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Les métiers de la finance : malgré la crise, des métiers porteurs

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Touché de plein fouet par la crise financière, le marché de la finance offre en France des perspectives d’embauche qui se sont réduites. La visibilité pour les prochains mois n’est pas très grande. Les métiers de marché "classiques" pourvoient relativement peu de postes. Les emplois disponibles sont à chercher du côté des métiers corporate (analyse financière, recherche, conseil en fusion et acquisition). Malgré tout, dans ce contexte morose, quelques fonctions tirent leur épingle du jeu.

Michel Baroni est professeur de finance à l’ESSEC, et responsable pédagogique du mastère spécialisé en techniques financières.
 

Les métiers qui recrutent
 

Les besoins en asset management devraient s’accroître dans les prochaines années. Les produits jugés trop techniques sont aujourd’hui délaissés par les banques et récupérés par les fonds d’investissement. Pour l’instant, ces derniers recrutent principalement des professionnels issus du secteur bancaire. Mais les besoins en jeunes diplômés devraient être importants dans les années futures.

Autre métier porteur, celui de risk manager. S’il souffre d’une mauvaise image auprès des étudiants, il est pourtant très demandé par les banques. Même constat pour les métiers liés à l’inspection, qui prennent une place très importante dans le secteur financier, notamment du fait des nouvelles réglementations.


L’international, incontournable

 
Les carrières à l’international continuent d’être l’une des principales voies de recrutement à la sortie des écoles. Londres, Hong Kong et Singapour sont les 3 places incontournables. Les besoins diffèrent selon les zones géographiques. En Asie, où les liquidités sont nombreuses, il faut gérer du cash. Les entreprises locales ne possèdent pas toujours une expertise aussi poussée en techniques financières qu’en Europe. Les recrutements concernent donc en premier lieu ces postes.

En Europe, en revanche, les jobs les plus techniques sont avant tout dédiés à la gestion des produits de taux et des produits dérivés. Enfin, aux États-Unis, le marché des actions demeure très important en volume. Mais les postes sont peu ouverts aux non-Américains. Les banques – américaines ou européennes – réfléchissent à deux fois avant d’engager un jeune Européen, pour qui elles devront investir une somme conséquente pour lui assurer l’obtention de la carte verte. Si vous souhaitez travailler à l’étranger, une autre solution s’offre à vous : le volontariat international en entreprise (VIE). Celui-ci offre la possibilité de partir un an à l’étranger tout en étant employé par une banque française.

Quel que soit votre parcours à l’international, apprenez à connaître la culture du pays hôte et si possible sa langue. Actuellement, maîtriser le mandarin est un véritable atout. Certes, à Hong Kong ou à Singapour, le travail s’effectue en anglais, mais pour tous les métiers qui sont en lien direct avec les clients, c’est un plus très apprécié, qui facilite les échanges. Pour les profils plus techniques, la contrainte linguistique est moins forte.


Ne vous enfermez pas dans un seul profil

 
Quel que soit votre choix de carrière, quelques qualités sont essentielles pour réussir dans ce secteur. La finance couvre de multiples métiers et les banques doivent être certaines que vous pourrez changer de fonction au gré des évolutions du contexte économique. Postulez de manière ouverte, sans vous restreindre à un seul poste.

N’hésitez pas non plus à vous tourner vers les petites structures. Certes, les grands noms de la banque peuvent attirer l’œil sur un CV. Mais elles offrent relativement peu de places et il existe d’excellentes petites sociétés, aux Pays-Bas ou au Luxembourg par exemple, qui vous permettront d’apprendre votre métier et d’évoluer rapidement.


L’attrait du salaire ne suffit pas

 
Les compétences techniques sont quant à elles indispensables. Sans un solide bagage mathématique, il est illusoire d’envisager une carrière dans ce secteur, plus particulièrement en finance de marché. Les métiers de la banque demandent beaucoup d’implication en temps (métiers corporate) et mettent les nerfs à rude épreuve (métiers de marché).

Si vous n’êtes pas prêt à vous investir, changer de voie ! Car si les salaires restent bons, ils ne peuvent pas être l’unique motivation. D’autant plus que les primes ne sont plus aussi importantes qu’auparavant. Et il ne faut pas oublier que vous rejoignez un secteur à risques, qui peut vous écarter du jour au lendemain. Mieux vaut donc connaître ses règles, pour s’y préparer.