1. Débuter à l’étranger : comment réussir son entretien d’embauche
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Débuter à l’étranger : comment réussir son entretien d’embauche

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Entretien // © DR
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Si, comme de plus en plus de jeunes Français, vous cherchez un emploi à l’étranger, vous devrez passer par la case "entretien", parfois à distance. Nos conseils pour appréhender au mieux ces face-à-face qui laissent une large place aux expériences concrètes. Et à la capacité à s’adapter aux différences culturelles.

Toutes les enquêtes sont unanimes : les jeunes diplômés français ont la bougeotte. Ils sont de plus en plus nombreux à chercher leur premier poste à l’étranger. Une situation devenue banale pour les grandes entreprises qui pensent  leur recrutement à l’échelle mondiale.

"Jusqu’ici, les embauches à l’étranger de nos diplômés étaient tirées par le recrutement en VIE ou en Graduate Programs d’entreprises étrangères qui appréciaient leur profil, témoigne Manuelle Malot, directrice du service carrières de l’EDHEC, fondatrice et directrice du centre d'études sur les jeunes générations, et auteur du Guide du recrutement international (Éditions A2Cmedias) La nouveauté c’est que de plus en plus de grandes entreprises françaises recrutent les jeunes diplômés de nos grandes écoles sans les faire passer par par la case France. Par exemple, cette année 40 % de la promotion EDHEC a trouvé son premier job à l'étranger dont 40 % pour des intérêts économiques français. Ce chiffre est encore plus fort pour le MSc Financial Market, où ce sont 85 % qui travaillent hors de la France."

Mais comment faire quand on sort à peine de l’école pour convaincre le DRH d’une entreprise mondiale et que l’on ignore tout ou presque des coutumes locales ?

Des règles de recrutement standardisées

Pas de panique ! Qui dit émergence d’un marché global des talents, dit aussi homogénéisation des règles de passation d’entretien, rassure Manuelle Malot. "Si on postule dans une entreprise italienne en Italie, oui, il y aura sans doute quelques différences, mais s’il s’agit d’un groupe international dont le siège européen est basé en Italie, les questions seront les mêmes qu’on vienne de France, de Grande-Bretagne ou d’Espagne, relève la spécialiste. Il ne faudra pas forcément chercher ce qui est spécifique à l’Italie, mais plutôt à l’entreprise !" Tiphaine Morel, responsable du recrutement chez MyInternshipAbroad, une entreprise qui facilite le placement de stagiaires à l’étranger, confirme : "Les différences viennent davantage du secteur que du pays. Par exemple, dans la communication on testera beaucoup la créativité."

Pour éliminer les biais culturels et mettre les candidats à égalité, les grandes entreprises ont tendance à fonder leur évaluation sur des éléments très factuels : "Quand un groupe recrute 20 collaborateurs à l’international, il va poser la même question à tous les candidats et leur demander de réagir ou d’illustrer une situation professionnelle donnée de manière extrêmement concrète, explique Manuelle Malot. C’est une manière d’éviter que les Chinois ou les Indiens, réputés plus timides, ne soient pénalisés. À l’international, on connaît moins aussi le contenu pédagogique et la valeur de chaque diplôme." Résultat : "Après sélection sur CV, les cartes sont rebattues et tout le monde a sa chance. Quelqu’un d’introverti qui se prépare bien, va réussir à sortir la bonne information au bon moment." Très standardisée, dans ces grandes entreprises, la procédure de recrutement a parfois tout du parcours du combattant. Avant de passer son premier entretien d’embauche, le candidat aura dû franchir avec succès une première étape sélection en ligne sur formulaire et se soumettre à des tests de personnalité.

"Le nombre d’entretiens varie beaucoup selon les pays, les secteurs et la taille de l’entreprise", nuance Fabien Mailhe, co-fondateur de Timeo-Performance, un cabinet de conseil en RH, formation et chasse de tête basé à Singapour. "Il existe aussi à l’étranger beaucoup d’opportunités chez des PME parfois moins aguerries aux process de recrutement." Plus rapide, la procédure sera tout aussi exigeante, voire davantage : "Pour une petite entreprise, faire venir de France un jeune  diplômé représente un certain risque. Elle aura d’autant plus besoin d’être rassurée sur ses compétences et ses capacités d’adaptation." Quelle que soit l’entreprise où vous candidatez, l’entretien d’embauche reste une étape-clef qu’il faut préparer soigneusement.

Un recrutement en plusieurs étapes
Dans les grands groupes, le recrutement, hyper maîtrisé, ressemble parfois à une course d’obstacles, dont l’entretien n’est qu’une étape. Tout commence souvent par un formulaire de candidature en ligne "mélangeant CV et lettre de motivation qui va constituer le premier filtre de sélection", détaille Manuelle Malot. "Après les éléments de formation et d'expérience, on trouve entre quatre et six questions ouvertes d'une dizaine de lignes qui doivent illustrer autant de compétences clés."

L’entretien d’embauche est souvent précédé d'un entretien téléphonique de validation et de tests en ligne dont l'entreprise vérifiera plus tard l'honnêté des réponses... De plus en plus souvent, le processus se poursuit par un "assessment center", qui peut prendre différentes formes : mise en situation, business case et présentation orale, série d’entretiens successifs courts, entretiens longs face à un jury ou encore entretiens collectifs testant votre esprit collaboratif dans une simulation de  situation réelle…

"Exemple : une équipe marketing d'un industriel agroalimentaire, va vous demander de lancer une nouvelle margarine, illustre Manuelle Malot. Les recruteurs seront attentifs aux différences culturelles, à votre sens de l'écoute et à votre capacité à travailler avec les collaborateurs quels qu’ils soient."

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Un job à l’étranger ? 7 conseils pour réussir son entretien d’embauche