1. Faire un volontariat international en entreprise au Brésil : "Une expérience unique"
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Faire un volontariat international en entreprise au Brésil : "Une expérience unique"

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Au Brésil, Victor était chargé de relancer un programme de double-diplôme entre l’Icam et une université de Sao Paulo. // © Photo fournie par le témoin
Au Brésil, Victor était chargé de relancer un programme de double-diplôme entre l’Icam et une université de Sao Paulo. // © Photo fournie par le témoin

À seulement 25 ans, Victor bénéficie d'une longue expérience à l’international. À l'occasion de l'inauguration du nouveau campus de l'Icam au Brésil, à Recife, L’Étudiant a rencontré ce jeune diplômé, alors que son contrat en VIE (volontariat international en entreprise) arrive à son terme.

Victor entretient une longue histoire avec l’international depuis son enfance. "J’ai beaucoup vécu à l’étranger. J’ai passé sept ans en Espagne, à Barcelone. Et j’ai fait tout mon lycée en République tchèque, à Prague. Après le bac, j’ai choisi de faire mes études en France. Je cherchais une formation dans le Nord pour me rapprocher de ma famille."

Le jeune homme s’est rapidement tourné vers une école d'ingénieurs et a rejoint le campus de l'Icam, à Lille (59), notamment pour sa dimension généraliste et internationale. "J’ai fait la formation avec deux ans en classe préparatoire intégrée. J’ai réalisé mon stage de deuxième année en Inde."

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Victor est ensuite parti en Nouvelle-Zélande en troisième année dans le cadre de "l’expériment", une expérience formatrice et spécifique au cycle intégré de cette école d’ingénieurs. Puis il a passé une année en Espagne, à Madrid, via le programme Erasmus. Son stage de fin d’études ? Tout simplement à Sofia, en Bulgarie.

Le jeune globe-trotter partage sa vision de l’international. "C’est un outil qui permet de travailler un nombre incalculable de soft skills. Il ne faut pas avoir peur d’être curieux et de découvrir des choses différentes."

Victor a beaucoup voyagé, comme ici au Kirghizistan. // © Photo fournie par le témoin
Victor a beaucoup voyagé, comme ici au Kirghizistan. // © Photo fournie par le témoin

Un nouveau départ avec le VIE

Diplômé en 2016, Victor s'envole pour le Chili, avant d’effectuer un voyage en auto-stop pendant deux mois et demi en Patagonie, entre l’Argentine et le Chili. "Je me suis retrouvé face aux grands choix de vie que j'allais avoir à faire : mon diplôme d'ingénieur en poche, que faire maintenant ? Rentrer en France ou repartir à l’étranger ? J’ai voyagé pour recentrer mes idées."

"J’ai vécu des expériences complètement différentes pendant mes stages [en géothermie et en aéronautique par exemple]. Finalement, peu importe le secteur, c’est plutôt un type de métier que j’avais envie de faire : la gestion de projet. C’est tous les jours différents, il y a des composantes financières, managériales, techniques… J'ai découvert que le VIE était le programme parfait pour me lancer dans une mission à l’étranger. Les missions des entreprises sont généralement très précises."

"J’ai découvert par hasard le VIE proposé par l’Icam. Le projet était intéressant, c’était comme une création d'entreprise. J’ai donc postulé et ça a marché." Le fait d’être un ancien étudiant de l’Icam représentait un sérieux avantage, le jeune diplômé ayant une connaissance du fonctionnement et des projets internes de l’école.

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Direction le Brésil pour la création de l'UNICAP-Icam

Victor s’est envolé pour le Brésil en juillet 2017, avec deux missions : relancer un programme de double-diplôme entre l’Icam et une université de Sao Paulo et réaliser une étude de faisabilité en faveur du développement de l’école d'ingénieurs au Brésil.

"Il fallait définir ce que nous voulions faire avec l’Université catholique du Pernambouc à Recife, définir un plan stratégique pour le futur. Il fallait réfléchir à la manière dont les étudiants allaient pouvoir bénéficier de ce projet avec la création de nouveaux cursus. J’ai travaillé avec des cabinets d’architecture, des équipes d’ingénierie, mais aussi une agence de communication. Une nouvelle identité a éte créée: l’Unicap-Icam International School."

"L'Icam m’a accordé sa confiance en me laissant beaucoup d'autonomie et de responsabilités. À 25 ans, c’est une expérience unique que peu d’entreprises proposeraient à un jeune. J’étais confronté à des décisions très importantes comme gérer le budget de rénovation du bâtiment. À un moment donné, pour avancer, il fallait dire oui ou non. Ce n’est pas quelque chose d’évident pour un jeune professionnel venant de finir ses études."

Les locaux de l'antenne brésilienne de l'Icam à l'Université catholique du Pernambouc de Recife. // © Clément Rocher
Les locaux de l'antenne brésilienne de l'Icam à l'Université catholique du Pernambouc de Recife. // © Clément Rocher

Un environnement de travail différent

Travailler au Brésil, comment ça se passe ? "La manière de travailler au Brésil est complètement différente. Par exemple, il faut être ami avec la personne avec qui tu travailles ! La distance n’est pas la même que dans le monde du travail en France. Ici, relations professionnelles et amicales se mélangent complètement."

Autre point sur lequel Victor a rencontré quelques difficultés : l'organisation. "La ponctualité et les 'deadlines' sont moyennement respectées au Brésil. Les réunions commencent à 14h15 au lieu de 14h, et on commence par parler de football ou de politique ! Faire attention aux dates et à la planification, c’est un 'plus' que j’ai pu apporter dans le cadre de ce projet."

Franchir la barrière de la langue lui a aussi demandé aussi un temps d’adaptation. "Je pense que j’étais vraiment à l’aise avec le portugais au bout de six mois. Je n’avais vraiment pas le choix, tout se fait dans cette langue. Mais les Brésiliens sont très accueillants et veulent montrer leur culture, c’est vraiment top sur le plan de l’intégration. Ils ont cette manière de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide."

Sur le campus de l'Icam à Recife. // © Clément Rocher
Sur le campus de l'Icam à Recife. // © Clément Rocher

De nouveaux horizons en France

Victor est désormais rentré en France depuis le début du mois d'octobre et explique les raisons de son départ, alors que son VIE touchait à sa fin. "Une des raisons pour lesquelles je n'ai pas continué, c'est que je ne faisais pas de technique alors que j'ai une formation d'ingénieur. Je voulais aussi rentrer en France et commencer à construire des choses. Le fait de bouger signifie qu'on ne construit pas durablement, on sait que cela a un début et une fin."

Le jeune homme a trouvé un emploi dans une société de consulting en ingénierie. Il travaille dans la gestion de projets dans un environnement très technique : les énergies renouvelables. Un choix auquel il a longuement réfléchi avant de signer le contrat. "J’ai refait un voyage pour mûrir la réflexion. Les randonnées fonctionnent très bien pour cela."

Ce qui va lui manquer le plus de sa vie au Brésil ? "Des amitiés très fortes. Je me suis aussi lancé à fond dans la plongée pendant les quatre derniers mois le week-end." Il est vrai que la Seine est moins propice à la pratique de cette discipline !

Qu'est-ce que le volontariat international en entreprise (VIE) ?
Le VIE est un programme français pour les jeunes entre 18 et 28 ans. Il s'agit d'un service civique qui s'effectue exclusivement à l’international et le recrutement se réalise le plus souvent après l'obtention de votre diplôme.