Un diplôme de grande école : une parade contre le chômage

Par Marie-Anne Noury, Marie-Anne Nourry, publié le 06 Octobre 2010
4 min

D’après l’enquête insertion professionnelle de la CGE (Conférence des grandes écoles) publiée le 8 octobre 2010, les jeunes ingénieurs et les managers diplômés en 2009 ont été confrontés à un marché du travail particulièrement difficile, dans un contexte économique toujours chaotique. Et pourtant, ils remportent le premier prix de l’insertion professionnelle face aux autres diplômés. Analyse des résultats.

Plus de peur que de mal


Malgré la détérioration évidente de leurs conditions d’insertion, les diplômés des grandes écoles ont été épargnés par rapport à ceux de l’université. Moins de 2 mois après l’obtention du diplôme, les 3/4 d’entre eux occupaient un emploi, dont 70 % en CDI (contrat à durée indéterminée).

Côté salaires, les managers issus des écoles de commerce sont rattrapés par les diplômés d'écoles ingénieurs, leurs rémunérations hors primes augmentant plus rapidement. La CGE évoque d’ailleurs "une tendance à la convergence sur le long terme des rémunérations moyennes". Le salaire annuel brut hors primes de l’ensemble des diplômés s’élevait à 32.000 € en 2010 contre 32.700 € en 2009. Quant au salaire avec primes, il est passé de 35.500 € à 34.500 €. Pas de grand écart, donc.

Bien choisir son stage de fin d’études


38 % des emplois sont trouvés dans l’entreprise d’accueil du stage de fin d’études ou d’apprentissage. Voilà de quoi inquiéter les jeunes qui n’ont pas trouvé de poste avant la sortie de l’école car "ils se trouvent en concurrence sur un marché réduit regroupant à peine plus de 60 % des emplois disponibles".

La recherche d’emploi commence généralement avant l’obtention du diplôme. Et lorsque l’on interroge les diplômés sur les difficultés qu’ils rencontrent, le manque d’expérience vient en premier, suivi des difficultés à trouver des offres emploi. Les autres difficultés évoquées sont principalement la mobilité géographique, la formation inadaptée au marché de l'emploi et l’insuffisance du salaire.

Les emplois proposés sur Internet (sites d’emploi et sites d’entreprise) représentent 1/4 des emplois trouvés par les diplômés. Les relations personnelles ont gagné en importance parmi les moyens utilisés pour trouver un emploi (9,5 % des emplois cette année contre 7,5 % en 2009), tandis que le réseau d’anciens élèves est à la traîne (3 % des emplois).

Ingénieurs : bureaux d’études et sociétés de conseil en progression


"L’accroissement du recrutement des bureaux d’études et des sociétés de conseil correspond essentiellement à une externalisation de travaux. Certains secteurs paraissent artificiellement réduire leurs embauches alors que l’activité demeure sous une autre forme contractuelle", indique l’étude.
Les secteurs qui recourent le plus à ces sociétés sont les industries du transport, le BTP et les institutions financières. En revanche, le secteur de l’énergie, qui connaît la plus forte progression d’embauche des jeunes ingénieurs, tend à opérer un recrutement direct de ses collaborateurs.

L’externalisation par le recours aux bureaux d’études et sociétés de conseil est moindre chez les managers. Mais une partie des activités des "cabinets d’audit et d’expertise comptable" pourrait s’en rapprocher.

Des poursuites d’études en hausse


Lorsque le taux d’emploi baisse, la proportion de diplômés poursuivant des études augmente. Et inversement. Ainsi, sur la promotion 2009, 1 diplômé sur 6 a décidé de poursuivre des études : 18 % des ingénieurs, qui s’orientent plus souvent vers le doctorat, et 9 % des managers.

Pourtant, lorsqu’on interroge les diplômés, la raison principale invoquée à la poursuite d’études est rarement la solution d’attente avant de trouver un emploi (3,8 %). Leur choix se fonde surtout sur la volonté d’acquérir une double compétence (38 %) ou une spécialisation (36 %). Probablement dans le but d’arriver sur le marché de l’emploi avec les meilleures armes.

Et la parité ?


Pas d’amélioration notable de ce côté-là. Les écarts restent importants et systématiquement en faveur des hommes, aussi bien pour les ingénieurs que les managers. Les salaires avec primes les plus bas sont ceux des femmes ingénieurs (31.600 €), tandis que les plus hauts reviennent aux hommes managers (36.600 €). "Le seul cas d’inversion concerne le temps mis à trouver un emploi pour les ingénieurs diplômés en 2009 : 78 % des femmes ayant un emploi en janvier 2010 l’ont trouvé en moins de deux mois contre 75 % des hommes", selon la CGE. Mais cela reste un écart faible.

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