Laurence Lascary, fondatrice de DACP : sa pire galère…et son meilleur moment

publié le 21 May 2007
3 min

Elle a reçu le 17 mars 2010 le prix « Envie d’Agir » des mains de Martin Hirsch, haut commissaire à la Jeunesse. A 28 ans, Laurence Lascary est aujourd’hui à la tête de De l’autre côté du périph’, société de production audiovisuelle installée à Montreuil (93) et qui tente de lutter contre les stéréotypes et préjugés. Elle a su associer son amour du cinéma et ses convictions militantes.

« Jeune, femme et noire, avec une ambition incroyable : le pari n’était pas évident », dit-elle aujourd’hui. Même si les « handicaps » de départ qu’elle souligne en souriant, l’ont aussi, vu la nature de son projet, aidée à trouver reconnaissance et début de financement. Mais sa pire « galère » a été le casse-tête commun à tout créateur inexpérimenté : la constitution du business plan, et particulièrement la partie financière, extrêmement complexe, d’autant que son projet portait sur des biens « immatériels » : « Je ne vendais pas des pantalons… Et modéliser mon projet, faire des projections précises, rentrer dans le détail, en incluant l’embauche prévisibles de personnes aux statuts différents, intermittents ou salariés, a été très difficile pour moi. »

Le bonheur du quotidien
Au bord du découragement parfois, la tenace jeune femme a du recommencer cinq fois l’exercice, avant de présenter, au bout de six mois environ, un projet qui tient la route. « Avec la mission économique de la Ville de Sevran (93), j’ai trouvé un accompagnateur qui a vraiment cru en moi. Après d’autres rencontres nettement moins encourageantes, cela m’a énormément aidée. »

Bien entendu, le prix national Talents des cités, remis en grandes pompes au Sénat par l’épouse du président de la République, est un souvenir marquant. Mais Laurence garde la tête froide, et surtout toute axée, plus que sur les ors de la République, sur le bonheur quotidien de la réalisation de son projet. Quand on l’interroge sur son plus beau moment dans son parcours de créatrice, elle demande un temps de réflexion et choisit de faire référence à ce travail qui l’accapare toute entière. « Le moment que je préfère, c’est quand je vois les gens travailler autour d’un projet que je soutiens. Et le plus beau moment, ajoute-t-elle, est aussi à venir, quand on produira un long métrage. » Avec trois « courts » de fiction, dont un en production, et des films institutionnels, DACP est bien parti. En attendant la rencontre avec le nouveau « Scorsese » ?

Son conseil aux créateurs : « Trouver le bon accompagnement dans son projet, et ne pas baisser les bras à la première défaite ».

Dominique Perez

Articles les plus lus

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !