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Interview

Intégrer la Commission européenne : “Un stage ou une première expérience dans une institution européenne est un atout”

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Selon le palmarès Trendence 2014, de plus en plus d’étudiants en management pensent à intégrer la Commission Européenne. Mais comment passer les portes de cette prestigieuse institution ? Quels sont les profils les plus privilégiés ? Conseils d’expert.

La Commission Européenne prend cette année la troisième place du podium du Top Employeurs des étudiants en école de commerce de l’Institut Trendence. Pour augmenter vos chances d’y décrocher un emploi, entretien avec Thierry Vautrin, chef du secteur Présence et influence françaises dans les institutions européennes au SGAE (Secrétariat général des affaires européennes).

Que doit savoir un jeune pour augmenter ses chances d’entrer à la Commission européenne après une école de management ?

En premier lieu, il faut insister sur le caractère fondamentalement multiculturel des institutions européennes. Un jeune qui souhaite intégrer la Commission doit savoir s’adapter à un environnement de travail cosmopolite et, selon la formule même de l’EPSO (Office européen pour le recrutement du personnel), “Vivre l’international au quotidien”. Ainsi, l’ouverture d’esprit est une qualité essentielle : un agent des institutions européennes travaille pour 500 millions d’individus, 28 états membres et des problématiques très diverses. EPSO valorise les candidats ayant une connaissance pratique des institutions européennes.

C’est pourquoi un stage ou une première expérience professionnelle, à la Commission ou au Parlement notamment, seront un atout lors de la sélection. Il faut également souligner qu’il n’existe pas de quota par nationalité pour intégrer la Commission européenne. Un étudiant français peut donc se présenter aux concours sans crainte d’être pénalisé par sa nationalité – au contraire d’autres organisations internationales.

Comment doit-il construire son profil ?

Si la formation prodiguée par une école de management assure de solides connaissances généralistes et une maîtrise d’exercices et de méthodes qui se révéleront particulièrement utiles dans la perspective des concours européens, un deuxième master, plus spécialisé et idéalement obtenu dans une université étrangère serait un atout indéniable.

Par ailleurs, les étudiants doivent songer à la cohérence de leur parcours, privilégier des stages qu’ils pourront valoriser au cours du processus d’admission et développer la dimension internationale de leur cursus. Ainsi, une expérience dans une administration à caractère international, dans une organisation intergouvernementale, dans un lobby européen, au sein d’un think tank, ou encore dans les services dédiés aux affaires européennes d’entreprises privées serait particulièrement pertinente.

Comment se passe le “recrutement” ?

Depuis 2010, c’est l’Office européen pour le recrutement du personnel qui est chargé d’organiser la sélection des futurs agents des institutions européennes. Le recrutement s’effectue à deux niveaux : AST (assistant) et AD (administrateur). Pour des contrats à durée indéterminée, le recrutement est réalisé par le biais de concours, généraux ou spécialistes, qui comportent deux phases : une première étape d’admission et une seconde d’évaluation.

Les exercices s’inspirent des méthodes anglo-saxonnes : ils visent à appréhender les compétences professionnelles et générales des candidats en matière d’analyse, de communication, de résolution de problème ou de capacité à travailler en équipe. Ils seront ainsi soumis à des études de cas, des exposés oraux ou encore des mises en situation. Les candidats ayant obtenu les meilleurs résultats seront inscrits sur une liste de réserve et pourront être sélectionnés pour des entretiens d’embauche dans des institutions de l’UE (Union Européenne). L’ensemble de la procédure dure de cinq à neuf mois. Des exemples de tests sont disponibles sur le site d’EPSO.

Quelles sont les qualités et les compétences des managers recrutés ?

Selon les compétences, l’expérience et le poste occupé, l’agent pourra travailler à l'élaboration et à la mise en œuvre de la législation européenne, gérer des projets, établir des stratégies de communication ou encore assurer un conseil juridique.

Il doit être capable de proposer des solutions concrètes et créatives à des questions complexes, de communiquer de manière précise tant à l’écrit qu’à l’oral, de prendre des initiatives dans le respect des procédures existantes, de faire preuve de curiosité intellectuelle, de travailler de manière flexible en s’adaptant aux situations d’urgence et aux charges de travail élevées. Les qualités interpersonnelles sont également essentielles, notamment pour coopérer au sein d’équipes où toutes les nationalités de l’Union sont représentées. La maîtrise d’au moins deux langues officielles de l’Union est indispensable.

De quelles écoles viennent les jeunes qui intègrent la Commission ?

Il n’existe pas de statistiques sur les formations d'origine des agents. Mais, a priori, les trois grandes écoles de commerce parisiennes (ESCP Europe, ESSEC et HEC), ainsi que l’EM Lyon semblent les plus aptes à permettre à leurs jeunes diplômés d’intégrer les institutions européennes, tant du fait de leurs exigences, de leur ouverture internationale durant le cursus, que de l’existence de parcours dédiés aux carrières de l’administration ou au management du secteur public.

De manière plus générale, compte tenu de la diversité des fonctions proposées et des spécialisations requises, les étudiants des écoles de management peuvent particulièrement correspondre à des postes généralistes, aussi bien en matière d’administration publique européenne, de communication, d’audit, de finance, ou encore de relations extérieures.

Quelles évolutions de carrière peuvent-ils espérer ?

Les institutions européennes sont très soucieuses de l’évolution de carrière de leurs agents. Ils sont encouragés à développer constamment leurs compétences pour s’adapter aux nouvelles exigences de leur parcours professionnel. Dans un environnement cosmopolite, la formation linguistique constituera un élément important de l’évolution professionnelle et pour obtenir une première promotion, un agent doit être en mesure de s’exprimer dans trois langues officielles européennes.

L’UE propose des choix de carrière flexibles et réalistes par le biais d’une évaluation régulière des agents, qui permet ensuite d’explorer les possibilités qui s’offrent à eux. Par ailleurs, les agents sont eux-mêmes encouragés à aborder leur évolution professionnelle de manière proactive, en élaborant un plan de carrière qui détermine quelles sont leurs ambitions, qui cerne leur potentiel, et les conduise à développer leurs compétences.

Pour aller plus loin : Entreprise préférée des diplômés en commerce : comment recrute LVMH ? / Étudiants en fac, quelles entreprises vous font rêver ? / Exclusif. Palmarès Trendence 2015 des entreprises préférées des étudiants

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