1. Sciences po : 10 conseils pour réussir votre entrée en master
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Sciences po : 10 conseils pour réussir votre entrée en master

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Il est recommandé de restreindre son choix sur les masters visés, quitte à ne qu'un seul concours. Dans les jardins de Sciences po, à Paris. // © Raphaëlle Orenbuch
Il est recommandé de restreindre son choix sur les masters visés, quitte à ne qu'un seul concours. Dans les jardins de Sciences po, à Paris. // © Raphaëlle Orenbuch

Un accès en quatrième année est possible dans la majorité des IEP (instituts d’études politiques). La condition : avoir validé trois années d’études ou 180 ECTS. Quelle filière suivre au préalable ? Comment muscler son dossier de candidature ? Nos conseils pour maximiser vos chances d'être sélectionné, à Paris comme en région.

1. Affichez un parcours cohérent

Aucune filière n'est privilégiée. "Nos candidats sont issus de tout ce que l'on peut imaginer en sciences sociales ou humaines : philosophie, histoire, science politique, anthropologie, etc.", expose Anne Gaudin, directrice des études à Sciences po Bordeaux.

Ce qui importe, c'est la cohérence de votre parcours. "Candidater au master carrières judiciaires et juridiques après une licence de géographie et un stage chez un avocat, pourquoi pas ? Les instituts ne sont pas fermés à l'idée d'une rupture si l'étudiant est capable de la justifier", poursuit Laurent Berthet, directeur de la prépa Climax.

2. Pas d'inquiétude si vous n'êtes pas passé par la case khâgne

La classe préparatoire (suivie d'une troisième année de licence par exemple) n'est pas forcément un préalable incontournable pour intégrer un IEP au niveau master. "C'est un parcours très théorique et les étudiants manquent d'ancrage avec la réalité, faute d'avoir pu effectuer un stage ou d'être partis à l'étranger", observe François Benchendikh, directeur adjoint, directeur des études et de la scolarité à Sciences po Lille.

À lire aussi : Les IEP de région au banc d’essai

L'institut lillois a un accès spécifique pour les khâgneux en quatrième année. Cependant, si ces derniers représentent entre un tiers et la moitié des admissibles grâce à la grande qualité de leurs dissertations, ils peinent souvent à sortir du lot à l'oral.

3. Multipliez les expériences

Rejoindre un IEP au niveau master sous-entend de s'intégrer dans une promotion où règne déjà un esprit de cohorte. "C'est la raison pour laquelle nous privilégions les candidats qui pratiquent un sport, sont investis dans une association, ont un engagement politique ou ont vécu une expérience à l'étranger. On recherche une ouverture d'esprit assez similaire à celles des étudiants de Sciences po", confie le directeur des études et de la scolarité à Sciences po Lille.

4. Élaborez un dossier “vrai”

Pour la phase d'admissibilité, la note du dossier de candidature compte autant que la note des épreuves écrites. Une étape à ne pas négliger ! Antoine, reçu à Paris après un double diplôme entre Paris 2-Assas et Oxford, a consacré beaucoup de temps à sa lettre de motivation. "J'ai expliqué en quoi Sciences po allait m'aider dans mon projet de devenir avocat et ce que mon profil allait apporter à l'IEP. J'ai beaucoup insisté sur leurs méthodes de travail proches de la méthode anglo-saxonne que j'avais découverte à Oxford. Et j'ai écrit simplement, sans essayer de trouver un style littéraire, en privilégiant les paragraphes courts. Je pense que ça a plu au jury."

Écueils à éviter : les éléments de prétention ("je vise l'ENA"), l'incohérence ou l'imprécision dans les propos. "Il faut montrer que l'on s'est bien renseigné sur la formation et qu'elle est intégrée dans un projet professionnel", résume François Benchendikh, de Sciences po Lille.

5. Ne sous-estimez pas l'importance des langues

Quel que soit l'institut que vous visez, les langues sont incontournables. Vous devez avoir un niveau suffisant pour rejoindre des étudiants qui ont parfois suivi des cours en langue étrangère et ont tous passé une année complète à l'étranger.

Vous pouvez enrichir votre vocabulaire en lisant la presse internationale, mais l'idéal, selon Anne Gaudin, de Sciences po Bordeaux, est de partir à l'étranger en licence 3, dans le cadre d'un échange académique. "Cela permet de se débarrasser des complexes. Et de façon générale, on préfèrera toujours l'étudiant qui construit une réflexion avec des erreurs plutôt que celui qui ne fait aucune erreur mais s'en tient à des propos basiques."

6. Devenez incollable sur l'actualité

La méthode d'Antoine, qui a réussi à intégrer l'école de droit de Sciences po Paris, est infaillible : "J'allais tous les soirs sur Google Actualités et je rédigeais des petites fiches. Cela m'a permis d'établir un calendrier des gros sujets." Sans oublier de suivre de près l'actualité de la majeure que vous visez.

En outre, ne vous contentez pas de lire la presse française, intéressez-vous aussi aux médias internationaux. "Il est utile de lire la presse anglo-saxonne ou la presse sud-américaine et espagnole pour ceux qui étudient l'espagnol, souligne la directrice des études de Sciences po Bordeaux. Surtout ne pas se limiter à la lecture de ‘Courrier international’."

7. Préparez la note de synthèse avec les annales

À chaque IEP, son épreuve écrite. Si les établissements de région prévoient une dissertation classique ou accompagnée d'un dossier thématisé, Paris vous départage sur la redoutable note de synthèse. Pas d'improvisation possible avec cet exercice !

"Pour m'entraîner à la note de synthèse, j'ai regardé les annales et les rapports de jury mis en ligne sur le site de Sciences po après les épreuves. Ça permet de comprendre leurs attentes, confie Antoine." Difficulté principale : "C'est une épreuve commune à tous les masters, donc il faut se contraindre, souligne Antoine. J'ai attendu l'oral pour montrer mes connaissances juridiques."

8. Relisez bien votre lettre de motivation avant l'oral

Après les épreuves écrites, rien n'est gagné. Pendant 20 à 30 minutes, un jury va vous cuisiner sur votre parcours, votre motivation, votre culture générale et votre connaissance du domaine visé. "L'oral est directement lié à la lettre de motivation, donc plus elle est maîtrisée, mieux ça se passera", certifie Laurent Berthet.

"J'ai eu des questions assez politiques, ajoute l'étudiant reçu à Sciences po Paris. Y a-t-il une opposition ferme au gouvernement actuellement ? Qui sera au second tour de l'élection présidentielle en 2017 ? Il faut faire un état des lieux sans tomber dans le piège de donner son avis politique. "Attendez-vous également à une question sur l'actualité de l'institut. "On m'a demandé à quel événement j'aurais aimé assister, reprend l'étudiant en droit. J'ai cité la venue de la garde des Sceaux, madame Taubira, à l'époque."

9. Ne vous éparpillez pas dans les concours

Chaque IEP organise son propre examen d'entrée en quatrième année, à l'exception de Rennes, Saint-Germain-en-Laye et Strasbourg. 7 concours, donc 7 épreuves différentes : réfléchissez bien à la stratégie à adopter.

"Les candidats sont autorisés à repasser la quasi-totalité de ces concours l'année suivante, remarque le directeur de la prépa Climax. Je leur recommande de se resserrer sur les masters qui les intéressent le plus à bac+3, quitte à n'en passer qu'un, et de cibler éventuellement plus large à bac+4. Autrement, il y a un risque de dispersion."

10. Prépa privée ? Éventuellement pour Sciences po Paris

Certains établissements privés proposent des formations courtes pour préparer l'accès en quatrième année, en particulier à Sciences po Paris. "La note de synthèse à la sauce Sciences po est une épreuve spécifique qu'il faut bien préparer sur le plan méthodologique, estime Laurent Berthet. Si on a la chance de suivre un cours de méthode avec un concours blanc, c'est un atout, car ceux qui n'y sont pas préparés ont beaucoup de mal à finir l'épreuve dans le temps imparti."

Pour les autres IEP, l'épreuve écrite est plus classique et mieux maîtrisée par les candidats. "On a essayé de penser les épreuves sans besoin de prépa", confirme Anne Gaudin, directrice des études à Sciences po Bordeaux. Si certains d'entre vous seront rassurés de recevoir les conseils d'un coach pour préparer l'oral, gardez en tête que c'est peut-être votre naturel qui fera la différence le jour J !

Éric Cobast : “Les maîtres mots de l'oral : cohérence et singularité”

Depuis plusieurs années, Éric Cobast, agrégé de lettres et professeur de culture générale, prodigue ses conseils sur son blog "Réussir Sciences po". Voici quelques-unes de ses préconisations pour bien préparer votre entrée dans l'un des masters des IEP.

Prendre la préparation à l'examen très au sérieux car si la procédure est très allégée à l'écrit, l'ensemble obéit à des exigences très précises.
Ne pas négliger le détail de la constitution du dossier, ce dernier est une pièce maîtresse dans la procédure d'admission (notamment la lettre de motivation).
S'entraîner à la synthèse avec précision. Cette synthèse ne ressemble pas nécessairement à celles que vous avez peut-être pratiquées dans le cadre d'autres concours. Elle obéit à des règles très strictes et tend plutôt à la dissertation qui prendrait appui sur des documents (mais pas seulement).
Surtout ne pas oublier la langue vivante : une certification assez élevée est requise au moment d'intégrer.
Quant à l'oral, il interroge pour l'essentiel la cohérence de votre projet. Les maîtres mots sont : cohérence et singularité. La cohérence : pourquoi se présenter à cette sélection ? Pour un master en particulier auquel vous êtes attaché et que seul Sciences po propose. Quant à la singularité, ce sera celle que votre lettre laissera paraître. Il faut absolument convaincre le jury que votre présence à l'IEP est nécessaire, qu'il ne s'agit pas d'un conformisme ou d'un ultime réflexe pour sauver un parcours universitaire jusque là décevant.