1. EADS : un rêve à la portée des ingénieurs multilingues
Décryptage

EADS : un rêve à la portée des ingénieurs multilingues

Envoyer cet article à un ami

Google, Canal+, Veolia, LVMH, EADS… Comment entre-t-on dans ces entreprises stars où rêvent de travailler les étudiants des écoles de commerce et d’ingénieurs ? Quels profils privilégient-elles ? Comment se faire repérer par leurs recruteurs ? Zoom sur ce qui marche pour être pris dans 7 sociétés classées aux premières places du Top 100 Universum des “employeurs idéaux”.

EADS est indétrônable dans le cœur des ingénieurs ! Pour la 7e année consécutive, le groupe occupe la 1re place du classement de leurs employeurs idéaux. Mais si les jeunes diplômés se bousculent aux portes de ses divisions – Airbus, Astrium, Cassidian et Eurocopter –, ils peuvent se rassurer : l’aéronautique est un secteur qui recrute beaucoup. Au point de déplorer le manque de (bons) candidats.


Un engouement pour l’innovation

“En école d’aéronautique, on étudie les programmes d’Airbus, qui sont à la pointe de la technologie, ça fait forcément rêver”, glisse Beby Rakotoarindriaka, diplômée de l’ENAC (École nationale de l’aviation civile) en 2010. Pour comprendre l’engouement des élèves ingénieurs, il faut donc regarder du côté des projets. Et entre les avions, les hélicoptères, le spatial et l’armement, les projets passionnants fourmillent ! “Pour les ingénieurs, c’est l’occasion de mettre en pratique ce qu’ils ont appris à l’école”, ajoute Frédéric Agenet, le DRH (directeur des ressources humaines) France d’EADS.

airbus 380

Construction d’un Airbus 380 pour la China Southern Airlines à Toulouse (octobre 2010). // © Aibrus SAS 2010

4.500 postes à prendre

Bonne nouvelle pour les candidats : en 2011, le groupe prévoit de recruter 4.500 personnes (dont plus de la moitié d’ingénieurs) sur la zone France, Allemagne, Espagne et Royaume-Uni. Essentiellement dans les filiales Airbus et Eurocopter.
Une concurrence rude ? “Notre site de recrutement reçoit 100.000 candidatures chaque année”, estime Frédéric Agenet. Un ratio correct, donc. “Et si un CV intéressant n’est pas retenu par une division, il est transmis aux autres.”


Sortir d’une école “cible”…

Le géant de l’aéronautique recrute principalement des diplômés des grandes écoles aéronautiques : l’ENAC, ENSMA (École nationale supérieure de mécanique et d'aérotechnique), Supaéro, etc. “Mais nous recherchons des profils très variés”, insiste le DRH. Les autres ingénieurs ne doivent pas se décourager.
Beby, elle, a été embauchée en 2010 par Airbus à la sortie de l’ENAC. “Mon parcours coule de source”, plaisante-t-elle. De fait, elle est née à Toulouse, le berceau de l’aéronautique civil. Après une prépa MPSI/MP, elle a intégré l’ENAC, toujours dans la Ville rose, et a effectué un mastère spécialisé entre l’ENAC et Supaéro, en substitution de la 3e année. Tout en réalisant la totalité de ses stages chez… Airbus !

beby airbus

Beby, diplômée de l’ENAC et ingénieur chez Airbus depuis 2010 : “Mon parcours coule de source” // © Airbus SAS 2010 - P. Masclet
Est-ce qu’un tel parcours garantit une embauche ? Pas sûr. “La majorité des diplômés de l’ENAC vise une grande entreprise aéronautique, mais plus de la moitié de ma promo a dû se rabattre sur un poste en société de service ou chez un fournisseur”, lâche la jeune femme.


… et parler 3 langues

Après le diplôme, au tour de vos compétences linguistiques d’être examinées de près. “Nous recherchons des ingénieurs aptes à s’intégrer dans des équipes multiculturelles”, souligne Frédéric Agenet. Ce qui implique la maîtrise de l’anglais (“incontournable”) et si possible d’une autre langue. “Si c’est l’allemand, c’est un plus”, précise le DRH.
Autre critère attestant de votre capacité à travailler dans un contexte multiculturel : un séjour long à l’étranger. C’était le cas de Beby, qui a passé 6 mois en Allemagne, sur le site d’assemblage de l’A320, pour son stage de fin d’études. L’occasion de pratiquer sa LV1. Quant à ses connaissances en anglais, elle a pu les perfectionner en MS : “ Tous les cours étaient donnés en anglais, j’ai même rédigé mon mémoire de 80 pages en anglais”.


“Un processus de recrutement classique”

Si votre CV est retenu, vous embarquez pour un processus de recrutement classique avec un entretien RH et 1 à 2 entretiens avec votre hiérarchie. Pas de tests techniques ou psychométriques au programme. La principale difficulté réside dans le fait qu’au moins l’un des entretiens s’effectue en anglais. “Même si le candidat affiche un score élevé au TOEIC (Test of English for International Communication), nous voulons vérifier son niveau”, explique Frédéric Agenet.
Beby n’a pas attendu la fin de son stage pour chercher un emploi. Quand elle a appris par son école qu’EADS organisait une journée de recrutement, elle a sauté sur l’occasion. “J’ai eu un entretien RH de 45 minutes. Au début on parlait en français, puis en anglais et enfin en allemand.” 10 jours plus tard, elle était convoquée à un entretien technique “très informel” avec sa future manager. Une formalité pour cette ingénieure trilingue.
Dernier “atout” de poids pour postuler : être une fille ! Si les recrutements concernent seulement 20 % de filles, le groupe affiche une volonté forte de féminiser ses équipes.
 

Programme hauts potentiels : la voie royale pour entrer chez EADS

EADS propose plusieurs programmes hauts potentiels (graduate programmes), qui permettent de grimper plus vite les échelons. Ils recrutent quelques dizaines de personnes chaque année. Éric, 26 ans, diplômé de Supaéro, a ainsi commencé sa carrière au Royaume-Uni chez Astrium, la filiale aérospatiale du groupe.

“Le processus de sélection est long, et il faut postuler près d’un an à l’avance”, prévient-il. Au menu : un dossier volumineux, une demi-journée de tests psychométriques en ligne et une journée d’exercices de groupe en assessment center. “On nous a fait construire une tour en Legos”, relate le jeune homme.

Pendant les 2 ans du programme, Éric change de poste tous les 6 mois, et navigue entre le Royaume-Uni et l’Allemagne. À la fin, EADS lui propose un poste en CDI (contrat à durée indéterminée) au Royaume-Uni mais il décide de quitter le groupe. “Je voulais prendre des responsabilités mais Astrium ayant perdu de gros projets, peu de postes intéressants étaient disponibles. Je suis donc parti en Allemagne chez un concurrent.” Aujourd’hui, Éric est responsable des achats chez OHB-System.


> Postuler chez EADS

Sommaire du dossier
Retour au dossier Être embauché chez Google : pour “happy few” seulement EADS : un rêve à la portée des ingénieurs multilingues EDF : les filles, postulez ! Entrer à Canal+ : originalité exigée Postuler chez L’Oréal : pourquoi ne le vaudriez-vous pas ? Le recrutement chez Veolia : la prime aux qualités humaines Entrer chez LVMH : être en phase avec les valeurs de la marque