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Témoignage

Discrimination à l'embauche : du BEP à la création de start-up, Vanelson raconte

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“On n'est jamais mieux servi que par soi-même” : Valnelson a créé sa propre start-up pour avoir un job.
“On n'est jamais mieux servi que par soi-même” : Valnelson a créé sa propre start-up pour avoir un job.

Pour faciliter son insertion professionnelle, Vanelson Valerus, 24 ans, a préféré créer sa start-up durant ses études en école de commerce. Pour ce jeune “du 95”, l'entrepreneuriat est l'aboutissement d'un parcours de réussite commencé en BEP. Témoignage.

“Beaucoup d'entreprises ne jouent pas la carte de la diversité et stagnent : la diversité intellectuelle et culturelle est nécessaire pour générer des innovations. En créant mon entreprise, je prends un risque, mais je n'ai pas à adopter les codes d'une structure déjà existante.”

“Au lycée, je voulais soit entrer à l'ENM (École nationale de la magistrature), soit devenir entrepreneur. C'est cette seconde voie que j'ai finalement choisie. Après un BEP (brevet d'études professionnelles) vente, j'ai passé mon bac STG [actuel STMG] en 2011 au lycée technologique de l'Hautil, à Jouy-le-Moutier (95). Puis j'ai intégré une classe préparatoire commerciale au lycée Alfred-Kastler de Cergy-Pontoise.”

Un coach pour réussir les concours

“C'est durant cette prépa que j'ai bénéficié des services d'un salarié de Sagemcom, qui était tuteur du réseau Passeport Avenir. Il a joué le rôle d'un coach avec un sportif de haut niveau. Le conseil le plus important qu'il m'ait donné : savoir prendre du repos durant la prépa pour être efficace. J'ai ainsi maintenu une activité sportive et les sorties ciné pour couper du rythme très intense de la prépa et mieux reprendre les cours, l'esprit reposé.”

“Ce tuteur m'a aussi entraîné aux oraux d'admission des écoles de commerce : comment me présenter, comment gérer mon débit de parole...”

Une start-up dès la première année

“Admissible dans plusieurs grandes écoles de commerce, j'ai choisi Montpellier Business School. Cette école présentait un avantage sur les autres : je pouvais y créer mon entreprise dès la première année du programme grande école. Dans le monde des start-up, tout va très vite et, si j'avais attendu 1 an avant de concrétiser mon idée, des concurrents auraient pu l'avoir à ma place. J'ai lancé mon entreprise Stud'Rent en 2015, avec le statut d'étudiant entrepreneur. Son activité : la location d'électroménager pour étudiants. J'ai bénéficié des services d'un mentor, un cadre de Capgemini : il m'a appris à fluidifier mon débit en anglais. Et j'ai été lauréat du programme We made it de Passeport Avenir. Ce concours m'a permis de partir une semaine à Shanghai, d'avoir une approche internationale du monde des affaires et de découvrir une nouvelle culture en vivant avec une famille chinoise.”

L'entrepreneuriat, une revanche sociale

“Concilier études et entrepreneuriat est difficile, l'accès aux financements aussi. Mais l'entrepreneuriat marque l'aboutissement de mon parcours. Quand ai-je su que je pouvais aller au bout de mes projets ? À l'épreuve de français, lors du BEP. Nous avions des questions sur un texte. Pour obtenir 4 points sur 20, il fallait répondre à la question ‘Qui est l'auteur du texte ?’. Il suffisait d'être capable de repérer la seule et unique ligne du document écrite en gras et soulignée ! J'ai alors compris que tout le système était conçu pour nous donner le diplôme et que je pouvais aller plus loin dans mes études et mon projet professionnel !”

Sommaire du dossier
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