Ils ont constitué une association qui active des communautés de chômeurs

Par Isabelle Maradan, publié le 12 Janvier 2016
3 min

L’association Activ’action, lancée en juin 2014, à Strasbourg (67), crée “des communautés de personnes en recherche d’emploi” et propose des ateliers dédiés à des jeux.

"Quand on est au chômage, on n'est pas qu'un chômeur", s'insurge Émilie, 27 ans, cofondatrice, avec Fabien, 29 ans, de l'association Activ'action, lancée en juin 2014, à Strasbourg (67). Celle-ci crée "des communautés de personnes en recherche d'emploi" et propose des ateliers dédiés à des jeux. "Le but n'est pas que les gens retrouvent un emploi, mais qu'ils reprennent confiance", insiste Émilie, diplômée d'une licence LEA (langues étrangères appliquées).

L'expérience douloureuse du chômage, c'est du vécu, pour elle comme pour Fabien, titulaire d'un BTS (brevet de technicien supérieur) en communication. Émilie l'a rencontré pendant son service civique chez Unis-Cité, en 2010. "Au chômage, on vivait mal les stéréotypes qui collent aux chômeurs. On n'était pas des jeunes qui ne voulaient pas bosser", se souvient la jeune femme.

Présents dans 12 villes

À la fin 2014, l'association intègre la première promo du SenseCube, incubateur de start-up sociales qui se lancent. L'occasion pour eux d'être accompagnés, mais aussi de créer une communauté et de mettre un coup d'accélérateur sur le digital, les deux points forts du SenseCube.

La troisième cofondatrice rejoint alors l'équipe. Il s'agit de Pauline, habitant à Paris et diplômée de l'EM Grenoble (école de commerce). Dans 12 villes de France, ainsi qu'à Bruxelles, au Bénin et même à Singapour, il existe aujourd'hui des communautés Activ'action. "On a commencé à animer les ateliers seuls, à Strasbourg. Maintenant, on forme les chômeurs volontaires – via Skype pour les plus éloignés – à créer une communauté et à animer des ateliers", explique Émilie.

Activ'action est désormais suivie par Antropia, l'incubateur d'entreprises sociales de l'ESSEC. L'association propose, depuis peu, des prestations à des structures d'accompagnement sociales : des ateliers développés à partir de l'expertise de terrain de ses cofondateurs. Ce modèle semi-marchand lui permet de salarier Pauline en décembre 2015.

Fabien a trouvé un emploi, mais reste bénévole occasionnel. Et Émilie, qui s'y investit à nouveau à temps plein, après avoir dirigé une association d'insertion, devrait également être salariée en mars 2016. "J'ai toujours voulu avoir une activité qui ait un impact social. Le travail, on y passe 80 % de son temps, alors il vaut mieux s'y sentir bien."

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