1. Postuler dans la grande distribution : CV, lettre de motivation et conseils de recruteurs

Postuler dans la grande distribution : CV, lettre de motivation et conseils de recruteurs

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Malgré un contexte difficile, les entreprises de la grande distribution continuent de recruter, notamment pour répondre à un fort turn-over. Si ce secteur souffre parfois d’une mauvaise image de marque, il offre de belles opportunités de carrières, à condition d’avoir les bonnes clés d’entrée.

L’année 2009 a été plutôt rude pour le secteur de la grande distribution en France : pouvoir d’achat des ménages en berne, guerre des prix et marges à la baisse, montée en puissance du e-commerce… Pourtant, les perspectives de recrutement des grandes enseignes (Carrefour, Auchan, Leclerc, Intermarché, Casino …) restent optimistes. "Parmi nos 120 métiers, nous envisageons entre 5.000 et 6000 recrutements en 2010, dont 300 cadres", note par exemple Muriel Bolteau, directrice de la politique emploi chez Carrefour. "Nous avons 1.000 postes à pourvoir, dont 800 sur le réseau de vente", souligne pour sa part Sophie Mouhieddine, responsable du développement RH de Sephora Europe.

Un fort turn-over en magasins


Les métiers dits opérationnels de vendeur(se)s, conseiller(e)s clientèle et hôte(sse)s de caisse sont les premiers concernés par ces recrutements. Grâce à l’ouverture de nouveaux magasins, des hypermarchés ou des commerces urbains de proximité, et surtout du fait d’un fort renouvellement des personnels en magasins. "Nous sommes dans une activité de main d’œuvre, faiblement encadrée, avec 15 % de cadres, qui a toujours besoin de renouveler ses effectifs", note une responsable de la FCD (Fédération des entreprises du commerce et de la distribution). Ne nous y trompons pas : le turn-over important sur les postes les moins qualifiés en magasins tient en grande partie à des conditions de travail (amplitudes horaires, environnement bruyant, pression du chiffre...) qui ne conviendront pas à tous les candidats, sauf à avoir un réel attrait pour la vente.

Le terrain de la vente comme tremplin


"Les métiers du retail [ndlr : la vente au détail] sont des métiers de passage, pour débuter, souligne Sophie Mouhieddine. La plupart de nos conseillères en vente sont recrutées sans diplôme, souvent pour un job d’appoint, et celles qui se découvrent une passion pour la vente peuvent rapidement évoluer avec des responsabilités." Chez Sephora, 70 % des managers de rayons sont d’anciennes conseillères de vente. Rien d’exceptionnel. La grande distribution est l'un des secteurs où les possibilités de promotion interne sont les plus importantes, quel que soit le niveau de diplôme. Et plus les postes sont en tension, plus les perspectives sont intéressantes. C’est le cas pour les métiers de bouche (bouchers, boulangers, pâtissiers ou encore poissonniers, diplômés au minimum d’un CAP) que les enseignes peinent à recruter. "Malgré des salaires mensuels à 1.700 euros net et des perspectives de carrière comme responsable d’équipe, nous avons un réel problème de recrutement sur ces métiers de l’alimentation", avoue Emmanuelle Nogarotto, responsable alternance  chez Géant Casino, Casino Supermarchés et HyperCasino. Avis aux amateurs.

Place aux managers à partir de bac + 2


Côté cadres, les enseignes ont certes moins de mal à attirer les jeunes diplômés. "Si l’image d’un métier "presse-citron" perdure parfois, les jeunes que nous recrutons s’aperçoivent vite qu’ils évoluent dans un milieu qui bouge, qui les rémunère bien et qui leur offre très tôt des responsabilités", souligne Emmanuelle Nogarotto. A ce titre, le chef de rayon est un poste classique d’entrée dans les métiers de la distribution pour les diplômés postbac. Le minimum le plus souvent requis est une formation à bac +2, type BTS (brevet de technicien supérieur) ou DUT (diplôme universitaire technologique), ou un diplôme d’école, type IFV (Institut de force de vente). A bac +3, la licence professionnelle Distech reste une référence sur le secteur. "Les jeunes issus de ces formations à bac +2 ou bac +3 ne doivent pas seulement avoir une fibre commerciale, ils doivent aussi être capable de manager des équipes à la tête d’un véritable centre de profit", note cette responsable de la FCD.

Des profils variés de diplômés pour des métiers d’experts


D’après l’APEC (Association pour l’emploi des cadres) les perspectives de recrutement sont certes légèrement à la baisse par rapport à 2009, avec environ 7.000 embauches prévues en 2010 dont un tiers de jeunes diplômés. Mais pas de quoi s’inquiéter. Selon la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution, les métiers de la vente, du chef de rayon au chef de secteur, d’appui (achats, marketing…) et de logistique recherchent des candidats. "En logistique, des préparateurs de commande aux responsables de zone d’entrepôt, on a plus d’offres d’emplois que de demandes", précise la responsable de la FCD. Et si, de la logistique au marketing, les diplômés d’écoles de commerce sont un vivier tout désigné, les grands groupes s’ouvrent aujourd’hui à d’autres profils. "Sur des postes d’expertises, comme la gestion de la relation client ou la gestion des flux de marchandises, indique Muriel Bolteau, directrice des politiques emplois pour Carrefour, nous élargissons nos recrutements au-delà des écoles de commerce vers des diplômés de masters universitaires ou d’écoles d’ingénieurs."

Retrouvez le portrait vidéo de Ludovic, manager de rayon.


Sommaire du dossier
Postuler dans la grande distribution : l'avis des recruteurs Postuler dans la grande distribution : une lettre commentée Postuler dans la grande distribution : un CV commenté