1. Les étudiants à "haut potentiel", ce rêve de recruteur
Décryptage

Les étudiants à "haut potentiel", ce rêve de recruteur

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La Commission européenne arrive en tête des entreprises préférées des diplômés d'école de commerce. // © Lieven Creemers/Commission Européenne
La Commission européenne arrive en tête des entreprises préférées des diplômés d'école de commerce. // © Lieven Creemers/Commission Européenne

Mobiles, multiculturels et surdiplômés : ces étudiants hors du commun sont très recherchés par les entreprises. Mais les diplômes ne suffisent pas… Revue de détails des attentes des recruteurs pour ces profils “high level” et palmarès des entreprises qui les attirent le plus.

Adaptabilité, créativité, mobilité, capacité à évoluer dans un environnement multiculturel, maîtrise de 2 ou 3 langues, leadership naturel, aisance relationnelle... Si vous réunissez toutes ces qualités, vous avez des chances d'être un "haut potentiel".

Recherche profil (sur)diplômé…

Ces moutons à 5 pattes capables de franchir 2 ou 3 échelons hiérarchiques en quelques années sont choyés par les entreprises dès leur sortie d'école. Pour aider les employeurs à capter ces profils rares, l'institut Trendence réalise chaque année, en partenariat avec "l'Etudiant", un baromètre des entreprises les plus attractives auprès des étudiants à haut potentiel d'écoles de commerce ou d'ingénieurs (1).

Dans le trio de tête, se classent les entreprises et institutions les plus prestigieuses : la Commission européenne, McKinsey et LVMH pour les commerciaux, Airbus ; Google et Safran pour les ingénieurs (voir tableaux ci-dessous).

… et à forte intelligence émotionnelle

Mais paradoxalement, l'excellence universitaire et académique, comme une expertise technique certifiée par une grande école ne suffisent pas à être identifié comme un "HP". Le supplément d'âme que traquent les recruteurs rejoint le domaine des compétences comportementales : les diplômes, aussi prestigieux soient-ils, ne sont aujourd'hui qu'un prérequis.

"Les entreprises sont en train de changer de discours sur la manière dont elles valorisent les compétences comportementales : c'est une façon pour elles de remettre l'humain au centre du jeu et d'attirer les étudiants les plus prometteurs", analyse Yohan Ruso. Cet ancien cadre dirigeant d'eBay a lancé sa start-up il y a 1 an. Praditus.com ambitionne de démocratiser le management des talents en permettant à chacun, via des tests psychométriques, de mesurer son potentiel et ses aptitudes professionnelles.

Avant de se lancer, ce chef d'entreprise a interrogé de nombreux DRH : selon lui, les hauts potentiels sont repérés à leur intelligence émotionnelle, c'est-à-dire la capacité à identifier et contrôler ses émotions et celles d'un groupe, "un très bon indicateur de la probabilité d'être un futur leader".

Pour autant, tous les hauts potentiels ne sont pas appelés à devenir des cadres dirigeants : "Il ne faut pas sous-estimer l'importance de la culture de l'entreprise et la nécessité de bien l'intégrer pour évoluer : un critère qui prime sur tous les autres", relativise Yohan Ruso. En clair, un haut potentiel est à la fois capable de se distinguer des autres candidats par sa personnalité hors du commun, tout en maîtrisant parfaitement les codes et la culture de l'entreprise visée. Car au-delà du discours parfois convenu des DRH sur la recherche de personnalités innovantes, les entreprises sont rarement prêtes à intégrer des étudiants hors normes, susceptibles de bousculer les codes d'une organisation hiérarchique pyramidale, rapporte Philippe Pierre, ancien DRH de Total et de L'Oréal.

Pour séduire les hauts potentiels, "les employeurs doivent être capables de faire de la place à des personnalités qui ne leur ressemblent pas, de casser une forme d''entresoi' reposant sur des profils très homogènes", estime-t-il. À ce titre, les deux tiers des hauts potentiels détectés par le site Praditus sont des femmes. Pourtant, ce ne sont toujours pas les mieux représentées au sommet des entreprises.


Palmarès Trendence des employeurs préférés des étudiants "à haut potentiel"

Côté écoles de commerce

Rang 2015 Classement Trendence 2015 des employeurs préférés des diplômés à haut potentiel des écoles de commerce Top Employeurs % 2015
1 Airbus Group 15,3 %
1 McKinsey & Company 8,9 %
3 LVMH 8,7 %
4 BCG 7,7 %
5 JPMorgan 7,1 %
6 EY (Ernst & Young) 7,0 %
6 Goldman Sachs 7,0 %
8 Google 6,9 %
9 Danone 6,5 %
10 BNP Paribas  6,3 %
11 L'Oréal 5,5 %
12 KPMG 5,3 %
13 Deloitte 5,2 %
14 Apple 5,0 %
15 PwC (PricewaterhouseCoopers)  4,9 %
16 Canal+ 4,8 %
17 Airbus Group 4,4 %
17 Morgan Stanley 4,4 %
19 Total 4,1 %
20 Nestlé 4,0 %

Côté écoles d'ingénieurs

Rang 2015 Classement Trendence 2015 des employeurs préférés des diplômés à haut potentiel en écoles d’ingénieurs Top Employeurs % 2015
1 Airbus Group 15,3 %
2 Safran 11,5 %
3 Google 9,4 %
4 Thales 7,7 %
5 Total 6,7 %
6 EDF 5,7 %
7 Dassault Aviation 5,2 %
8 CNRS 4,9 %
9 LVMH 4,7 %
10 L'Oréal 4,6 %
10 Veolia Environnement 4,6 %
12 Air France 4,1 %
12 Groupe VINCI  4,1 %
12 IBM 4,1 %
15 Capgemini 4,0 %
16 BMW Group 3,9 %
16 Orange 3,9 %
18 GDF Suez 3,6 %
19 Bouygues Construction 3,5 %
19 EY (Ernst & Young) 3,5 %

(1) Le baromètre a été réalisé à partir des réponses de 21.700 étudiants d'écoles d'ingénieurs et de commerce. Les "haut potentiels" identifiés par l'institut Trendence correspondent aux 20 % des meilleurs étudiants, ils ont déjà de l'expérience professionnelle et ont également pu accumuler de l'expérience à l'étranger (académique ou professionnelle).

Les pourcentages figurant dans les tableaux correspondent, pour chaque entreprise, à la part d'étudiants qui la citent lorsqu'ils sont interrogés sur la société dans laquelle ils vont vraisemblablement postuler après leur diplôme.