1. Interdiction des stages hors cursus : le ministère prêt à revenir sur les exceptions ?
Décryptage

Interdiction des stages hors cursus : le ministère prêt à revenir sur les exceptions ?

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Il fait l'unanimité contre lui. Présenté pour la première fois en mai, rejeté massivement en juin par les représentants des étudiants et des établissements d'enseignements supérieur, le décret destiné à interdire les stages hors cursus a finalement été appliqué le 1er septembre 2010. Ce texte, jugé « trop permissif », continue à diviser.

Le lundi 21 juin, le CNESER (Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche), qui regroupe des représentants des étudiants, des établissements et des personnels de l’enseignement, a rejeté par 12 voix contre 2 le décret relatif à l’interdiction des stages hors cursus (lire notre article).


Un texte qui fait l'unanimité contre lui. Pour Claire Guichet, la présidente de la FAGE, qui siège au CNESER, il ne pouvait pas en être autrement : « Le texte qui nous a été présenté est le même que celui dont nous avions eu connaissance au mois de mai, et que nous avions déjà critiqué ». Ce décret liste trois exceptions à la règle d’interdiction : les stages de réorientation, les stages se déroulant pendant une année de césure, et les stages réalisés dans le cadre d’un diplôme d’université (DU) professionnalisant. Si la FAGE est prête à reconnaître l’intérêt d’un stage de réorientation, « à condition que celui-ci soit encadré par un responsable pédagogique » précise Claire Guichet, l’organisation est fermement opposée à la mise en application des deux autres exceptions.

Les autres membres du CNESER, et notamment l’UNEF (Union nationale des étudiants de France) et la CPU (Conférence des présidents d'université), ayant déjà eu l’occasion de manifester leur opposition à ce texte, l’assemblée du CNESER du 21 juin s’est donc logiquement terminée par l’adoption, par 12 voix contre 2, d’un amendement déposé par le syndicat étudiant qui prévoit la suppression de l’ensemble des exceptions prévues à l’interdiction des stages hors cursus dans ce projet de décret.

Et après ? L’avis du CNESER n’est que consultatif, tout comme celui du STA-PRO (comité de suivi des stages et de la professionnalisation des cursus universitaires) qui a lui aussi rejeté ce projet de décret d’application. En théorie, le ministère a donc toute latitude pour faire appliquer son texte en l’état, et ce dès le mois de septembre. « Mais nous espérons que le ministère ne sera quand même pas assez culotté pour tenter de faire passer un texte qui a été rejeté par l’ensemble des instances consultatives auxquelles il a été présenté » souligne Claire Guichet.
Contacté, le service de presse du ministère de l’enseignement supérieur a refusé de nous transmettre le texte de ce décret tant décrié, arguant du fait qu’il n’est pas « finalisé ». Signe que le ministère est en train de revoir sa copie ?





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