1. Exclusif. Les jeunes pensent changer 4 fois d'emploi au cours de leur vie
Décryptage

Exclusif. Les jeunes pensent changer 4 fois d'emploi au cours de leur vie

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Les 15-25 ans constituent la tranche d'âges la plus encline à bouger. Au-delà, l'envie de mobilité s'émousse. // © Shutterstock
Les 15-25 ans constituent la tranche d'âges la plus encline à bouger. Au-delà, l'envie de mobilité s'émousse. // © Shutterstock

Si les jeunes sont conscients que le fait d'être mobile est un atout, voire une nécessité, pour leurs études comme pour leurs carrières, ils sont encore nombreux à y voir une contrainte, selon un baromètre Homebox et l'Etudiant.

"Les jeunes estiment qu'ils changeront 4 fois de travail au cours de leur vie, alors que leurs parents changeaient au maximum deux fois de poste dans leur carrière. Ils ont intégré le fait qu'ils vont devoir bouger pour réussir", analyse David Varet, directeur général délégué de Homebox, à la suite de la publication du baromètre Homebox/l'Etudiant sur la mobilité des jeunes jeudi 30 juin 2016.

Globalement, les 15/35 ans sont conscients de ce qui les attend en termes de mobilité. La mobilité recouvre plusieurs réalités. Elle peut être unique ou se produire plusieurs fois dans une vie; elle peut intervenir au cours des études, pour trouver du travail, ou encore pour partir étudier à l'étranger.

Plusieurs mobilités au cours d'une vie

Les jeunes déjà impliqués dans la vie professionnelle, âgés de 26 à 35 ans, pensent qu'ils devront changer de travail plus souvent (entre 6 à 10 fois pour 20 % d'entre eux) que l'ensemble des jeunes interrogés.

Sans surprise, les étudiants dont le niveau d'études est le plus élevé (supérieur à bac+2) estiment qu'ils auront à changer de travail 5 fois au cours de leur vie professionnelle, contre 3 fois pour les jeunes qui n'ont pas le bac.

Devoir changer de ville est complètement acquis. S'ils sont près d'un quart à imaginer vivre ou travailler (21 %) dans 4 à 5 villes, pour les études en revanche, les jeunes aimeraient plus de constance : ils sont 72 % à souhaiter étudier dans 1 à 3 villes, et 14 % d'entre eux préféreraient ne pas se déplacer du tout.

Parmi les jeunes, les étudiants sont tout de même les plus enclins à changer de région. Ils ne sont en effet qu'une très petite minorité à ne pas souhaiter changer de ville pendant leurs études (4 %).

Les jeunes aimeraient vivre ... (Baromètre Opinionway pour Homebox et l'Etudiant, 30 juin 2016)

Fait important : 85 % des répondants estiment que Paris n'est plus le passage obligé pour réussir sa scolarité. "Ce chiffre marque bien une transformation en cours de notre société, estime David Varet, de Homebox. Alors que Paris produit plus d'un quart du PIB, ce n'est plus le seul et unique centre d'excellence en France. Des parcours d'excellence sont aussi largement présents en régions. L'attractivité des métropoles françaises s'est donc renforcée."

Un atout pour réussir

Les 15/25 ans sont plus nombreux que les 26/35 ans  à considérer la mobilité comme un atout, voire un tremplin, pour réussir leurs études ou leur carrière.

Sans surprise, les répondants qui disposent du niveau d'études le plus élevé (supérieur à bac+2) sont ceux qui considèrent la mobilité comme un atout pour leur carrière, mais aussi pour réussir leurs études (81 % contre 76 % des répondants avec un niveau d'études inférieur au bac).

Baromètre Homebox/L'Etudiant (30 juin 2016)

Une contrainte, malgré tout

Les jeunes sont toutefois très partagés sur la manière dont ils vivent cette mobilité : près de la moitié la considèrent comme une contrainte (47 %). D'ailleurs, quand on leur demande de décrire leur parcours professionnel idéal, ils sont plus de la moitié à imaginer un lieu d'habitation fixe, sans trop de changements, contre 13 % qui ont la bougeotte.

Baromètre Homebox/L'Etudiant (30 juin 2016)

Une frilosité qui pourrait bien être liée à une recherche de repères. "Qu'elle soit souhaitée ou contrainte, cette mobilité est concomitante avec un désir d'ancrage, note David Varet. Le défi est d'imaginer un mode de vie moderne qui concilie ces besoins d'ancrage et de mobilité."

Bonne nouvelle toutefois : les plus jeunes (15/25 ans) sont ceux qui perçoivent la mobilité de la manière la plus positive. Ils sont 55 % à la considérer comme un souhait, contre 47 % des 26/35 ans. Une proportion qui monte à 60 % pour les élèves et les étudiants.

Quels sont les atouts d'une mobilité à l'étranger ?

Selon une étude Erasmus+, l'expérience à l'international mobilise des compétences insoupçonnées : la tolérance à l'ambiguïté (l'ouverture à de nouvelles expériences), la confiance en soi (la confiance dans ses propres compétences), la sérénité (la conscience de ses atouts et de ses faiblesses), la détermination (la capacité à prendre des décisions) et la vivacité (l'aptitude à résoudre les problèmes).

Les entreprises ne s'y trompent pas : elles sont 64 % à estimer que l'expérience internationale représente une valeur importante pour le recrutement. Autre composante essentielle : l'atout linguistique d'un séjour à l'étranger, notamment auprès des PME, qui peuvent manquer de ce type de profil bilingue.

Selon des chiffres recueillis par Erasmus+ dans une étude intitulée "Erasmus+, un atout pour l'employabilité, une force pour les entreprises" (2015)

Quelle méthodologie ? Le baromètre a été réalisée par Opinionway sur un échantillon de 1.119 personnes représentatif de la population française âgée de 15 à 35 ans. Plus de la moitié des répondants ont entre 26 et 35 ans. 50,3 % sont des hommes et 49,7 % des femmes. L'échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d'âge, du statut du répondant (actif, étudiant), de la catégorie d'agglomération et de la région de résidence. Les interviews ont été réalisées du 9 au 13 juin 2016. Les résultats de ce sondage doivent être lus en tenant compte des marges d'incertitude : 1,5 à 3 points au plus pour un échantillon de 1000 répondants.