Elections régionales : pourquoi ces étudiants vont aux urnes

Par Emmanuel Vaillant Isabelle Maradan, publié le 17 Mars 2010
6 min

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64 % des jeunes n’ont pas participé au 1er tour des élections régionales dimanche 14 mars 2010*. Quatre étudiants, qui se sont exprimés au 1er tour et retourneront voter le 21 mars, nous expliquent pourquoi ils n'ont pas choisi l'abstention.

 
« Cela ne me viendrait pas à l’idée de ne pas voter »

Elsa GASCON, 21 ans, étudiante en licence 3 d’histoire de l’art à Paris 3 - Sorbonne.

« J’ai été très marquée par le résultat du 1er tour des élections présidentielles en 2002, avec la présence du Front national. Depuis que je suis en âge de voter, je le fais, quelle que soit l’élection. Au 1er tour des régionales j’étais en week-end, mais j’avais fait une procuration pour que quelqu’un puisse vote à ma place. C’est très important et cela ne me viendrait pas à l’idée de ne pas m’exprimer quand il est possible de le faire. Le droit de vote est le résultat d’un long combat. Nous avons la chance de vivre dans un pays où l’on peut voter et ce serait un vrai gâchis de ne pas en profiter. Je connais beaucoup de gens qui n’ont pas été voter parce qu’ils pensent que les régionales ce n’est pas important. Alors qu’ils ne manqueraient pas de mettre un bulletin dans l’urne pour choisir leur Président ! Pourtant c’est important les régionales. C’est la région qui fait la vie de tous les jours, les transports, les équipements des collèges et les lycée… Et puis on se déplace aussi aux régionales pour faire passer un message sur la politique nationale. Je pense qu’il faut sortir de l’espèce de fatigue générale qui consiste à dire que c’est « tous pourris, tous pareils » et s’investir un peu. »


« Ce n’est pas pour envoyer un message de soutien ou de désaveu à Nicolas Sarkozy que je suis allé voter »

Jean-Victor ABT, 23 ans, étudiant en troisième année de licence de droit à Brest.  

« En tant que président de la Fédération des associations étudiantes de Bretagne occidentale, je m’intéresse évidemment à la politique et en particulier aux enjeux pour l’enseignement et les jeunes. Mais ce qui m’a vraiment incité à aller voter dès le 1er tour de ces régionales c’est que les candidats, notamment issus des grands partis, avaient des propositions concrètes. Sur les transports, pour désenclaver les zones rurales, sur la construction et la réhabilitation de logements étudiants, ou encore pour faciliter l’accès à l’enseignement supérieur, chacun propose des idées qui peuvent réellement améliorer la vie quotidienne des étudiants. On est loin des discours idéologiques. Je ne suis donc pas allé voter pour envoyer un message de soutien ou de désaveu à Nicolas Sarkozy. Mais parce que ces élections ont un effet local. Si l’abstention est forte, notamment parmi les étudiants, c’est sans doute du fait d’un vieux désamour vis à vis de la politique. Mais, à mon avis, c’est surtout parce que la place de la région est difficile à percevoir. On ne sait pas ce qu’elle fait au quotidien. On voit plus facilement le rôle de l’Etat, du département ou de la ville. L’action de la région est souvent diluée parmi différents acteurs. Lorsqu’on s’y intéresse, lorsque on participe à des débats, comme nous en avons organisé en Bretagne, on se rend compte que la politique de la région a un rôle important et un impact sur notre quotidien. »

  « J’ai voté pour la première fois par curiosité »
Maxime GENRET, 18 ans, en 1ère bac pro de géomètre topographe à Reims.

« J’avoue que j’ai été voté d’abord par curiosité. C’était la première fois ! Alors j’avais très envie de voir comment cela se passait. Voter, c’est presque une obligation pour moi. Même si je ne m’intéresse pas trop à la politique en général, je vote, comme mes parents. Et puis ils m’ont dit que c’était important pour l’évolution de la région, les bâtiments, les piscines, tout ça. Alors pour la première fois dimanche dernier, je suis rentré dans le bureau à Dijon, où j'habite, j’ai pris les papiers des candidats et j’ai fait mon choix. J’ai pas mal de mes copains qui n’y ont pas été alors qu’ils ont l’âge. Quand on en parle, je leur dis juste qu’ils doivent y aller. Au 2e tour, dimanche prochain, c’est la gauche contre la droite. J’y retourne ! Ce qui est marrant c’est que je vote la même chose que mes parents. C’est peut être une question d’éducation. »
 

« On ne doit pas oublier ce qui a été fait avant pour que nous puissions aller voter »
Bolewa SABOURIN, 24 ans, étudiant en troisième année de licence de droit public à Paris 1.

« Dimanche, j’ai joué au foot, comme d’habitude, et j'ai voté après. Depuis que je suis petit, on me dit que le vote est quelque chose de sacré. Je me suis toujours intéressé à la politique. Il y a des pays où les gens sont prêts à mourir pour la démocratie. En Afghanistan ou en Irak on prend le risque de subir un attentat pour déposer un bulletin dans l’urne. Dans notre pays, où la démocratie est installée, où l’on vit en paix et où les femmes se sont battues il n'y a pas si longtemps pour leur droit de vote, il faut avoir un ego démesuré pour ne pas aller voter. Certains ont l’air de penser que c’est un dû, et oublie que c’est un acquis. Il y en a aussi qui ne votent pas parce qu’aucun parti ne les représentent. Même en licence de droit, je côtoie des jeunes qui ne se déplacent pas. Il faudrait peut être comptabiliser les votes blancs, pour que ceux qui font la démarche de mettre un bulletin dans l’urne soient pris en compte. Les politiques ont une responsabilité dans le fait que les gens méconnaissent les compétences des régions et l’enjeu de ses élections. C’est dommage que les jeunes ne sachent pas forcément que la région finance des projets culturels ou de lutte contre les discriminations, par exemple. Pour moi, ne pas aller voter, c’est une aberration. »
 

*d’après un sondage réalisé par CSA pour Le Parisien et Europe1 le jour du premier tour


 

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