1. Combien gagnent les geeks ?

Combien gagnent les geeks ?

Envoyer cet article à un ami
Très recherchés par les entreprises, les geeks perçoivent des salaires élevés dès leur sortie de l'école. // © Fotolia
Très recherchés par les entreprises, les geeks perçoivent des salaires élevés dès leur sortie de l'école. // © Fotolia

Développeur Java, designer UX/UI, growth hacker... Combien ça rapporte ? Urban Linker, un cabinet de recrutement spécialisé dans les métiers du digital, a publié une étude sur les salaires de ces techniciens du Web en septembre 2015. Être geek peut rapporter gros !

De 30.000 à 50.000 € annuels, brut : c'est l'éventail des rémunérations en début de carrière des techniciens du Web – les fameux "geeks" – selon l'enquête sur les salaires publiée en septembre 2015 par Urban Linker, un jeune cabinet conseil en recrutement spécialisé sur les métiers du digital.

Les entreprises n'hésitent pas à mettre le prix tant le marché des talents est actuellement en tension. Urban Linker a ainsi analysé 300 recrutements en CDI (contrat à durée indéterminée) de "geeks" réalisés en Île-de-France entre juin 2014 et juin 2015. Verdict : même sans grande expérience, un débutant touchera, brut, au minimum 30.000 € annuels. C'est le salaire plancher d'un développeur PHP, une technologie aujourd'hui banalisée.

Growth hacker : un métier en pleine croissance

Pour gagner plus, les candidats devront être des experts de structures de logiciels ("framework") comme Zen2 et Symfony. "Ce sont deux certifications très recherchées en ce moment", affirme Stéphane Boukris directeur d'Ametix, un cabinet de conseil en recrutement sur les métiers du Web.

Celui de growth hacker a le vent en poupe : "Le nombre d'offres d'emploi est en forte hausse", relève Amaury Perrier, du cabinet Urban Linker. Le job de ce "chasseur de croissance" ? "Permettre aux start-up d'optimiser leur produit et leur croissance grâce à des techniques de marketing innovantes via l'analyse de données". Le  candidat ou la candidate débutant(e) à un poste de growth hacker peut prétendre à un salaire annuel compris entre 32.000 et 38.000 €. Un technicien confirmé peut exiger de 6.000 à 7.000 € de plus.

Wanted : compétences en appli mobiles et webdesign

Si vous maîtrisez les compétences de développeur pour mobile, votre rémunération s'envolera encore. L'enquête salariale Urban Linker note une hausse de 7 % sur 1 an de la rémunération pour ce type de profil, mais surtout pour les geeks expérimentés (plus de 4 ans d'expérience). Un développeur d'applications pour mobile débute sa carrière entre 32.000 et 45.000 € et peut rapidement prétendre à une fourchette comprise entre 42.000 et 52.000 €. 

Autre profil qui connaît une hausse de sa rémunération (+ 4 %) : les experts de la technologie Ruby, très rares mais très demandés sur le marché. Enfin, les web designers spécialisés en expérience utilisateur et en interface (designers UX et UI) ont également le vent en poupe, portés par l'essor des objets connectés et l'explosion de l'usage des smartphones. Leur savoir-faire pour faciliter et simplifier l'expérience de l'utilisateur se monnaye entre 32.000 et 47.000 € pour des débutants.

Big data, big money

Mais les geeks qui décrochent la timbale côté rémunération sont les data scientists. Les salaires bruts de ces pros du big data demeurent les plus élevés, à 46.000  en moyenne pour les juniors (moins de 2 ans d'expérience). Avec un peu plus d'expérience, leurs perspectives de gains sont encore plus juteuses : un data scientist confirmé (4 à 6 ans d'expérience) peut prétendre à un salaire brut annuel de 50.000 à 60.000 €, un senior jusqu'à 90.000 € ! "Ces hauts salaires s'expliquent en grande partie parce que la majorité des data scientists sortent d'écoles d'ingénieurs", remarque Stéphane Boukris. Leurs compétences en analyse prédictive, très recherchées actuellement par les entreprises, expliquent aussi l'envol des rémunérations.

Le numérique double ses recrutements sur 1 an
Les ESN (entreprises de services numériques) ont créé 12.000 emplois nets en 2014, soit un quasi-doublement sur 1 an, selon les chiffres de Syntec numérique, le syndicat professionnel du secteur. Elles ont procédé à plus de 35.000 recrutements, pour l'immense majorité en CDI (93,7 %). Plus des deux tiers (68,9 %) des salariés du secteur bénéficient du statut de cadre. La rémunération moyenne annuelle brute (pour un emploi à temps plein) atteint 48.300 €.

"Calculez votre valeur sur le marché"
Amétix, une société spécialisée en conseil en recrutement et assistance technique sur les métiers du Web, lance un site gratuit, CombienJeMerite.com, pour estimer sa valeur de geek. Interview de Stéphane Boukris, cofondateur et directeur de la société.

Manque-t-on toujours de geeks en France ?

Oui. Il y a toujours un déséquilibre entre l'offre et la demande pour les profils techniques. On manque de développeurs. Par conséquent, nous constatons une inflation des salaires.

La création d'écoles du code à l'initiative d'entrepreneurs à succès du Web n'enraye-t-elle pas le phénomène ?
Non, malgré l'initiative de Xavier Niel, la demande continue de croître de manière géométrique quand l'offre de développeurs progresse de manière arithmétique. Et puis les jeunes formés à l'école 42 arriveront seulement sur le marché en 2016.

Où précisément constatez-vous des pénuries de profils ?

Nous manquons de designers UX-UI, c'est-à-dire de ces ergonomes de l'expérience utilisateur et interface. On manque aussi de développeurs Ruby ou Python, deux langages très recherchés actuellement. Une cinquantaine de clients nous demandent également des développeurs PHP spécialisés en Dot.net, une technologie propriété de Microsoft.

Pourquoi lancez-vous un site CombienJeMérite.com ?
Les diplomés d'écoles d'ingénieurs connaissent très bien leur valeur sur le marché. Ceux qui ont un BTS ou un DUT comme bagage académique, voire sont de purs autodidactes, beaucoup moins. Idem s'ils n'ont qu'une seule expérience professionnelle dans une petite structure. Le site permet à chacun d'envoyer son CV et de recevoir 48 heures plus tard l'avis d'un expert en ressources humaines.