Emploi : les vrais chiffres de l’insertion pro des jeunes sortis du supérieur

Par Etienne Gless, publié le 21 Septembre 2022
7 min

Comment se sont insérés les 440.000 jeunes sortis - diplômés ou non - du supérieur ? Le Céreq a identifié sept trajectoires de début de carrière selon les niveaux de diplômes et spécialités de formation. Entre CDI, CDD, intérim ou chômage, l'Etudiant fait le point.

"Le diplôme ne résume pas les trajectoires d’insertion", constatent Fanette Merlin et Emmelie-Louise Wierup, chercheures au Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq). Mais une chose semble sûre, le diplôme quel qu'il soit favorise l'accès à un emploi.

Dans son enquête publiée en septembre 2022, le Céreq a identifié sept trajectoires d’insertion parmi les 440.000 jeunes diplômés ou non du supérieur de la génération 2017.

Les voies d'accès à l'emploi des jeunes passés par le supérieur

1. 38% des jeunes diplômés de 2017 accèdent à un CDI directement

C’est la voie royale : un emploi stable en CDI directement après la sortie des études supérieures. Certains diplômes permettent d'y accéder plus rapidement :
– diplôme d’école d’ingénieurs (64% des diplômés) ;
– diplôme de grande école de commerce (54%) ;
– licence professionnelle industrielle (53%) ;
– master en économie – gestion – AES (51%) ;
– master scientifique (51%) ou doctorat en santé (50%).

Ces diplômes apparaissent comme les plus favorables à une insertion professionnelle rapide et durable pour la majorité des étudiants à la sortie des études. Même si une partie de leurs titulaires connaîtront un accès à l’emploi stable plus tardif.

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2. 18% des jeunes passent par la case CDD avant d'obtenir un CDI

Appelons-le l’itinéraire bis. Dans ce parcours, l’insertion en emploi à durée indéterminée sera plus tardive. Ces diplômés sont d'abord passés par quelques mois en CDD avant de trouver un emploi plus stable en CDI. Selon la note du Céreq, c'est le cas de 24% de doctorants hors domaine de la santé, 19% de diplômés d’un BTS tertiaire ou d'un master arts ou lettres et de 12% des titulaires d’une licence générale en lettres et sciences humaines et sociales.

Les diplômés du secteur de la santé et du social mettent aussi un peu de temps avant de trouver un emploi stable (28% d’entre eux). Mais ils suivent également la troisième trajectoire faite de CDD à répétition.

3. La voie des CDD à répétition : 18% des diplômés 2017

Dans cette trajectoire dressée par le Céreq, la route de l’insertion devient plus compliquée, jalonnée d’emplois à durée déterminée plus ou moins longs avant de décrocher le Graal du CDI.

Outre les diplômés d’un bac+2/3/4 dans le domaine de la santé et du social (27%), on y retrouve une partie des jeunes docteurs quelle que soit leur spécialité ainsi que les diplômés des spécialités littéraires de l’université (22% des diplômés de licence ou de master).

"Dans l’ensemble, les diplômés de l’enseignement supérieur universitaire et notamment des spécialités langues, lettres et sciences humaines (LLSH) du supérieur long connaissent des débuts de carrière certes dominés par l’emploi mais souvent plus instables", soulignent les auteures de l’enquête.

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4. En moyenne, 5% des jeunes accèdent tardivement à l'emploi

Voie bouchée, impasse… Ici, même l’emploi à durée déterminée peut s’avérer laborieux à décrocher. Il concerne les jeunes ayant commencé des études dans l’enseignement supérieur mais qui n’ont pas été diplômés.

Ainsi, 9% des jeunes passés par la fac mais sortis sans diplôme et 6% des jeunes entrés en BTS mais qui n'ont pas fini leur formation trouvent un emploi tardivement. Mais ne sont pas épargnés non plus les diplômés de licence de langues, lettres et sciences humaines : 8% d'entre eux connaissent aussi cette difficulté d’accès à l'emploi.

5. De l’emploi au chômage : 7,5% des jeunes surtout non diplômés

Parcours encore plus galère, la sortie de route : celle qui mène des jeunes d’un emploi précaire au chômage et à l’inactivité. Loin d’être marginal, il concerne 7,5% des jeunes passés par le supérieur, soit 33.000 jeunes.

On les retrouve principalement parmi les non-diplômés de l’université (10%) ou de BTS (9%) mais aussi parmi les diplômés de licence de langues, lettres et sciences humaines (9%).

À bac +5, ce sont encore 7,5% des diplômés de master en langues, lettres et sciences humaines qui se retrouvent aux marges de l’emploi après un premier job.

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6. 9% des jeunes aux marges de l'emploi

Très exposés à ce type de parcours, 21% des jeunes sortis non diplômés de l’université et 12% non diplômés d’une formation BTS. À noter que, même diplômés, 10% des jeunes ayant un BTS tertiaire ou 11% des titulaires d’une licence LLSH se retrouvent durablement en dehors du marché du travail.

7. Le retour en formation : 5,5% des jeunes

Ici, le parcours consiste à opérer un demi-tour et à revenir en formation. Ils sont 5,5 % des sortants de l’enseignement supérieur qui reviennent en études ou en formation.

Au premier rang, on retrouve bien sûr les non-diplômés de l’université (15%). C’est encore la meilleure solution pour sortir du chômage.

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