1. Handicap : Simon Colin customise les prothèses
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Handicap : Simon Colin customise les prothèses

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Simon propose des motifs variés pour orner les prothèses. // © A.S. Hourdeaux/U-Exist
Simon propose des motifs variés pour orner les prothèses. // © A.S. Hourdeaux/U-Exist

LES JEUNES ONT DE L'AVENIR. Pour aider les patients handicapés ou accidentés à accepter leur prothèse, Simon Colin a lancé une start-up qui customise les appareillages pour les rendre plus beaux.

Après ses études d'orthoprothésiste à Bruxelles, Simon Colin, 30 ans, exerce dans un centre de traumatologie et de rééducation. Sa mission : fabriquer des appareillages pour les patients souffrant de handicap ou victimes d'accidents.

Un jour, il imagine quelque chose de différent : une prothèse... jolie. L'idée lui vient en voyant ses patients se décomposer quand il leur apporte leur premier appareillage. Beaucoup s'effondrent. La prothèse définitive est de couleur chair pour imiter le membre perdu. Affreuse.

Comme un tatouage

Issu d'un milieu artistique – avec une mère professeure d'arts appliqués et un frère graphiste –, Simon envisage alors de lui donner un aspect plus graphique, "un peu comme du tatouage". "Dans la mesure où la prothèse est conçue pour chaque patient, pourquoi ne pas imaginer également un habillage personnalisé ?", se demande-t-il. Il rassemble alors des amis créatifs, teste l'idée et monte sa start-up en 2014.

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Depuis, son catalogue s'est étoffé : on y trouve des motifs "street art", "girly" ou "color block", sans oublier les collections "capsules". Ce motif, qu'on peut aussi commander sur mesure ou dessiner soi-même, sera imprimé directement sur l'appareillage ou sur un tissu lavable.

L'entreprise compte désormais quatre permanents et se lance sur le marché international. La raison du succès ? L'aspect graphique, bien sûr, mais également psychologique. "Afficher sa prothèse, c'est afficher son handicap et c'est l'accepter, assure Simon. Si on a de l'humour, on peut même choisir l'aspect 'jambe de bois'".