"Comment j’ai surmonté mes premières galères"

publié le 21 May 2007
4 min

Peut-être parce qu’il a trop lu "Les 3 petits cochons" quand il était petit, Eddy Fruchard, devenu grand, a choisi de monter une entreprise de construction de maisons en bois et en paille. Mais les maisons d’Eddy, elles, sont solides ! Et son entreprise aussi puisque 3 ans après sa création, elle compte déjà 6 salariés.

Fruchard Dynamique et volontaire, Eddy n’est pas du genre à s’appesantir sur ses galères d’entrepreneur, mais reconnaît qu’il en a déjà connues pas mal : "Entre les litiges, toujours difficiles à gérer, et les clients qui ont parfois du mal à payer les factures, je perds pas mal de temps et d’énergie. Mais chaque galère m’a permis de réfléchir au chemin emprunté pour éviter de le reprendre !".

Des ressources trop humaines. Au quotidien, le plus difficile pour Eddy est de gérer son personnel : "Il faut faire avec les humeurs des uns et des autres, ce n’est pas évident dans une petite entreprise. En plus, nous sommes une équipe jeune et nous avons fini par lier des liens d'amitié – et ce n’est pas évident d’être un ami et un patron en même temps".

Mais le plus difficile pour cet amoureux du bois, c’est de ne plus y toucher ou presque : "Je gère les factures, je fais les devis, je rencontre les clients et je ne monte plus sur les toits. Avec ma compagne, nous avons fait nous-mêmes notre charpente, et là c’était vraiment le bonheur !".

Un équilibre difficile à trouver. A 23 ans, Eddy est à la tête d’une entreprise qui fonctionne, et pourtant il se pose beaucoup de questions sur son avenir : "Mon souci permanent, c’est de préserver l’équilibre de mon entreprise sans perdre mon équilibre d’homme. Je me demande si je dois prendre plus de commandes pour me développer. Déjà, certains clients  sont parfois déçus d’apprendre que ne serai pas tous les jours sur leur chantier".

Fruchard Une croissance durable. Contrairement à d’autres jeunes entrepreneurs, Eddy n’est pas dans une logique de développement tout azimut de son entreprise. "Ce qui est sûr, c’est que je ne veux pas en arriver à prendre des chantiers qui ne correspondent pas à ma philosophie professionnelle : grandir et augmenter notre volume d’employés peut nous amener à perdre en relationnel avec les clients, et avec les salariés. Or les maisons que nous construisons pour nos clients sont souvent des premières maisons. Ces gens-là ne cherchent pas du clé en main, et nous développons de vraies relations de confiance avec eux. Si j’ai créé mon entreprise, c’est justement pour créer du lien humain".

Son conseil aux futurs entrepreneurs
"Avec le recul, je me rends compte qu’il faut quand même une bonne part d’inconscience pour créer son entreprise. Et puis, il faut en avoir envie, avoir le profil : un bon ouvrier ne fait pas forcément un bon patron, et l’inverse est vrai aussi ! Mais il faut être réaliste, dans nos métiers, avant de s’installer et de monter sa boite, il faut quand même maîtriser la technique".

Sandrine Chesnel
Juillet 2010

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