Conseil en management et en stratégie : les codes pour postuler

publié le 21 Mai 2007
8 min

Même si les embauches de consultants juniors redémarrent doucement, les critères de sélection sont renforcés et il faut redoubler d’astuces pour passer les étapes d’un long – et souvent éprouvant – processus de recrutement.

Le processus de recrutement des cabinets de conseil a des allures de quête du Graal : jusqu’à cinq entretiens et des tests qui nécessitent une bonne préparation. Mais les recruteurs sont unanimes, il faut surtout rester naturel et… avoir la forme.


Connaître le métier du consultant

Avant de se lancer dans l’envoi de candidatures, les recruteurs recommandent de bien comprendre le métier du consultant, la différence entre le conseil en management et le conseil en stratégie et les spécificités des acteurs sur le marché. Cela peut paraître une évidence, mais "un candidat qui ne sait pas où il va, ni pourquoi il est là, ça se détecte tout de suite", commente Agnès Meinnel, responsable du recrutement de Capgemini Consulting. Dans les faits, le positionnement des cabinets est mixte et pour éviter les déconvenues, mieux vaut se renseigner en amont.

Le consultant en management accompagne les entreprises dans les périodes de changement : réorganisation d’un service, refonte du système de gestion des ressources humaines, fusion entre deux entreprises, etc. Il intervient de la phase de diagnostic jusqu’à la mise en œuvre des solutions choisies au niveau opérationnel. Les missions durent entre six mois et un an. Le consultant en stratégie intervient davantage dans la phase amont des recommandations stratégiques. Les missions sont plus courtes, 3 mois en moyenne, et le niveau des interlocuteurs est celui de la direction générale des entreprises.

Au-delà des qualités intellectuelles d’esprit de synthèse, de rigueur et de curiosité, "la maturité relationnelle est essentielle car nous sommes en permanence en contact avec nos clients", précise Nicolas Desmoulins, Principal chez Capgemini Consulting. Il faut également faire preuve de diplomatie car les enjeux politiques sur mission sont forts. "Les entreprises font souvent appel aux cabinets pour justifier de décisions peu populaires en interne", observe un consultant senior d’un grand cabinet de conseil.

"Excellence et humilité"

Le premier niveau de sélection des candidatures se fait par le diplôme. Les grands cabinets recrutent en priorité des étudiants issus des grandes écoles de commerce et d’ingénieurs. Pour les candidats hors "écoles cibles", "une lettre de motivation personnalisée et bien construite peut contrebalancer une hésitation sur le CV", commente Agnès Meinnel. Sur le CV, "nous regardons la qualité des stages. Une mission de gestion de projet ou de processus organisationnels qui implique des contacts avec de nombreux acteurs et un apport de valeur ajoutée sera plus appréciée qu'une mission opérationnelle ou très récurrente. Les expériences à l'international sont également valorisées dans la mesure où nos consultants sont mobiles et bilingues anglais", ajoute-t-elle. La taille de l’entreprise est également un critère d’appréciation des stages. "Dans les grandes entreprises telles que LVMH ou Michelin, nous savons que le candidat a été encadré et formé", explique Nicolas Harlé, Directeur Associé au BCG et responsable du recrutement pour les bureaux de Paris, Casablanca et Tel Aviv. Des responsabilités dans une association étudiante, la pratique d’un sport collectif et l’obtention d’un double diplôme sont également des éléments différenciants qui marquent une certaine ouverture d’esprit et le goût du travail en équipe.

Dans les "Big3" des cabinets de conseil en stratégie (McKinsey&Company, le Boston Consulting Group, Bain & Company), la sélection est encore plus élitiste. Seuls les diplômés d’HEC, ESSEC, Polytechnique, les Mines et Centrale Paris ont une chance d’obtenir un entretien. Quelques exceptions passent pourtant les mailles du filet : "Nous diversifions nos recrutements. Des médecins, avocats, doctorants, entrepreneurs… car de l’excellence et de l’humilité, c’est une combinaison difficile à trouver !", souligne Nicolas Kachaner.

Tenir le marathon des entretiens

Entretien RH, étude de cas, mise en situation, entretien de déstabilisation, etc. Le processus de recrutement dans les cabinets de conseil est long : de 3 à 5 entretiens. Le premier entretien avec un chargé de recrutement est centré sur la personnalité du candidat et ses motivations pour le métier du consultant. "L’écoute, l’attitude, la curiosité, la posture ou encore l'adéquation avec nos valeurs, nous sommes attentifs à tous ces signaux", indique Agnès Meinnel.

Les entretiens dits de "cooptation" sont menés par des opérationnels et visent à tester les aptitudes relationnelles et intellectuelles du candidat. Les types d’entretiens varient selon les cabinets mais la plupart proposent une courte étude de cas. L’objectif est d’évaluer la capacité à poser des questions, à générer des hypothèses et à structurer un raisonnement. S’entretenir avec des anciens ou des consultants lors des forums écoles est un bon moyen d’acquérir les réflexes pour cet entretien. "Les études de cas relèvent souvent du bon sens", commente un consultant senior chez Accenture. Les cabinets de stratégie proposent en ligne des exemples d’études de cas (site Bain&Company, site BCG, site McKinsey&Company). "Il faut en avoir fait quelques uns, mais il ne faut pas non plus avoir une approche trop formatée. On teste avant tout la capacité du candidat à structurer une problématique", explique Nicolas Harlé.

L’entretien de déstabilisation teste la résistance au stress et l’intelligence relationnelle. Le manager adopte au choix un comportement fermé, très critique, cassant, pessimiste et même parfois hilare. Ne pas perdre de vue que la personne est dans un jeu de rôle et que vous devez garder votre calme pour instaurer un dialogue. Autre exercice du genre, l’entretien de mise en situation : "Un client vous fait part de son mécontentement sur le travail d’un membre de votre équipe, comment réagissez-vous ?". Enfin certains cabinets demandent aux candidats de faire une présentation d’un projet personnel ou associatif. Lors de la présentation de projet, le manager évalue votre aisance à l’oral, la structuration de votre argumentation et la qualité de votre support. Les présentations sous Power Point étant largement standardisées dans le monde du conseil, il est recommandé de se faire aider d’un ancien (de l’école) ou, si possible, d’un consultant en poste. A l’issu des entretiens de cooptation, le candidat passe un ultime entretien avec le directeur de la spécialité ou du secteur auquel il sera rattaché. A ce stade du recrutement, les taux de réussite sont de l’ordre de 90%. Cet entretien est généralement un échange et l’occasion de poser les questions restées en suspend.


Dans les cabinets de management
Les cabinets de management proposent aux candidats, en entretien, deux types de cas : dimensionnement ou métier. Pour bien se préparer à cet exercice, la plupart des cabinets organisent dans les écoles des sessions de coaching avec des consultants.
1. Les cas de « dimensionnement » : c’est un exercice de logique. Le candidat doit émettre des hypothèses pour aboutir à des ordres de grandeurs. Conseil + : gardez votre calme pour éviter les erreurs de calcul mental.
Exemple : "Estimez le marché des ballons de rugby en Australie"
2. Les cas « métier » : ce sont souvent des cas réels de mission. Il est demandé aux candidats de proposer une démarche de travail qui reprend les principes fondamentaux du métier du consultant. Conseil + : ayez une approche très pragmatique et proposez une démarche en plusieurs étapes.
Exemple n°1: "La société X décide de mettre en place un centre d’appel pour gérer son service après-vente. Proposez une méthodologie."
Exemple n°2 : "L’entreprise X a modifié son organisation il y a un an. Les salariés font échos d’une certaine insatisfaction et les résultats sont en baisse. Comment réagir ?"

Dans les cabinets de stratégie
Voir les cas en ligne sur les sites des grands cabinets de stratégie :
Bain&Company
BCG
McKinsey&Company

A lire, à voir
Le conseil en management, analyse et études de cas, Editions Dunod
Le Guide des Cabinets de Conseil en Management, Les éditions du Management
Le métier de consultant, Editions d’organisation
www.lopenspacematuer.com
Violence des échanges en milieu tempéré, film de Jean-Marc Moutout

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Julia Zimmerlich
Janvier 2010




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