Débuter sa carrière en Chine : un bon plan ?

Par Sylvie Lecherbonnier, publié le 04 Octobre 2010
4 min

La Chine vous tente pour un premier job ? Attention, la concurrence est de plus en plus sévère entre jeunes diplômés… et les salaires pas toujours au rendez-vous. Mais si vous êtes prêt à quelques sacrifices, la Chine peut vous offrir une expérience hors du commun. Suivez le guide.

Le représentant général de Total en Chine, Jacques de Boisséson, préfère être clair : "Il reste de la place pour les jeunes diplômés français en Chine, mais la concurrence est de plus en plus rude. Chaque mois, je reçois des dizaines de CV (curriculum vitae), je n’ai que l’embarras du choix." Pourtant en poste chez Orange à Pékin, Guillermo Torres, diplômé de Centrale Paris, ne dit pas le contraire : "En 2005, il y avait encore des offres pour les étrangers mais le contexte à changé." Il en sait quelque chose. S’il a décroché son premier emploi en Chine, sa petite amie, ingénieur comme lui, n’a jamais trouvé de poste.

Avantage aux profils les plus spécialisés



debuter carriere chineEt pour cause… De plus en plus de jeunes diplômés étrangers viennent tenter leur chance dans l’Empire du milieu, attirés par sa croissance florissante. Dans le même temps, le nombre de Chinois diplômés de l’enseignement supérieur a explosé en 10 ans, à tel point qu’ils ont eux-mêmes des difficultés à trouver un emploi. Près d’un jeune diplômé sur trois est au chômage en Chine. Et, à choisir, les entreprises nationales et étrangères préfèrent de plus en plus recruter la main d’œuvre locale.

Alors, avant de tenter votre chance, mieux vaut bien réfléchir à votre valeur ajoutée et répondre à cette question : quelles compétences vais-je apporter que l’entreprise ne trouvera pas ailleurs ? Dans cette concurrence des talents, les profils les plus spécialisés sont ceux qui ont le plus de chances de s’en sortir.

Connaître le mandarin : un atout majeur


martin lestringant brand manager chineLa plupart des jeunes diplômés embauchés en Chine ont déjà eu un premier contact avec le pays lors de leurs études, via un séjour dans une université ou un stage selon les cas. Si la maîtrise du mandarin n’était pas essentielle il y a peu, elle devient de plus en plus nécessaire. Martin Lestringant (photo), diplômé de l’ESC Amiens et aujourd’hui "brand manager" pour le groupe Bernard Hayot à Shanghai, le ressent : "Je ne parlais pas chinois quand je suis arrivé en mars 2009. Je peux me débrouiller aujourd’hui mais pas encore pour faire du business. J'ai la chance de travailler énormément en anglais. Lors de mes déplacements dans les provinces chinoises, je suis accompagné de mon assistante qui fait office de traductrice. Mais, j’ai pour objectif dans les 6 prochains mois de faire vraiment progresser mon mandarin, car c'est un vrai plus aujourd'hui et ce sera une obligation demain. La langue chinoise commence à être indispensable pour se voir proposer un job intéressant dans les secteurs du marketing, du développement de projet et du management."

Faire fonctionner son réseau


Pour trouver un job, rien de tel que de faire fonctionner son réseau, en Chine encore plus qu’ailleurs. Jacques de Soyres, diplômé de Sciences Po Paris qui travaille à Pékin depuis 2006, le confirme : "Un jeune diplômé qui arrive en Chine ne doit pas s'attendre à trouver une liste d'offres d'emplois qui lui correspondent et auxquelles il pourra candidater. Il faut être proactif, bien comprendre que le monde des expatriés est un petit monde dans lequel les contacts personnels sont importants et peuvent beaucoup aider, et enfin être flexible sur le type d'emploi qu'on est prêt à accepter pour débuter." La plupart des postes à pourvoir ne sont en effet pas des CDI (contrats à durée indéterminée) mais des CDD (contrats à durée déterminée) de 1 à 3 ans. 

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