1. Les organismes de soutien scolaire sont-ils sérieux ?

Les organismes de soutien scolaire sont-ils sérieux ?

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Les organismes de soutien scolaire profiteraient de l’angoisse des parents pour vendre des services de piètre qualité. Faut-il être toujours sévère avec les officines privées? Difficile d’être catégorique, dans la négative comme dans l’affirmative. Une chose est sûre, seuls les organismes les plus exigeants en termes de qualité arriveront à se maintenir sur un marché devenu ultraconcurrentiel.

Le professionnalisme des intervenants est un critère fondamental pour juger de la qualité d’un organisme, même s’il reste à définir ce que l’on met derrière la notion même de "professionnalisme". Beaucoup d’organismes entretiennent la confusion en assurant que leurs équipes sont formées de "professionnels de l’enseignement" et d’"enseignants de qualité". Autant de formulations vagues qui mériteraient d’être complétées et validées par des diplômes effectifs et de réelles expériences professionnelles. Autre similitude troublante : des photos promotionnelles sur les sites Internet des organismes sont pour ainsi dire identiques. Ce sont, pour la plupart, des clichés tirés de banques d’images : les "profs" sont tous jeunes, beaux, blancs, souriants... Mais qu'est-ce qui se cache vraiment derrière cette image uniforme vendue sur papier glacé ?

"Ces dernières années, les parents sont devenus beaucoup plus exigeants et veulent désormais des intervenants qualifiés. Par réaction, notre niveau de professionnalisme s’est accru. On vérifie les compétences et les diplômes, on leur fait passer des tests de niveau. Sur l’année, nous faisons tourner plus de 2000 intervenants, qui, en moyenne, suivent 5 enfants", assure Nicolas Vauvillier, PDG de Keepschool. Pour faire face au fort turn-over dans les équipes, les organismes doivent fréquemment recruter en grande quantité des intervenants (une dizaine en moyenne par mois pour les plus gros organismes) et souvent dans l’urgence.

Bac+3 : le minimum pour enseigner

Pour postuler, il suffit d’avoir un diplôme de niveau bac+3 validé. C’est, de toute façon, le niveau minimal requis pour pouvoir passer les concours d’enseignement, ce que ne manquent pas de souligner tous les organismes. Si le fait d’avoir une licence ne présage en rien des qualités pédagogiques d’un étudiant, il garantit malgré tout un niveau minimal de connaissances. Ce qui n’empêche nullement chacun des organismes de défendre, comme il le peut, sa ligne de conduite : "Le métier du soutien scolaire n’a rien à voir avec celui d’enseignant, assure-t-on chez Complétude. L’élève s’identifie plus aisément à un étudiant qu’à un professeur, car il se sent plus proche de lui."

Certains organismes promettent des niveaux de recrutement plus élevés : niveau master ou doctorat et professeurs de l’Éducation nationale en exercice ou retraités. Les intervenants sont alors plus âgés et plus expérimentés. Chez les Cours Legendre, qui assurent recruter à niveau master minimal, la moyenne d’âge des professeurs s’élève ainsi à 35 ans.

Alors, professeur ou pas ?

Souvent, les plaquettes publicitaires des organismes (et les sites Web) communiquent assez ouvertement sur les profils scolaires (et professionnels) de leurs intervenants. Mais il ne faut pas hésiter à demander des renseignements supplémentaires et à interroger des connaissances qui auraient pu avoir recours à un organisme – même si tirer une loi générale d’un cas particulier est toujours périlleux, l’exemple ayant été concluant ou non. On peut seulement dire que, dans la grande majorité des cas, ceux qui sont appelés "professeurs" par les organismes n’ont reçu aucune formation particulière pour l’être.

En savoir plus :
L'annuaire en ligne des organismes de soutien scolaire.
Les cours de soutien scolaire sur Internet : comment ça marche ?
Bien utiliser les cours de soutien.
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Frédérique Letourneux
Sommaire du dossier
Comment recrutent les organismes ? Comment juger que le professeur est « bon » ou pas ?