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Décryptage

Postuler chez L’Oréal : pourquoi ne le vaudriez-vous pas ?

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Google, Canal+, Veolia, LVMH, EADS… Comment entre-t-on dans ces entreprises stars où rêvent de travailler les étudiants des écoles de commerce et d’ingénieurs ? Quels profils privilégient-elles ? Comment se faire repérer par leurs recruteurs ? Zoom sur ce qui marche pour être pris dans 7 sociétés classées aux premières places du Top 100 Universum des “employeurs idéaux”.

“À la fois poète et paysan”. C’était, selon François Dalle, président de L’Oréal de 1957 à 1984, le profil du collaborateur idéal. Quelques décennies plus tard, François de Wazières, directeur international du recrutement, est toujours à la recherche de ce mouton à 5 pattes. “C’est un business sérieux, avec des chiffres d’affaires, des objectifs de résultats. Cela ne supporte pas l’approximation. Mais en même temps, l’univers de la beauté, c’est le rêve, l’innovation, la créativité…” Si en plus, vous êtes entreprenant, ambitieux et plutôt du genre meneur, vous valez bien L’Oréal !


Pour entrer, rien ne vaut le stage

Quel profil de jeune diplômé faut-il arborer pour espérer partager le même employeur qu’Eva Longoria, Diane Kruger ou Patrick Dempsey ? Celui de “marketeur” bien sûr, mais pas seulement. Celui d’ingénieur également (pour la logistique) et de chercheur (pour la création de nouveaux produits), sans oublier les métiers support (RH, communication, finance, informatique).

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Pour entrer chez L’Oréal, il faut être "à la fois poète et paysan" d'après François Dalle, président de l’Oréal de 1957 à 1984. // © Alain Buu

Et pour accéder à ce type de poste, la voie royale semble rester le stage. Sur les 200 jeunes diplômés embauchés en CDI (contrat à durée indéterminée) en France en 2010, plus de 75 % connaissaient déjà la maison. Anne*, entrée de cette façon il y a 5 ans et aujourd’hui responsable du service merchandising, confirme : “Un stagiaire qui se montre compétent et bien intégré, ce qui est souvent le cas, on fait tout pour le garder. Évidemment, le poste qu’on lui propose n’est pas toujours celui de ses rêves. J’avais fait mon stage dans le développement, ce qui me correspondait parfaitement. Et je me suis retrouvée dans l’opérationnel…”


Se faire repérer par les business games ou Facebook

L’important, c’est de se faire repérer. Si vous faites partie d’une école “suivie” (essentiellement les Parisiennes), vous avez toutes les chances de croiser régulièrement les recruteurs. Mais si L’Oréal ne vient pas à vous, il y a moyen d’aller jusqu’au groupe… Par les chemins classiques d’abord : le site Internet ou les salons et forums. Autre option, les “business games” : L’Oréal Brandstorm (repenser la gamme internationale et lancer la campagne de communication) et Reveal by L’Oréal (un révélateur de talents où “virtuel et réel s’entremêlent”).
Dernière possibilité pour les plus geeks : les réseaux sociaux et notamment Facebook. Non seulement L’Oréal y publie des offres de stage ou d’emploi, mais en plus, l’entreprise l’utilise pour envoyer des “publicités” (sorte d’opérations séduction pour des recrutements) à des profils ciblés. Alors pensez à détailler votre parcours professionnel sur votre page, et utilisez les bons mots clés : “cosmétiques”, “marketing”, “merchandising”, “école de commerce”, “soin de la peau”…


Ouvrir les yeux et les oreilles

Même “repéré”, vous n’êtes pas encore au bout de vos peines. En moyenne, 4 entretiens sont nécessaires : avec le chargé des ressources humaines de la division ou de la marque, des opérationnels et la direction générale pour finir (et pas de passe-droit, même pour les anciens stagiaires). “Ce qu’il faut, c’est tout simplement être passionné, affirme François de Wazières. Il n’y a rien de pire que de tomber sur des candidats sans envie.”

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François de Wazières, directeur international du recrutement : "Un jeune qui a fait le tour du monde ou qui s’est investi dans des compétitions sportives va nous interpeler". // © Photo fournie par le témoin

Le petit plus qui fera la différence ? “Pas forcément le cursus scolaire, assure le directeur du recrutement. Un jeune qui a fait le tour du monde ou qui s’est investi dans des compétitions sportives va nous interpeller. Quant à la curiosité, elle est primordiale. Si on vous demande ce qui vous a étonné dans la rue ces 6 derniers mois, et que vous répondez que vous étiez trop occupé à étudier pour sortir, vous n’êtes pas fait pour nous. En revanche, si vous commencez à parler de la pub Orangina et de leur utilisation des animaux, là, vous allez retenir toute notre attention !”


Un book et une étude du marché

Voilà pour les conseils officiels. Et du côté des anciens postulants ? “Venez avec un book, même s’il s’agit de marketing”, suggère Anne. “Ça fait un support de discussion, et c’est rassurant. Il faut aussi connaître l’histoire et l’actualité du groupe et de la marque concernée (L’Oréal Paris, Lancôme, Mixa Kérastase…). On m’a par exemple interrogée sur la dernière égérie Lancôme ou sur le dernier lancement de L’Oréal Paris coiffure. Et bien sûr, il faut “benchmarker”, c’est-à-dire se renseigner sur les positions des autres acteurs et connaître le marché sur le bout des doigts.” Léa, qui a quitté le groupe en 2010 après 7 ans au marketing, se souvient : “On m’a présenté un produit. Je devais dire ce que j’en savais et imaginer un nouveau plan de lancement.”

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L’Oréal emploi des ingénieurs pour la logistique et des chercheurs pour la création de nouveaux produits. // © Gilles Dacquin - EYEDEA Illustration

Dernier petit “truc” : envisagez l’avenir. “On m’a demandé dans quelle marque et à quel poste je me voyais dans 10 ans”, poursuit Léa. “Nous ne recrutons pas pour des jobs, mais pour des carrières”, confirme François de Wazières. “Je me dis parfois que nous sommes peut-être en train de recruter l’un des successeurs de Jean-Paul Agon !” Jean-Paul Agon, le directeur général qui, comme son prédécesseur Lindsay Owen-Jones et 67 % des 25 directeurs actuels de marque internationale, ont intégré le groupe à leur sortie d’école…


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