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Cybersécurité : des métiers pour déjouer les failles du Web

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La cybersécurité est un enjeu majeur pour les entreprises et les gouvernements : des places à prendre pour les diplômés du secteur, de bac+3 à bac+5. // © Franck CRUSIAUX/REA
La cybersécurité est un enjeu majeur pour les entreprises et les gouvernements : des places à prendre pour les diplômés du secteur, de bac+3 à bac+5. // © Franck CRUSIAUX/REA

Si la cybersécurité vous intéresse, il n'y a pas à hésiter ! Le secteur, en pleine croissance, connaît une importante pénurie de talents. Et ce à tous les niveaux de diplôme. Tour d'horizon.

Protéger les systèmes informatiques et autres bases de données numériques des risques de piratage, c'est le cœur de métier de la cybersécurité, également appelée cyberdéfense. Un secteur en plein développement, du fait de l'importance croissante du numérique dans tous les domaines d'activité et dans la vie quotidienne. Syntec numérique, syndicat professionnel des entreprises de services du numérique, indique qu'en 2016, 60 % des entreprises françaises ont augmenté leur budget dédié à la cybersécurité.

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Les dirigeants d'entreprises de sécurité informatique s'accordent sur le fait que leur secteur recrute, et qu'ils ont parfois du mal à trouver des candidats ! "Selon l'étude qu'Intel Security a fait réaliser en 2016 dans plusieurs pays d'Europe, 15 % des postes vacants en France dans le secteur ne seront toujours pas pourvus en 2020 !" explique Fabien Rech, directeur général d'Intel Security France.

Parmi les plus gros recruteurs, les entreprises de prestation de services informatiques et les ministères, en particulier ceux de l'Intérieur et de la Défense. "Plus de 2.000 personnes font partie de nos effectifs cyberdéfense, un chiffre qui a doublé en cinq ans", explique le lieutenant-colonel Hervé, responsable du pôle innovation et ressources du Comcyber, le commandement interarmées dédié à la cybersécurité. "Le ministre a également annoncé le recrutement de 2.600 'combattants numériques' d'ici à 2019, épaulés par 4.400 réservistes de la réserve de cyberdéfense", ajoute-t-il.

On recherche des ingénieurs sécurité !

Quel métier viser pour avoir le plus de chances d'être recruté ? "Le plus en tension est le poste d'ingénieur sécurité des SI [systèmes d'information], estime Raphaël Illouz, P-DG de NES. C'est le cœur de notre profession !" Le profil recherché : un bac+5 en sécurité informatique ou un diplôme d'école d'ingénieurs. Avoir suivi une formation en alternance est plébiscité, l'expérience étant un point crucial dans cette fonction stratégique pour les entreprises et les services gouvernementaux.

"On recrute aussi beaucoup d'ingénieurs avant-vente, qui conseillent les clients sur l'installation de solutions de sécurité", ajoute Fabien Rech, d'Intel Security.

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Face à la pénurie de compétences et aux enjeux pour les entreprises et les gouvernements, les postes d'ingénieur sont aujourd'hui extrêmement bien rémunérés. "Pour un débutant ou un junior, cela varie de 38.000 à 42.000 € brut par an. On peut observer ensuite des augmentations de l'ordre de 5 % par an, bien supérieures à l'indice Syntec, par exemple", poursuit Raphaël Illouz.

"En matière de rémunération, les postes dans la fonction publique ne peuvent pas tous rivaliser avec ceux du privé, explique le lieutenant-colonel Hervé. En revanche, les statuts et, surtout, certaines activités bien spécifiques confèrent à la cyberdéfense au sein du ministère de la Défense une expérience à caractère unique et exceptionnel, au service de son pays, donc par nature incomparable."

La défense, une voie particulière

De fait, travailler dans la cybersécurité au service du pays se traduit par des missions très variées (ingénierie logicielle, administration système et sécurité, sécurité des systèmes d'information, gestion des réseaux de chiffrement, veille sur les réseaux sociaux, etc.), dont certaines sont essentielles à la politique de défense, comme la lutte informatique défensive ou encore les actions offensives.

"Actuellement, nous renforçons le CALID [Centre d'analyse en lutte informatique défensive], dont la mission est de détecter et de conduire les investigations numériques liées à une attaque informatique, précise le lieutenant-colonel Hervé. Mais la montée en puissance concerne également les états-majors et les services de renseignement, ou encore des unités spécialisées au sein de la Marine nationale, de l'armée de terre et de l'armée de l'air."

Des missions qui ne supposent pas forcément d'être sous les drapeaux. "Nous recrutons sous tous les statuts, les postes créés ne sont pas limités aux militaires, poursuit le recruteur. Ceux-ci ne s'engagent pas tous pour une longue durée et peuvent opter pour des contrats courts. Il en va de même pour le personnel civil : certains seront embauchés sous le statut de fonctionnaire, et donc s'engageront dans la durée, quand d'autres, ayant des missions bien spécifiques, seront recrutés en contrat à durée déterminée."

Des places à prendre pour les bac+3

À côté des ingénieurs sécurité et avant-vente, les plus diplômés peuvent également être embauchés à des fonctions d'audit (vérification et évaluation des systèmes et des politiques de sécurité) ou de veille. La surveillance des tactiques de piratage, par définition très évolutives, ainsi que le suivi de l'actualité juridique sur la protection des données et la cybersécurité constituent des missions essentielles au secteur !

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Cependant, le bac+5 n'est pas obligatoire pour intégrer le secteur de la cybersécurité. "Les recrutements se font à tous les niveaux de diplôme. Notre étude a montré que 40 % des postes ouverts en France sont accessibles à bac+3", précise Fabien Rech, d'Intel Security. "Les postes concernent l'exploitation des systèmes de sécurité, la vente et le commercial, et aussi le design de logiciels ou encore l'intégration des solutions chez les clients." La majeure partie des entreprises compte, par exemple, des salariés qui gèrent les accès informatiques du personnel aux différents services ou interfaces de leur société… des fonctions qui relèvent aussi de la cybersécurité !

Du côté du ministère de la Défense, l'ouverture à des profils moins techniques est également de mise. "Nous recherchons aussi des personnes passionnées par le numérique au sens large (informatique, réseaux sociaux, télécommunications)", indique le lieutenant-colonel Hervé. À bon entendeur…