Elle organise des balades urbaines alliant tourisme, culture et réinsertion

Par Isabelle Maradan, publié le 12 Janvier 2016
2 min

“Redonner confiance en soi à des personnes éloignées de l’emploi” : tel est le principal objectif de l’association L’Alternative urbaine, fondée par Selma, 26 ans.

Avec L'Alternative urbaine, Selma a imaginé un dispositif original : former les bénéficiaires de l'association à devenir "éclaireurs", c'est-à-dire guides de balades urbaines. L'objectif n'est pas de former des professionnels, mais de permettre aux participants de "reconquérir l'estime de soi nécessaire pour se donner un projet, reprendre la voie d'une formation ou retrouver un emploi", insiste la fondatrice.

Des ateliers d'expression corporelle

La formation dure 3 mois, à raison de 1 ou 2 séances par semaine. "Les bénéficiaires n'ont pas du tout l'habitude de prendre la parole de cette manière. Pour être plus à l'aise, ils participent à des ateliers d'expression corporelle, de théâtre ou encore à un travail sur la prise de parole en public", détaille la jeune femme. Les "éclaireurs" formés se remettent ensuite au travail à raison de petits contrats de 2 balades au minimum par semaine pour des touristes ou pour des groupes constitués par des entreprises clientes.

Amandine Mutin, chargée d'insertion de l'association, accompagne les "éclaireurs" dans la définition de leur projet professionnel. "On propose non seulement des ateliers collectifs et individuels, mais aussi des sorties au musée, au théâtre, pour prendre la personne dans sa globalité", insiste Selma.

3 personnes ont retrouvé un emploi

Titulaire d'un master de tourisme solidaire à l'université de Barcelone en 2012 et fille de travailleurs sociaux, Selma a eu l'idée de L'Alternative urbaine en parlant aux gens les plus éloignés de l'emploi, lors des maraudes au sein de l'association UNITED. SenseCube, incubateur de start-up sociales, a accompagné le développement de son projet pendant 6 mois, en 2014.

Essaimer le concept est l'une des ambitions de Selma. Cela devrait être prochainement le cas à Lyon et il pourrait s'exporter de l'autre côté de la Méditerranée dans les 2 ans à venir. "Avec des porteurs de projets locaux pour s'adapter aux spécificités de chaque cité", prévient-elle. Sur 4 éclaireurs passés par L'Alternative urbaine, 3 ont retrouvé un emploi et un quatrième est en formation pour devenir moniteur-éducateur.

En 2016, 6 nouveaux bénéficiaires, adressés par des associations partenaires, devraient trouver leur voie en ouvrant celle des autres du côté de Belleville ou de Ménilmontant, deux quartiers du XXe arrondissement à Paris.

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