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Témoignage

Partiels annulés ou reportés : comment les étudiants s’organisent

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Blocage de l'Université Lumière - Lyon 2 de Bron. // © Laurent Cerino/REA
Blocage de l'Université Lumière - Lyon 2 de Bron. // © Laurent Cerino/REA

À Nanterre, Paris 1, Montpellier 3 ou Lyon 2, l’organisation des partiels du deuxième semestre est perturbée par la mobilisation étudiante contre la loi ORE. Mallaury, Clara, Adela, Derrick, Margot et Louise racontent comment cela se passe dans leurs facs.

Délocalisation de partiels, annulation ou report d’examens, devoirs à la maison… Le mouvement étudiant contre la loi ORE (Orientation et réussite des étudiants) oblige les universités à revoir les modalités de contrôle des connaissances. Au-delà des galères que la situation peut engendrer, les étudiants, qu’ils soient pro ou anti blocage, reprochent dans l’ensemble à leurs universités un manque de communication.

Mallaury, étudiante en L3 de psychologie à l’université de Nanterre

"Chaque UFR a voté pour savoir comment passer les partiels : par Internet, en devoirs maisons ou en amphis… Nous, en psycho, on ne pouvait pas le faire par QCM, ça n’avait aucun sens ! Nous n’avons su que lundi 7 que nous aurions à passer des partiels vendredi et samedi, et seulement mercredi que les examens étaient délocalisés à Arcueil. J’avais mon partiel de neuropsychologie vendredi 11 mai à 9 h, et nous avons appris que les partiels étaient officiellement annulés seulement à 11 h grâce à un tweet du président de la fac, relayé par mégaphone… Et nous ne savons toujours pas si nos partiels seront totalement annulés ou seulement reportés… On a envoyé des messages à nos profs, personne n’a répondu. Les profs non plus ne savent pas ce qui va se passer, si ça va être une année blanche. Tout tombe au compte-goutte, on n’a aucune info… ce n’est pas des conditions pour passer des examens."

Clara, 21 ans, étudiante en L3 d’histoire à Toulouse Jean-Jaurès

"La fac est bloquée depuis mars, on n’a pu avoir que quatre ou cinq semaines de cours au deuxième trimestre. Certains de mes profs nous ont fait travailler sur des bibliographies, certains ont mis les cours en ligne sur une plate-forme… Heureusement, on a été bien informés de ce qui se passait : toutes les semaines, l’administrateur provisoire a envoyé un communiqué pour nous tenir au courant de l’évolution de la situation. Comme la fac vient d’être débloquée, on va pouvoir passer nos partiels en amphi. Le temps a été abaissé (2 heures d’épreuve au lieu de 4), certains profs ont rajouté des oraux ou mis un coefficient plus important sur des dossiers à rendre… ça permet de compenser le fait qu’il nous ait manqué beaucoup de cours ! Le plus gros problème, c’est que les partiels ont été reculés d’un mois… Les étudiants Erasmus n’ont pas pu déposer leurs dossiers, ceux qui avaient prévu un job ou un stage doivent aussi trouver une solution… Maintenant il va falloir que tout le monde se réorganise."

Adela, 20 ans, étudiante en L1 d’histoire de l’art et archéologie à l’université Paul-Valéry (Montpellier)

"Le blocage illimité de la fac a été voté en AG. Du coup, on n’a eu que deux ou trois semaines de cours pendant le semestre… C’était évident dès le début qu’on ne pourrait pas passer les partiels en amphis, donc on nous les a fait passer par Internet. Plutôt que des questions de cours, c’était des dissert et des questions de réflexion sur ce qu’on avait vu pendant les trois semaines de cours. Internet, c’était une bonne idée. Ça nous a permis de passer nos exams de fin de semestre et d’éviter le stress de savoir si oui ou non on nous donnerait notre année. Le problème, c’est qu’il y a eu des pannes de serveurs pendant les épreuves, apparemment les appareils ont été sabotés. Mais on a quand même pu composer."

Lire aussi : Blocage des universités : quel impact sur vos examens ?

Derrick, 20 ans, étudiant en licence de cinéma à Lyon 2

"J’ai plusieurs partiels de TD (travaux dirigés) et de cours magistraux qui se sont transformés en DM (devoir maison) à la dernière minute. Les DS (devoir sur table) n’ont pas eu lieu à cause des blocages. On a eu un dossier de huit pages à rendre en quatre jours, c’était vraiment compliqué. Parfois on n’est même pas prévenus par mail que des DM tombent. Je dois encore faire un dossier pour demain, je n’en suis qu’au brouillon. Des étudiants se sont plaints par mail des délais trop courts. Certains enseignants indulgents nous ont laissé des délais supplémentaires. On a également tenté d’obtenir de tout rendre en DM, mais ça nous a été refusé. C’est le flou complet, la présidente de l’université va probablement envoyer un mail pour annoncer l’annulation de nouveaux partiels. Je suis dans l’attente. J’essaie de réviser comme si les partiels n’étaient pas annulés, comme ça, je fais ce qu’il faut pour assurer s’ils sont maintenus."

Margot, 19 ans, étudiante en deuxième année de licence à Paris 1 Panthéon-Sorbonne

"Trois de mes partiels ont déjà été reportés. Plusieurs étudiants sont embarrassés car ils doivent partir en stage ou ont pris des billets d’avion pour les vacances. On a aucune information officielle. Il y a même des éléments qui paraissent dans la presse, mais nous n’entendons pas parler de ces informations en interne, même pas par mail. Plusieurs partiels ont été déplacés à Rungis pendant les jours de grève des transports, j’ai des amis qui ont mis quatre heures pour se rendre à leur examen. C’est la galère ! J'essaye de réviser régulièrement mais c’est difficile de se remettre dans le bain, on a terminé les cours depuis un moment maintenant. En plus l’ambiance sur l’université est tendue, maintenant ce sont les CRS qui contrôlent nos cartes d’étudiant à l’entrée. C’est un environnement de travail très stressant."

Louise, 19 ans, étudiante en L1 histoire à Rennes 2

"La fac a été débloquée lundi 14 mai au matin, ce qui était plutôt imprévu. Mais je pense qu’elle sera sans doute rebloquée d’ici jeudi. Nous devions finir nos partiels le 5 mai mais avec le blocage, notre nouvelle sessions d’examens devrait se terminait le 25 mai. Nos examens ont été transformés en intégralité en devoirs à la maison. Il fallait s’inscrire mais je pensais que la fac allait continuer d’être bloquée, et je ne me suis pas inscrite à la session de devoirs à la maison. Je ne sais donc pas si je vais pouvoir être évaluée cette année. Pour passer nos examens en devoirs à la maison, il suffisait d’envoyer un mail à notre directeur d’UFR en attestant sur l’honneur qu’on ne pouvait être présent à la session d’examen. Nos diplômes n’auront pas la même valeur, car si l'on a accès à tous nos cours pour les examens, ça n’a pas beaucoup de sens ! Si la fac est rebloquée, on ne sait pas ce qui va se passer, nos examens pourraient être décalés à septembre."