s) choisie(s). Toutefois, certaines matières peuvent se retrouver dans la maquette de filières différentes. Par exemple, le cours "anatomie de la tête et du cou" est programmé à la fois dans le module médecine et le module dentaire. Un étudiant qui passe quatre concours n'est donc pas trop pénalisé par rapport à un candidat qui n'en passe qu'un. En fin de second semestre, les étudiants passent les mêmes épreuves dans les matières du tronc commun et leur(s) épreuve(s) spécifique(s). Cette UE compte pour un tiers de la note du second semestre, soit un sixième de la PACES. Selon le classement final des étudiants, la procédure de choix se met en place.

QCM, QCD, QROC...

Chacune des 8 UE (les 7 UE du tronc commun et l'UE spécifique) fait l'objet d'une épreuve. Les sujets sont conçus par chaque université, de façon indépendante. Les épreuves durent donc, selon les facs et les matières, de 30 minutes à 3 heures. Elles peuvent comprendre des QCM (questionnaires à choix multiple), des QCD (questionnaires à choix double, c'est-à-dire des vrai/faux), des QROC (questions à réponses ouvertes ou courtes) où il faudra peut-être résoudre un exercice, annoter un schéma, écrire une formule ou une réaction chimique, rédiger un texte (notamment pour l'épreuve de sciences humaines et sociales)...

Un programme national refondé

Les contenus des cours en PACES s'appuient sur un programme national. Ainsi, certaines facs de médecine, très « matheuses » à l'origine, ont dû revoir à la baisse le nombre d'heures des enseignements scientifiques. À l'inverse, d'autres universités réputées pour leur coloration "sciences humaines et sociales et disciplines médicales fondamentales" (biologie cellulaire, embryologie, anatomie, etc.) ont réajusté leur niveau en sciences dures (biochimie, biophysique, chimie, physique...). Une partie "médicaments" est également au menu. Chaque établissement publie son programme complet sur Internet.

Des taux de réussite variables

Le taux de réussite en PACES, au niveau national et toutes filières confondues, est de 22 % environ. Mais il fluctue du simple au double selon les universités (de 14 % à 38 %). Dans les facultés d'Ile-de-France, le pourcentage de reçus en dentaire, pharmacie et sage-femme est inférieur à celui de médecine vu le nombre de candidats et le peu de places offertes dans ces filières (enquête letudiant.fr, avril 2015). Mais cela ne se vérifie pas forcément en province. Il est possible de s'inscrire deux fois en PACES, voire trois fois sous dérogation. Cette année d'études rapporte 60 crédits ECTS, ce qui permet de se réorienter en cas d'échec selon des règles bien définies. Une dizaine d'universités expérimentent d'ailleurs depuis les rentrées 2014 et 2015 des filières alternatives à la PACES, des passerelles pour rebondir dans une autre filière : Angers, Auvergne, Paris 5, Paris 7, Paris 13, Poitiers, Rouen, Saint-Etienne, Strasbourg et Tours.