L'emploi des jeunes diplômés bac+5 retrouve -presque- son niveau d'avant-crise

Par Etienne Gless, publié le 15 Avril 2022
5 min

INFOGRAPHIE - Selon le dernier baromètre de l'Apec sur l'insertion des jeunes diplômés, le rattrapage en matière d'emploi est spectaculaire, mais ne concerne pas tous les domaines de formation. Et un jeune sur quatre occupe un emploi ne correspondant pas à ses aspirations ou ses qualifications. On fait le point sur l'emploi des jeunes cadres après deux ans de crise sanitaire.

Pour l'insertion professionnelle des diplômés bac+5, la crise sanitaire est "presque" effacée. Tout est dans le "presque" ! Dans l'ensemble les taux d'insertion et d'emploi des diplômés bac+5 retrouvent leur niveau d'avant-crise. Ainsi le taux d'insertion à 12 mois -qui mesure le taux de jeunes ayant déjà occupé un premier emploi qu'ils occupent encore ce travail ou pas- est remonté à 92% pour les néo-diplômés 2020 interrogés en 2022 par l'Apec (l'Association pour l'emploi des cadres). Soit le niveau exact des jeunes diplômés 2018 interrogés en 2020.

Selon leur domaine d'études, des lettres aux sciences en passant par la gestion, l'entrée dans la vie active et la qualité de l'emploi occupé par des diplômés bac+5 varie d'un domaine à l'autre. Où en est l'emploi des jeunes cadre après deux ans de crise sanitaire ? L'Etudiant fait le point.

Le taux d'emploi des diplômés bac+5 retrouve son niveau d'avant covid

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Seulement 63% des diplômés en lettres-langues et arts en poste après 12 mois

De forts écarts existent entre les disciplines de formation et ils se sont même accentués avec la crise. Les littéraires sacrifiés sur l'autel de la crise sanitaire ? Force est de constater que leur insertion professionnelle est beaucoup plus laborieuse. 63% des diplômés 2020 en arts, sciences ou lettres sont en emploi 12 mois après l'obtention de leur diplôme. Problème : ils étaient 83% (promotion 2018) juste avant la crise sanitaire.

Emploi : situation contrastée pour les diplômés bac+5 en sciences

Les scientifiques n'ont pas non plus été épargnés par la crise sanitaire. Ainsi les diplômés 2020 de sciences fondamentales n'ont toujours pas retrouvé leur taux d'emploi d'avant-crise (78% en 2022 contre 86% en 2020). Le rattrapage est encore loin surtout si on le compare avec les diplômés de sciences et technologies : pour ces derniers, le taux d'emploi à 12 mois de la promotion 2020 atteint 89%, soit quasi le niveau de la promotion 2018 (91%).

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Diplômés en droit, économie, gestion ou en sciences sociales : retour à la normale sur le front de l'emploi

Les diplômés en droit, économie, gestion ont pour leur part retrouvé leur niveau d'avant-crise : le taux d'emploi à 12 mois est de 84% pour la promotion 2020, identique à la promotion 2018. il en va de même pour les diplômés en sciences humaines et sociales : le taux d'emploi atteint 85% pour la promotion 2020, contre 84% pour la promotion 2018.

CDI, salaires : les conditions d'emploi des jeunes cadres s'améliorent un peu…

L’accès à un emploi pérenne progresse, relève le baromètre de l'Apec. Près des deux tiers des jeunes diplômés de la promotion 2020 bénéficient d’un contrat à durée indéterminé (CDI) soit +5 points par rapport à la promotion précédente. Le rattrapage n'est cependant que partiel après la baisse de 10 points occasionnée par la crise. Côté rémunération non plus, le rattrapage n'est pas total : la rémunération brute annuelle médiane des jeunes diplômés 2020 a encore diminué : elle est de 30.000 euros contre 31.000 euros pour la promotion 2019.

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… au prix de certaines concessions pour décrocher un poste

Les néo-diplômés n'ont pas fait de concessions uniquement sur leur salaire. "L'amélioration de l'insertion des diplômés 2020 s'est également faite au détriment de leurs aspirations", constate l'Apec. Pour accéder à un emploi, beaucoup de jeunes ont du se résigner à accepter un emploi qui n'était pas en rapport avec leur formation, leur niveau de qualification ou leurs aspirations professionnelles. 20% des jeunes diplômés bac+5 sur 10 déclarent ainsi occuper "un job alimentaire" faute de mieux. Un taux qui est à la hausse de 2 points sur un an.

Reste que 70% des diplômés 2020 se disent tout de même globalement satisfaits de l'emploi occupé. Un taux qui s'avère constant depuis plusieurs années, crise ou pas crise.

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