Simon Istolainen, 26 ans, ex-fondateur de My Major Company et créateur de PeopleForCinema : "La clé, c'est la qualité du produit"

publié le 21 May 2007
4 min

À l'âge où certains se cherchent encore, eux sont devenus patrons. À moins de 30 ans, ils ont les yeux rivés sur leur budget et brassent plusieurs millions d'euros de chiffre d'affaires. Autodidactes ou diplômés, ils ont su flairer l'idée qui a fait mouche. Zoom sur 5 "e-réussites".

Ce diplômé en langues orientales (en anthropologie selon le papier 1), major de sa promo, a connu le succès avec l'ascension du label communautaire My Major Company. Parti de MMC début 2009, alors que le chiffre d’affaires atteignait près de 4 millions d’euros, ce touche-à-tout, qui a joué un temps les journalistes, a réinvesti une partie de ses gains dans une nouvelle aventure, tournée cette fois-ci vers le septième art : PeopleForCinema (financement cinématographique sur Internet, 500.000 € de chiffre d’affaires en 2010, 7 salariés).

Simon IstolainenD'où est venue l'idée ?
Je voulais dupliquer le concept de My Major Company – que j'ai cofondé avec Michael Goldman en 2007 dans le domaine musical – au cinéma. À l'époque, en 2007, je faisais de la veille sur Internet pour une agence de publicité et je découvre aux États-Unis un site de mécénat pour jeunes artistes. J'étais comme un fou, persuadé que c'était l'idée du siècle ! J'appelle Michael, en 20 secondes, on trouve le nom de l'entreprise. Le lendemain, je démissionnais. PeopleForCinema fonctionne sur le même principe que My Major, à la différence que les internautes cofinancent la diffusion d'un film, et non pas la production d'un album. Dès la 1ère place vendue, ils empochent un pourcentage sur les revenus du distributeur. Sur les 15 longs-métrages proposés sur le site, 10 sont sortis, dont Le Bruit des glaçons de Bertrand Blier. D'autres, comme Les Émotifs anonymes, avec Isabelle Carré et Benoît Poelvoorde, ou Nowhere Boy seront bientôt sur les écrans. En un an, le site, qui compte 17.000 membres, a collecté 500.000 € de fonds.

Quand avez-vous compris que ça pouvait marcher ?
Il y a une part d'intuition, d'air du temps que l'on ressent, et d'irrationalité. De plus en plus de talents de la musique émergent sur la Toile (Kamini, Koxie, Grégoire, Joyce Jonathan…), et les internautes ne sont plus réticents à l'idée d'investir des fonds sur la Toile. Mais la clé, c'est la qualité du produit. Entre un film avec un beau casting et une belle histoire, et un autre réalisé à la va-vite, les spectateurs font vite la différence. Qu'UGC nous fasse confiance en diffusant notre offre à ses 700.000 abonnés, ça prouve aussi que l'on ne fait pas fausse route.

Ça fait quoi d'être un patron qui réussit ?
Soyons modeste : c'est une réussite à la française ! Rien à voir avec la success-story à l'américaine ! Notre pays est encore trop frileux pour faire éclore des Facebook made in France. Les sommes engrangées sont plus modestes. Tant que l'affaire ne génère pas assez de chiffre, vous ne pouvez pas plomber la boîte avec votre salaire. Celui-ci doit être proportionnel à l'argent gagné, et mieux vaut éviter de brûler la trésorerie en week-ends, en notes de frais… J'ai certes gagné 1 million d'euros en revendant ma part dans My Major Company. Mais je l'ai réinvesti dans d'autres start-up et ma nouvelle affaire. Ma liberté d'entrepreneur n'a pas de prix…

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Propos recueillis par Emmanuelle Souffi
Novembre 2010

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