1. Edition : faites jouer le réseau

Edition : faites jouer le réseau

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L’édition fait encore rêver bon nombre de jeunes diplômés… mais les recrutements sont plus que sporadiques ! Il est loin le temps des petites maisons familiales : aujourd’hui, l’activité est industrielle et le marché concurrentiel. Le livre demeure un objet « à part », mais il est aussi désormais un produit qu’il faut vendre avec des approches marketing et promotionnelles modernes.

Le secteur de l’édition a traversé des mutations profondes. Le nombre de nouveautés n’a jamais été aussi important : 68 000 titres publiés en 2005 et pas moins de 460 millions d’exemplaires vendus (sans parler du chiffre d’affaires global qui s’élève à 3 milliards d’euros) ! Mais entre l’explosion du numérique, l’évolution des stratégies commerciales et la course à la concentration, les défis à relever n’ont jamais été aussi lourds pour les maisons d’édition.

Pour Jean-Paul Naddéo, directeur des relations extérieures Editis/Interforum, fin connaisseur du secteur depuis trente ans, il faut rester optimiste : « Même si le secteur est traditionnel, le livre reste irremplaçable. Par ailleurs, le marché s’internationalise : les auteurs font le tour de la planète pour se faire éditer. Ce qui nous offre de belles perspectives ! »

Le livre, un produit comme les autres ?
Les effectifs n’ont guère progressé ces dernières années sur le plan quantitatif (environ 10 000 salariés pour l’édition), mais les profils recrutés ont toutefois évolué. Le niveau de formation est naturellement élevé et la nature des diplômes joue désormais un rôle essentiel. « Auparavant les littéraires étaient majoritaires dans les équipes. Aujourd’hui, les compétences sont de plus en plus pointues et ce dans tous les domaines : finances, gestion, etc. Nous sommes entrés dans l’ère du marketing et de la mondialisation ! La production de livres s’insère donc désormais dans une logique d’offre et de demande », explique encore Jean-Paul Naddéo.

On recherche des profils plus « complets ».
En conséquence, la nouvelle génération de collaborateurs possède non seulement un diplôme d’études supérieures de qualité – les formations dédiées à l’édition de l’ESCP-EAP (mastère spécialisé) et de l’université de Villetaneuse (master) sont particulièrement appréciées –, mais aussi un bon bagage culturel, un sens aigu de la communication et « une forte personnalité ». « Le point d’entrée le plus fréquent dans notre secteur demeure le stage. Quand au recrutement, il n’est pas traditionnel : le réseau, la cooptation, le bouche-à-oreille sont généralement les meilleurs canaux », ajoute Jean-Paul Naddéo.

Les conseils d’un pro pour votre candidature

Nathalie Allizan, responsable des ressources humaines chez Nathan.

« Soyons clairs : le secteur fait rêver, mais il s’est considérablement professionnalisé. Nous recrutons de plus en plus de candidats issus des grandes écoles. Il n’y a pas que des littéraires qui intègrent nos maisons : en fonction des spécialités, nous recherchons aussi des scientifiques, des spécialistes de gestion, etc. J’ai constaté que le fait d’être passé par une prépa est un bon indicateur pour repérer un esprit rigoureux et travailleur. »

Montrez-vous perfectionniste !
L’essentiel des postes offerts concerne la fonction d’éditeur et celle du marketing/promotion. « Dans tous les cas de figure, nous apprécions les candidats qui adhèrent à la culture du travail bien fait, un peu comme les artisans. Ce sont des traits de caractère que je devine dans la rubrique formation bien entendu, mais aussi au travers des activités extra-professionnelles du candidat. » N’hésitez donc pas à mettre en avant et à détailler des expériences qui dénotent un trait de caractère fort. « Si vous êtes musicien ou sportif, expliquez bien le contexte. Le goût du challenge est important pour les postes à la promotion par exemple. »

La lettre, élément clé de votre embauche.
Vous vous en doutez, la lettre de motivation a également son importance. « La qualité de la rédaction est examinée de près, ainsi que l’esprit de synthèse. Ce n’est pas parce que l’on est dans l’édition qu’il faut écrire tout un roman ! » Dernier conseil : « Ne vous sentez pas obligé de citer un grand auteur dans votre lettre de motivation. Ce serait ridicule ! »

Les codes du milieu
Le secteur de l’édition reste une « grande famille » où les responsables de collection ou d’édition se connaissent de près ou de loin.

Soigner ses références. Les recruteurs peuvent apprécier de pouvoir entrer en contact avec vos anciens employeurs ou directeurs. N’hésitez donc pas à indiquer un ou deux noms s’ils vous semblent pertinents (pour votre candidature).

Le réseau fonctionne dans le milieu ! « J’entretiens un vivier de candidats qui m’ont été recommandés ou avec qui j’ai eu des entretiens intéressants, mais sans pouvoir leur proposer d’emploi sur le moment. Je consulte ce vivier lorsque se présente une opportunité de poste, indique Nathalie Allizan. N’hésitez pas à nous contacter de manière spontanée, cela peut déboucher sur un rendez-vous ! »


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