1. Pourquoi les facs de médecine ne se valent pas toutes aux ECN ?
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Pourquoi les facs de médecine ne se valent pas toutes aux ECN ?

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Le SiMU de Nantes, le laboratoire expérimental de simulation de médecine intensive de l'université de Nantes. // © Jean-Claude Moschetti/REA
Le SiMU de Nantes, le laboratoire expérimental de simulation de médecine intensive de l'université de Nantes. // © Jean-Claude Moschetti/REA

Pourquoi les étudiants se classent-ils mieux aux ECN (épreuves classantes nationales) dans telle ou telle fac de médecine ? Si le taux d'encadrement et le niveau de base comptent, la préparation et l'offre en matière de conférences – l'équivalent du tutorat de PACES – jouent également. Explications.

Expliquer les résultats aux ECN est si complexe que l'on pourrait écrire une thèse sur le sujet ! C'est ce qu'a fait Benoît Elleboode, ancien président de l'ISNIH (Inter syndicat national des internes des hôpitaux) et médecin de santé publique, sur l'examen. Celui-ci a étudié statistiquement le rôle de plusieurs facteurs. Et il en a conclu que, globalement, 50 % des résultats des épreuves classantes nationales seraient dus à deux éléments indépendants :

1. Le taux d'encadrement des étudiants de l'université ou du site de formation : plus le nombre de professeurs est élevé par rapport au nombre d'élèves, mieux l'établissement est classé.

2. La sélectivité en première année : plus le niveau scolaire de base des candidats est élevé, mieux la fac est classée. Attention, cela vaut à titre collectif. Individuellement, un élève moyen au lycée peut “se révéler” en médecine.

“Les critères pédagogiques sont très difficiles à mesurer”

Liés entre eux, ces deux facteurs ont un effet pervers : “Plus on ajoute d'étudiants dans une fac (notamment dans les régions sous-dotées en médecins), plus on fait chuter le taux d'encadrement et donc les résultats”, explique Benoît Elleboode. Dans tous les cas, un constat : “Les facs les mieux classées aux ECN ne sont pas forcément celles qui forment le mieux”, assure le médecin qui ne fait que des suppositions concernant les autres facteurs de réussite. “Les critères pédagogiques sont très difficiles à mesurer”, reconnaît-il par exemple.

Sans le prouver par les statistiques, d'autres observateurs sur le terrain citent des variables supplémentaires : l'investissement des professeurs dans l'apprentissage au raisonnement clinique, les conditions matérielles, les stages (qui démarrent plus ou moins tôt dans le cursus), les initiatives qui permettent aux candidats de mieux définir leur projet professionnel, la motivation et l'enjeu pour les candidats (selon la spécialité et la ville visées), l'ambiance...

Préparation et conférences : deux facteurs-clés

Deux facteurs restent en particulier des sujets sensibles : le temps et la qualité de la préparation à l'examen et l'existence de “conférences”.

En ce qui concerne la préparation, Benoît Elleboode a identifié deux cas de figure : “Soit la fac mâche le travail des étudiants, leur dit et contrôle ce qui est important de savoir en vue de l'examen ; soit la fac ne fait pas ce travail et délivre une formation beaucoup plus dense. La première méthode est la meilleure dans un processus de concours. Il n'est pas sûr que ce soit la plus efficace pour former les meilleurs médecins”, explique-t-il. En outre, certains établissements n'hésitent pas à mettre la pression aux étudiants dès la deuxième ou la troisième année et à rogner sur les stages pour leur laisser du temps pour réviser.

Les conférences jouent également un rôle. Jusqu'à récemment, il s'agissait beaucoup de cours privés, payants, parfois déjà sélectifs. Aujourd'hui, les établissements s'organisent pour donner des conférences publiques, l'équivalent du tutorat en première année.

Le tournant de 2016

Tous ces arguments valaient jusqu'aux ECN 2015. En 2016, les premières ECNi (épreuves classantes nationales informatisées) passées sur tablettes numériques se sont tenues. S'il est encore trop tôt pour dresser une comparaison “avant-après”, Malik, interne en médecine et auteur d'un blog sur la préparation aux ECN, estime que cette révolution va probablement changer la donne. “Les ECNi permettent de rétablir une certaine équité entre les candidats qui préparent le concours en effaçant les ‘différences’ de préparation entre les externes de Paris, Marseille, Bordeaux... (qui avaient plus facilement accès aux conférences classiques) et les ‘provinciaux’ pour lesquels l'offre était moins abondante”, assure-t-il. Grâce à la plate-forme nationale SIDES dédiée à l'évaluation en ligne et aux conférences sur Internet, il est plus facile de s'entraîner en conditions réelles.

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